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De la formation à la recherche : 25 ans de contribution à la santé publique

ByAdministrateur

Oct 1, 2025
Le secrétaire permanent à gauche avec micro et le DG de l'INSP

MUKAZA, 29 sept. (ABP) – L’Institut national de santé publique (INSP) a célébré ses 25 ans d’existence lors d’un événement officiel organisé du 25 au 26 septembre 2025. Créé en 1999, l’INSP s’est imposé au fil du temps comme un acteur stratégique du système de santé burundais, jouant un rôle clé dans la formation des professionnels de santé, la recherche scientifique appliquée et le diagnostic de référence.

Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire permanent au ministère de la Santé publique, Olivier Nijimbere, a salué l’institution, qu’il a qualifiée de centre d’excellence national et régional. Il a souligné l’impact considérable de l’INSP dans le développement de la santé publique au Burundi.

Cependant, a-t-il reconnu, de nombreux défis subsistent, notamment la persistance des maladies transmissibles et non transmissibles, les menaces croissantes liées au changement climatique et la résistance antimicrobienne. Pour y faire face, il a plaidé pour un renforcement de la recherche appliquée, l’adoption d’innovations technologiques et une coopération régionale accrue.

Vue partielle des participants

Le Directeur général de l’INSP, Joseph Nyandwi, a rappelé que l’Institut a joué un rôle crucial dans la transformation du paysage sanitaire national, en formant une main-d’œuvre qualifiée et adaptée aux besoins du système de santé. En 25 ans, a-t-il indiqué, l’INSP a formé plus de 1 800 lauréats dans divers programmes de baccalauréat et environ 70 professionnels de niveau master en santé publique.

Il a également dispensé une formation en épidémiologie qui a permis au pays de mieux faire face à des crises sanitaires telles que la pandémie de COVID-19 ou le Mpox. L’INSP a en outre mis en place une formation en chirurgie de district destinée à renforcer l’offre de soins chirurgicaux dans les hôpitaux de district, notamment grâce à la spécialisation de médecins généralistes, d’infirmiers anesthésistes et de réanimateurs.

Sur le plan du diagnostic et du contrôle de qualité, Nyandwi a précisé que le laboratoire national de référence est désormais en mesure de réaliser la majorité des examens qui, auparavant, étaient envoyés à l’étranger. Ce progrès marque une étape importante vers l’autonomie diagnostique du pays, bien que la dépendance aux réactifs importés demeure un défi. Le laboratoire assure également le contrôle de qualité des médicaments, réduisant ainsi la circulation de produits médicaux falsifiés sur le marché.

Parmi les initiatives innovantes, le directeur a cité l’analyse des plantes médicinales, dans une démarche de valorisation de la médecine traditionnelle et de production d’extraits à potentiel thérapeutique.

Grâce à sa Direction de la recherche, l’Institut a produit de nombreuses données probantes ayant servi de base à plusieurs politiques nationales de santé. Ces résultats ont permis au ministère de la Santé publique de prendre des décisions éclairées.

La qualité du travail de l’INSP lui vaut aujourd’hui une reconnaissance régionale et africaine. L’institution est accréditée comme centre d’excellence pour l’Afrique de l’Est et a été désignée par Africa CDC, une institution de l’Union africaine, comme centre régional d’excellence pour l’Afrique centrale, chargé d’accompagner les pays de la sous-région dans la mise en place de leurs propres instituts nationaux de santé publique.

Malgré ces avancées, le Directeur général a mentionné plusieurs défis persistants : un budget insuffisant pour couvrir l’ensemble des ambitions stratégiques, un déficit de personnel tant en quantité qu’en qualité, le manque d’équipements de pointe – en particulier dans le laboratoire de biosécurité – ainsi que des infrastructures devenues trop étroites face à l’augmentation du nombre d’étudiants et de programmes.

En conclusion, Nyandwi a réaffirmé que la principale perspective de l’Institut est de devenir un véritable pilier du système national de santé, capable de réaliser toutes les analyses médicales localement, sans recourir à l’envoi d’échantillons à l’étranger.