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Quand l’alcool fragilise la jeunesse et l’environnement

ByAdministrateur

Avr 27, 2026
M. Valentin Havyarimana

MUKAZA, 24 avr (ABP) – La consommation des boissons fortement alcoolisées chez les jeunes est en augmentation, surtout en milieu urbain et périurbain, a alerté M. Valentin Havyarimana, représentant légal de l’Association Burundaise pour un Monde de Paix sans Drogues (ABMPD), lors d’une interview accordée à l’ABP, le vendredi 24 avril 2026.

Selon lui, cette popularité s’explique par plusieurs facteurs, notamment le prix bas de certaines boissons locales ou artisanales, leur accessibilité souvent sans contrôle strict, parfois même aux mineurs, ainsi que l’influence sociale exercée par les pairs, les adultes et les réseaux sociaux. Il ajoute que la recherche d’évasion liée au chômage, au stress, à l’ennui et à diverses difficultés sociales pousse également certains jeunes vers la consommation.

Concernant les effets sur la santé, M. Havyarimana évoque des conséquences graves, à la fois immédiates et à long terme. À court terme, il signale notamment la perte de contrôle, des accidents, des violences, des intoxications aiguës pouvant aller jusqu’au coma éthylique, ainsi que des troubles du jugement et des comportements à risque. À long terme, la consommation peut entraîner une dépendance, des maladies du foie comme la cirrhose, des troubles cardiovasculaires, des problèmes mentaux tels que la dépression et l’anxiété, ainsi qu’une baisse des performances scolaires ou professionnelles.

Il relève plusieurs cas observés dans différents contextes, notamment la dépendance chez des jeunes de plus en plus jeunes, des hospitalisations dues à des intoxications sévères, des décès liés à la consommation de boissons frelatées, surtout en cas de consommation excessive, ainsi qu’une augmentation des violences domestiques et des comportements à risque.

S’agissant du contrôle, il estime qu’il reste insuffisant. Selon lui, les boissons fabriquées ou vendues de manière informelle présentent de nombreux dangers, notamment l’absence de normes de fabrication, la présence possible de substances toxiques comme le méthanol, un dosage d’alcool incontrôlé et des risques élevés d’intoxication ou de décès.

Sur le plan environnemental, M. Havyarimana déplore le jet massif de bouteilles plastiques dans les rues et caniveaux, entraînant la pollution des sols et des eaux, l’obstruction des systèmes de drainage et l’aggravation des inondations, dans un contexte marqué par l’insuffisance des systèmes de recyclage.

Il souligne par ailleurs plusieurs limites dans la lutte contre ce phénomène, notamment l’application faible des lois existantes, le manque de moyens et parfois la corruption au sein des autorités, la persistance de la vente informelle difficile à contrôler, ainsi qu’une sensibilisation encore insuffisante et des sanctions peu dissuasives.

Pour y remédier, il recommande des campagnes de sensibilisation dans les écoles et les médias, l’implication des familles et des leaders communautaires, le renforcement des contrôles et l’interdiction de la vente aux mineurs, ainsi que la lutte contre la production illégale. Il propose également des alternatives pour les jeunes à travers des activités sportives, culturelles, des formations professionnelles et des espaces de loisirs sains.

Enfin, il insiste sur la nécessité d’une meilleure gestion des déchets, notamment la promotion du recyclage, la mise en place de systèmes de collecte efficaces et la responsabilisation des producteurs. Il ajoute que chaque usine ou unité de production devrait également prévoir des mécanismes de collecte et de gestion des déchets afin de limiter l’impact environnemental des emballages.

Il appelle également la BBN (Bureau Burundais de Normalisation) à effectuer des descentes sur terrain et à dresser des constats, notamment dans les quartiers défavorisés, afin de mieux encadrer la qualité des produits mis sur le marché.