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Face à l’urgence écologique, le Burundi organise la riposte

ByAdministrateur

Sep 23, 2025

MUGERE, 18 sept. (ABP) – Le délégué du ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’élevage, Emmanuel Niyungeko, a procédé, mercredi 17 septembre 2025, à l’ouverture d’une réunion de consultation nationale sur le financement de la biodiversité au Burundi. Cette rencontre a rassemblé les principales parties prenantes concernées par la conservation de la biodiversité.

Dans son allocution, Niyungeko a précisé que cette réunion vise à identifier les besoins prioritaires de financement pour la biodiversité et à comprendre comment le plan de financement national soutient la stratégie et les plans d’action pour la biodiversité 2021-2030.

Selon lui, l’élaboration de plans nationaux de financement pour la biodiversité est motivée par l’urgence de la situation : la crise mondiale de la biodiversité atteint un niveau critique, avec un million d’espèces menacées d’extinction et un déclin rapide des écosystèmes. Ce phénomène est étroitement lié aux effets du changement climatique et à la dégradation des sols, ce qui représente un danger direct pour le bien-être humain et la stabilité de la planète.

De son côté, le directeur général de la protection de l’environnement, Benchmas Hatungimana, a indiqué que cette initiative découle de la 15ème conférence sur la biodiversité tenue à Montréal en 2022. A cette occasion, les pays ont été appelés à élaborer des plans de financement spécifiques. Le Burundi s’inscrit dans cette dynamique à travers la tenue de cette réunion.

vue partielle des participants

Il a expliqué que le financement de la biodiversité permet de soutenir les efforts de conservation des écosystèmes et des espèces, essentiels à l’économie nationale et au bien-être de la population. Il a cité en exemple le parc national de la Kibira, qui joue un rôle important dans la conservation des ressources en eau. Le barrage hydroélectrique de Rwegura, situé dans ce parc, approvisionne en eau et en électricité une partie du pays. Ainsi, la protection de ce parc représente également un enjeu pour la Regideso, qui pourrait contribuer à sa conservation afin d’assurer la pérennité des ressources hydrauliques.

Dans le domaine du tourisme, il a souligné que les aires protégées du Burundi, comme les parcs nationaux de la Kibira, de la Ruvubu et la réserve naturelle de la Rusizi, représentent un fort potentiel pour le développement du secteur. Leur richesse biologique, leur attrait écotouristique et la beauté de leurs paysages sont des atouts pour attirer davantage de visiteurs.

Il a également rappelé que la biodiversité est un pilier fondamental de l’agriculture. Elle fournit des services écosystémiques essentiels pour garantir la productivité, la durabilité et la résilience des systèmes agricoles. Sa préservation et son intégration dans les pratiques agricoles constituent une réponse stratégique aux défis du changement climatique et de l’insécurité alimentaire.

A cette occasion, le directeur général a lancé un appel aux acteurs du secteur environnemental afin qu’ils s’engagent à promouvoir et à financer les initiatives en faveur de la biodiversité. Il a insisté sur la nécessité d’investir dans les systèmes de suivi et de collecte des données.

Lors des échanges, les participants ont recommandé au gouvernement de mettre en place une ligne budgétaire dédiée et transparente au sein du ministère en charge de l’environnement, avec un mécanisme clair de suivi des dépenses pour chaque aire protégée et chaque initiative de conservation.