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Grenier de l'information au Burundi

Les femmes appelées à se faire dépister régulièrement du cancer du col de l’utérus

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Avr 29, 2026
Dr Guillaume Ntawukuriryayo, médecin directeur provincial de Butanyerera

NGOZI, 28 avr (ABP) – Les femmes sont invitées à se faire dépister régulièrement du cancer du col de l’utérus, au moins une fois par an, afin de connaître leur état de santé et de bénéficier d’une prise en charge précoce. Ces recommandations ont été formulées le mercredi 22 avril 2026 par le médecin directeur de la région sanitaire de Butanyerera, Dr Guillaume Ntawukuriryayo, lors d’un entretien accordé à l’Agence Burundaise de Presse (ABP).

Selon Dr Ntawukuriryayo, le cancer du col de l’utérus figure parmi les cancers les plus meurtriers. Il a indiqué qu’en 2025, environ 80 femmes sont décédées des suites de cette maladie à l’hôpital régional de Ngozi.

Il a également signalé que des cas sont toujours enregistrés dans cette structure sanitaire, certains patients se trouvant dans un état critique. Il a insisté sur l’importance du dépistage précoce, recommandant aux femmes de se faire examiner chaque année ou tous les deux ans. « Lorsqu’il est détecté à temps, ce cancer peut être traité efficacement », a-t-il précisé

Il a toutefois souligné que, tant que la maladie n’est pas à un stade avancé, les signes précurseurs sont souvent difficiles à identifier, contrairement aux stades avancés où certains symptômes apparaissent.

Dans le cadre de la lutte contre cette maladie, une campagne nationale de vaccination des filles âgées de 9 à 14 ans sera organisée du 28 au 30 avril 2026. Cette initiative vise à prévenir le cancer du col de l’utérus en protégeant contre le virus responsable, le Human papillomavirus (HPV).

Dr Ntawukuriryayo a exhorté les parents à faire vacciner leurs enfants, dénonçant les rumeurs véhiculées contre ce vaccin. Il a expliqué que cette vaccination protège les jeunes filles avant qu’elles ne soient exposées au virus, principalement transmis lors des rapports sexuels.

Dans la région sanitaire de Butanyerera, environ 236 357 filles sont attendues pour cette campagne. Le médecin a rappelé que la jeunesse constitue l’avenir du pays, d’où la nécessité de protéger les enfants, appelés à jouer un rôle clé dans le développement du Burundi à l’horizon 2040 et 2060.

De son côté, Alvere Hatungimana, chef du département des droits de la personne humaine, de la protection sociale et de l’inclusion du genre en commune Ngozi, a indiqué que de nombreuses femmes ignorent encore l’existence du cancer du col de l’utérus. Par conséquent, elles ne pensent pas à se faire dépister.

Certaines malades recourent d’abord à l’automédication ou à des structures de soins informelles, voire aux guérisseurs traditionnels, ce qui retarde leur prise en charge et aggrave leur état de santé.

Pour remédier à cette situation, il recommande le renforcement des activités de sensibilisation à travers les autorités locales, les églises, les radios, les structures de santé et les campagnes médiatiques. Il propose également de former des femmes leaders au niveau des collines ainsi que des animateurs communautaires afin de relayer l’information auprès de la population.

Enfin, il a plaidé pour que le dépistage et le traitement de cette maladie soient gratuits afin de faciliter l’accès aux soins pour toutes les femmes.

La représentante légale de l’AFAPD/Abakanguriramahoro, Marie Béatrice Manirakiza

Marie Béatrice Manirakiza, représentante légale de l’Association des femmes actrices de paix et de dialogue (AFAPD/Abakanguriramahoro), a indiqué que son organisation est vivement préoccupée par cette maladie. Elle a indiqué qu’en collaboration avec les agents de santé communautaires, l’AFAPD compte intensifier les séances de sensibilisation afin d’informer davantage les femmes et de les encourager à se faire dépister précocement.