MUKAZA, 29 avr (ABP) – Le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), Pr Joseph Nyandwi indique que la mise en place du Centre de recherche russo-burundais pour les maladies infectieuses constitue une avancée majeure dans le renforcement des capacités nationales de surveillance, de prévention et de riposte aux épidémies. Il s’exprimait, le mardi 28 avril 2026, lors d’une interview accordée à l’ABP.
Selon lui, les pays africains, particulièrement ceux de la région d’Afrique centrale, restent exposés à de nombreuses menaces épidémiques, d’où la nécessité de renforcer les capacités de préparation et de réponse sanitaire.
« La préparation concerne notamment les capacités de diagnostic rapide, à travers des laboratoires bien équipés, du personnel qualifié, des ressources humaines compétentes ainsi que des réactifs adaptés », a-t-il expliqué.
Il a précisé que le Centre de recherche russo-burundais pour les maladies infectieuses, logé au Laboratoire national de référence de l’INSP, a été créé dans le cadre de la coopération scientifique entre le Burundi et la Russie. Ce centre vise à promouvoir la recherche de haut niveau dans le domaine de la santé, mais aussi à renforcer la surveillance, la prévention et la lutte contre les maladies infectieuses émergentes.
Abordant les autres formes de soutien apportées par la Russie au système de santé burundais, il a souligné que cette coopération, menée notamment à travers l’agence russe Rospotrebnadzor, a permis la dotation de l’INSP en un laboratoire mobile de haut niveau capable d’effectuer aussi bien des tests simples que des analyses moléculaires avancées.
D’après lui, ce laboratoire mobile joue un rôle important dans les interventions de terrain, notamment dans les zones éloignées où les capacités de diagnostic sont limitées. Il contribue également à la surveillance transfrontalière des maladies.
A titre d’exemple, M. Nyandwi a rappelé que ce laboratoire avait été déployé à la frontière de Kobero lors de l’apparition de cas de la maladie de Marburg en Ouganda et en Tanzanie. Il a également été utilisé dans la zone nord de la mairie de Bujumbura dans le cadre de la surveillance de l’épidémie de Mpox.
« Ce laboratoire sert aussi dans les travaux de recherche sur terrain et constitue un outil stratégique pour la réponse rapide aux urgences sanitaires », a-t-il ajouté.
Le directeur général de l’INSP a également fait savoir que la coopération avec la Russie permet au Burundi de bénéficier de réactifs spécialisés destinés à des analyses de laboratoire avancées, souvent coûteuses et difficilement accessibles pour l’INSP.
En outre, a-t-il poursuivi, cette collaboration comprend des programmes de renforcement des capacités à travers des formations de courte et de longue durée destinée aux techniciens et experts burundais dans plusieurs domaines liés à la surveillance des maladies et aux techniques de laboratoire.
S’exprimant sur l’impact à long terme de cette coopération, Joseph Nyandwi a indiqué que celle-ci contribuera à la pérennisation des acquis, à la construction d’expertises locales solides ainsi qu’au développement des capacités nationales de recherche et d’intervention rapide en cas de menace épidémique.
« A long terme, cette coopération permettra de renforcer durablement le système national de santé et d’assurer un état de veille sanitaire efficace », a-t-il martelé.

