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Les auto-écoles, piliers de la sécurité routière au Burundi

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Oct 1, 2025
Bonaventure Ndayizeye, directeur de l’auto-école Sun Driving School

MUKAZA, 30 sept (ABP) – À l’heure où le Burundi connaît une augmentation du nombre de véhicules sur ses routes, la sécurité routière demeure une préoccupation majeure. Les auto-écoles apparaissent comme des acteurs essentiels, non seulement à manier un volant, mais aussi surtout pour former des conducteurs responsables et disciplinés, a-t-on appris de Bonaventure Ndayizeye, directeur de l’auto-école Sun Driving School (SURDIS), lors d’une interview accordée à l’ABP le lundi 29 septembre 2025.

Selon M. Ndayizeye, la différence entre un apprenant formé par un proche et celui issu d’une auto-école est manifeste. « Nous ne formons pas seulement des conducteurs, mais aussi des usagers de la route conscients des règles, respectueux des autres et attentifs aux comportements qui préviennent les accidents », a-t-il déclaré.

Il a souligné que, même avant de passer le test pour l’obtention du permis de conduire, la police de roulage exige un certificat délivré par une auto-école, preuve que l’apprenant a bien assimilé les cours de conduite et le code de la route. « Cela témoigne de la place considérable des auto-écoles dans la formation des conducteurs », a-t-il insisté.

Le directeur a précisé qu’en auto-école, le conducteur apprend différentes techniques de circulation, les règles de dépassement, la signification des panneaux routiers et bien d’autres notions indispensables. À l’inverse, « conduire sans avoir suivi une formation en auto-école, c’est se mettre en danger et mettre les autres en danger. C’est comme se suicider, car l’accident peut survenir à tout moment », a-t-il averti.

Selon lui, depuis la création des auto-écoles au Burundi, les accidents de la circulation ont considérablement diminué, comme l’attestent les statistiques publiées chaque année par la police de roulage et les compagnies d’assurances. Cependant, M. Ndayizeye déplore le faible nombre d’auto-écoles, notamment en milieu rural. Il plaide auprès des autorités pour qu’il y ait au moins une auto-école dans chaque commune, afin de permettre à la majorité de la population d’accéder à une formation sur le code de la route et sur une conduite conforme aux règles.

Ce directeur a également relevé plusieurs défis auxquels font face ces établissements, entre autres, les conditions de travail difficiles, le manque de locaux adaptés, l’insuffisance des véhicules modernes et à double pédale, l’un pour l’apprenant et l’autre pédale pour l’enseignant (un système indispensable pour l’apprentissage), ainsi que le coût élevé des loyers.

Il a, en outre, pointé le renouvellement annuel de la carte d’agrément fixé à 1.000.000 de BIF, qualifié de fardeau qui a déjà entraîné la fermeture de certaines auto-écoles. Il a demandé au gouvernement de supprimer ou d’alléger cette charge afin de soutenir le secteur.

M. Ndayizeye propose aussi que l’État facilite l’acquisition, par crédit, de véhicules pédagogiques à double pédale, que les auto-écoles rembourseraient par tranches. « Si les conditions de travail sont améliorées, le nombre d’auto-écoles augmentera, tout comme le nombre de chauffeurs professionnels, ce qui garantira une meilleure sécurité routière », a-t-il soutenu.

La voiture à double pédale adapté et sécurisant à l’apprentissage de la conduite

 

Il plaide pour que les auto-écoles soient reconnues comme de véritables établissements scolaires, au même titre que d’autres institutions d’enseignement, et ne soient plus assimilées aux garages ou aux compagnies de transport. À noter que le centre-ville de Bujumbura ne compte actuellement que quatre auto-écoles légalement reconnues, un nombre jugé largement insuffisant par M. Ndayizeye.