MUKAZA, 20 nov. (ABP) – Le ministère des Finances, du budget et de l’économie numérique, Alain Ndikumana, a organisé, ce mercredi 19 novembre 2025, une réunion de haut niveau. L’événement a rassemblé les ministres et les gouverneurs de provinces dans le but de sensibiliser et d’orienter la stratégie nationale de révision budgétaire. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la réforme administrative axée sur la décentralisation et la déconcentration.
Selon le ministre, cette rencontre visait à adapter la loi budgétaire 2025-2026 aux nouvelles orientations gouvernementales. Il a souligné que le Burundi prépare sa marche vers « la vision d’un pays émergent en 2040 et développé en 2060 ». Ainsi, l’exercice budgétaire 2025 constitue une année de référence pour poser les bases d’une gestion efficace et cohérente des finances publiques.
Le ministre a rappelé que les ressources de l’État doivent être prioritairement orientées vers l’investissement. En effet, chaque province doit mobiliser ses propres moyens pour mettre en œuvre les projets de développement. Par ailleurs, il a dénoncé les pratiques consistant à attendre systématiquement l’intervention centrale. Il a pris pour exemple la construction des routes inter-collinaires, qui devrait être prise en charge localement. D’autant plus que plusieurs services techniques – finances, budget, patrimoine, marchés publics et économie numérique – ont déjà été décentralisés.
De plus, Alain Ndikumana a demandé aux gouverneurs de recenser toutes les coopératives actives dans leurs provinces. L’objectif est de renforcer leur contribution au trésor public. Il a également déploré certaines dépenses publiques injustifiées, notamment dans l’achat de denrées alimentaires, et a insisté : « le budget de l’État doit être respecté tel qu’il a été prévu ».
Concernant les recettes, le ministre a appelé à renforcer les investissements dans les secteurs minier, agricole et énergétique, car ces domaines peuvent générer d’importantes ressources nationales. Il a en outre exhorté l’OBR à diversifier ses sources de revenus, au-delà du secteur des télécommunications.
Aux responsables des marchés publics, Alain Ndikumana a rappelé plusieurs règles essentielles. D’une part, respecter les délais de livraison. D’autre part, ne jamais payer une facture en une seule tranche si le service n’est pas totalement exécuté. Cela permet d’éviter que certains services se retrouvent sans moyens de fonctionnement.
Dans le secteur financier, le ministre a dénoncé des pratiques bancaires contraires à la loi, notamment l’octroi de crédits dépassant 50 millions de francs burundais. Selon lui, certains emprunteurs « utilisent leur influence pour obtenir des crédits qu’ils ne remboursent pas pendant toute une année ». Par conséquent, il a appelé à une meilleure gouvernance et à davantage de transparence. Pour lui, la rigueur budgétaire n’est pas une simple option technique, mais un choix politique.

Le ministre a également annoncé que tous les contribuables devront disposer de machines électroniques de facturation. Toute personne prise en flagrant délit d’achat sans facture électronique devra restituer les biens acquis et payer une pénalité équivalente à 20 % de leur valeur. « Toute personne est un contribuable », a-t-il insisté.
Enfin, Ndikumana a indiqué que chaque province recevra cette semaine 500 millions de francs burundais pour la réhabilitation des infrastructures publiques. Toutefois, cette somme sera versée seulement si un plan d’action détaillé est présenté au préalable.

