Mohammed Hamdan, acteur clé du rapprochement entre cultures Omanaise et Burundaise.

Figure respectée de la communauté Omanaise au Burundi., Mohamed Hamdan s’est illustré par son rôle déterminant dans le développement économique de Rumonge, mais aussi dans la valorisation de l’éducation. Un engagement qu’a pu faire perdurer son fils, Hamed Al sharji, à travers des dons réguliers, en faveur de l’éducation et des initiatives locales au service du développement communautaire.
Bien que Mohammed n’ait jamais bénéficié d’une instruction formelle, il était autodidacte en arabe grâce au Coran, en swahili et s’était lancé avec succès dans le commerce. Il accordait une grande importance à l’éducation de ses enfants : ses filles fréquentaient des écoles locales à Rumonge, tandis que ses fils furent envoyés en Égypte pour étudier dans des établissements arabophones. Il soutint également les fils de ses beaux-frères — Nasser bin Salim al Azri et Sulaiman bin Abdullah al Sharji jusqu’ à leur pleine installation
Durant son séjour en Égypte, il rendit visite à des dirigeants de la communauté omanaise et rencontra personnellement l’imam Ghalib bin Ali al Hinai, une figure éminente qui résida plus tard en Arabie Saoudite.

Figure emblématique de la diaspora omanaise en Afrique de l’Est, Mohammed bin Hamdan Al Sharji a profondément marqué l’histoire de Rumonge, où il s’installa dans les années 1930 après un long périple depuis Oman.
Né en 1917 à Al Mudhaibi (Oman), orphelin de mère dès sa naissance, il fut élevé par son grand-père maternel, Said bin Saif Al Sharji. À seulement 17 ans, animé par une audace peu commune, il entreprit seul un voyage vers l’Afrique orientale. Après avoir traversé Zanzibar et la Tanzanie, il posa finalement ses valises au Burundi, à Rumonge, où il allait laisser une empreinte indélébile.
Visionnaire et bâtisseur, Mohammed Al Sharji contribua à structurer une communauté dynamique de commerçants omanais et arabes. Commerçant reconnu et prospère, il partit de rien pour bâtir un véritable empire local. Il développa un commerce florissant, notamment dans l’huile de palme, les graines de palme utilisées pour la lessive, ainsi que le café Arabica et Robusta, qu’il vendait à la commission à Bujumbura. Son esprit d’entreprise le mena à diversifier ses activités : il investit dans le transport, ouvrit une station-service à Rumonge et étendit ses opérations à l’immobilier, possédant quatre maisons à Rumonge, une à Nyanza-Lac, deux à Makamba, une à Rutana et deux à Bujumbura.
Dans le domaine agricole, il exploitait une ferme en location à Kigwena et une autre derrière sa maison à Rumonge. Entrepreneur ambitieux, il envisageait également de s’établir à Zanzibar et Oman, mais certains de ses projets furent interrompus par la révolution de 1964.
Mohammed Al Sharji avait d’ailleurs manifesté le souhait de s’implanter durablement à Oman, en ouvrant un compte bancaire à la HSBC et en négociant l’achat d’une maison à Mutrah, près de la corniche. Il investit aussi dans l’immobilier et l’agriculture dans son village natal à Oman, perpétuant le lien entre ses deux patries de cœur.
En 1968, avec l’appui de l’Association internationale pour le développement rural (AIDR), il lança un ambitieux projet d’adduction d’eau potable depuis la montagne de Busaga, améliorant durablement les conditions de vie des habitants. Il s’impliqua également dans l’électrification de la région et soutint la création de médias communautaires, outils essentiels de cohésion et d’éducation citoyenne.

Homme de foi, il participa à la construction de la mosquée Ibadhi de Bujumbura et finança de ses propres moyens la mosquée de Rumonge, qui servait aussi de centre d’enseignement du Coran. Entièrement rénovée, cette mosquée fut inaugurée en son honneur le 17 février 2007, en présence du Grand Mufti d’Oman, Cheikh Ahmed al Khalili, accompagné d’une délégation du ministère omanais des Affaires religieuses, ainsi que du premier officier architecte de l’armée royale d’Oman, Saud Al Sharji, fils de Mohammed.

