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La vérité trouvée par la CVR doit être comprise et acceptée comme une vérité au service de la vie, de la réconciliation et de la paix

ByAdministrateur

Avr 29, 2024

BUJUMBURA, 25 avr (ABP) – La vérité qui est déjà trouvée par la Commission vérité et réconciliation (CVR) doit être comprise et acceptée comme une vérité au service de la vie, de la réconciliation et de la paix, a indiqué le président de la CVR, Pierre Claver Ndayicariye, le 25 avril 2024, lors d’une conférence publique autour du thème « Mois d’avril au Burundi. La vérité au service de la réconciliation ». Cette conférence visait essentiellement à éclairer les Burundais et à les aider à sortir de la peur.

M. Ndayicariye a précisé que la CVR a déjà terminé le recensement dans trois provinces qui sont Cankuzo, Bururi et Rumonge. Là, on a constaté que de nombreux personnages d’ethnie hutu ont été tués dans les années 1972-1973, signalant qu’il y a également des familles tutsies qui ont perdu les leurs, mais aussi des familles Twa qui ont été touchées en particulier en province de Mwaro, d’après les données récoltées et traités lors des enquêtes de la CVR et lors du recensement de l’exercice 2023. Pour que ce recensement soit étendu aux autres provinces du pays, la CVR continue à consulter l’autorité budgétaire régulièrement, a-t-il annoncé.

                                                                                                                          Vue partielle des participants

D’après M. Ndayicariye, en 1972, dans la province Cankuzo, sur 262 personnes disparues, 238 étaient Hutu, 22 tutsi et 1 personne Twa. Dans la province de Bururi, sur les 4 014 personnes assassinées ou disparues, 3 787 étaient hutu, 242 tutsi, 9 Twa et 1 personne dont son ethnie n’a pas été identifiée. Sur les 2 339 personnes assassinées en province Rumonge, 2 134 étaient hutu, 186 Tutsi, 14 twa et 5 dont leur identité ethnique n’a pas été révélée. De plus, continue à préciser, le recensement des victimes et des auteurs des crimes a un avantage énorme car il met le nom sur la victime et sur le tueur.

Il a aussi signalé que la CVR souhaite que les Burundais quittent l’état de mémoire revendicative pour arriver à un mémoire partagé. Pour ce, un recensement est planifié pour connaître autant que possible les personnes assassinées, les personnes disparues, les personnes qui ont déjà accordé le pardon, les personnes qui en ont sauvé d’autres.

S’adressant aux participants dans cette conférence, le président de la CVR a rappelle ce message « n’ayons plus peur de la vérité, ayons plutôt peur du mensonge car le mensonge et la solidarité ethnique négative ont tué des milliers de citoyens innocents dans notre pays ».

Les participants ont à leur tour apprécié les activités de la CVR, arguant que de telles activités facilitent la tranquillité dans les différentes familles. Ils ont recommandé la continuité de telles activités pour que tout le monde puisse connaître le passé douloureux du Burundi.