Mohammed Al sharji était un commerçant reconnu et prospère. Parti de rien, il développa un commerce florissant, notamment dans l’huile de palme, les graines de palme pour la lessive, et le café Arabica et Robusta qu’il vendait à la commission à Bujumbura. Il étendit ses activités au transport et ouvrit une station-service à Rumonge. Il investit également dans l’immobilier, possédant quatre maisons à Rumonge, une à Nyanza-Lac, deux à Makamba, une à Rutana et deux à Bujumbura. Dans l’agriculture, il exploitait une ferme en location à Kigwena et une autre derrière sa maison à Rumonge. Entrepreneur ambitieux, il envisageait aussi de s’établir à Zanzibar et Oman, mais certains projets furent stoppés par la révolution de 1964.
Mohamned avait également l’intention de s’implanter à Oman, en ouvrant un compte bancaire HSBC et en négociant l’achat d’une maison à Mutrah, près de la comiche il a investi ds l’immobilier et l’agriculture ds sn village natal à oman.
Connu pour sa générosité légendaire, Mohammed Al Sharji distribuait chaque vendredi des denrées de première nécessité aux plus démunis. A chaque fête de l’Aïd, il commandait de nouveaux uniformes – shorts et chemises – pour tous ses domestiques, musulmans ou non, en signe de reconnaissance. Il prit aussi soin d’une femme nommée Minani, atteinte de troubles mentaux, qu’il accompagna avec compassion et dignité. Son domicile était un lieu d’hospitalité, où se tenaient régulièrement des rassemblements de la communauté omanaise, moments de fraternité et de solidarité.
Parmi les récits marquants, on évoque celui du 17 septembre 1939 : lors d’une chasse en brousse, un lion surgit soudainement. Alors que tous ses compagnons prirent la fuite, Mohammed resta seul avec son beau-frère Nasser bin Salim Al Azri. Ensemble, ils affrontèrent la bête, que Mohammed abattit d’un tir précis. Cet épisode, presque légendaire, demeure gravé dans la mémoire collective de Rumonge.
Décédé en 1972, Mohammed Al Sharji repose aujourd’hui dans la mosquée de Rumonge. Son héritage demeure vivant, illustrant la profondeur des liens historiques entre Oman et le Burundi.
Hamed Al Sharji, héritier d’un engagement solidaire


Hamed Al Sharji lors de la remise des pupitres
Le 11 août 2025, Hamed bin Mohammed Al Sharji, fils du pionnier, a perpétué l’esprit de son père en offrant 2 000 pupitres à l’école primaire Rumonge I, un geste symbolique et profondément humain.
« Ce don a une signification particulière pour moi, car c’est dans cette école que j’ai effectué ma scolarité », a-t-il confié avec émotion, exprimant sa gratitude envers ses anciens enseignants et camarades de classe. Il a exhorté les élèves à prendre soin de ces pupitres, afin que les générations futures puissent en bénéficier.
Augustin Minani, administrateur de la province de Rumonge, a, pour sa part, salué ce geste « d’une valeur inestimable », tout en rappelant que Hamed Al Sharji a répondu favorablement à l’appel des autorités locales « en tant que citoyen burundais, fils de Rumonge, bien qu’il réside aujourd’hui à Oman ».
Ce geste s’inscrit dans la continuité d’un héritage humaniste inauguré dès les années 1930 par Mohammed Al Sharji, qui avait fait de Rumonge une terre d’accueil et d’opportunités pour de nombreux migrants, notamment les commerçants arabes et omanais.
On se souvient aussi de son soutien aux réfugiés algériens en 1963, fuyant la guerre d’indépendance. Une de ses neuf maisons servait alors d’auberge pour les voyageurs arabes de passage. Son coffre-fort personnel, rare à l’époque, lui valut la confiance de nombreux commerçants, toutes confessions confondues.
La famille Al Sharji incarne, de génération en génération, des valeurs de solidarité, de foi et d’inclusion. Le récent geste de Hamed Al Sharji témoigne de la pérennité d’un engagement familial en faveur du développement humain au Burundi et d’une fidélité exemplaire aux valeurs transmises par son père.
La famille reste aujourd’hui un socle vital de la société à Rumonge, témoignant des relations riches et pérennes entre l’Oman, le Burundi et l’Afrique de l’Est.

