NGOZI, 31 jan (ABP) – Les burundais touchés par les abus commis durant la période de crises au Burundi sont appelés à renforcer l’esprit de réconciliation, à éviter la rancœur et la vengeance, afin de consolider la cohésion sociale pour que de telles tragédies ne se reproduisent. Cet appel a été lancé mercredi le 28 janvier 2026, à Ngozi, par Pierre Claver Ndayicariye, président de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR), lors d’un atelier organisé par ladite commission, sur le rôle des victimes dans le processus de réconciliation nationale.
Il a indiqué que cette rencontre visait à donner la parole aux personnes affectées, afin qu’elles puissent contribuer au processus de réconciliation entre les burundais. Il a précisé que cet atelier a été organisé après avoir constaté que la réconciliation nationale ne peut être effective sans une place digne accordée aux victimes des crises qu’a connues le pays.
Le président de la CVR a souligné que cette initiative intervient à un moment opportun, le Burundi étant actuellement en période de paix, après avoir traversé de graves crises ayant causé d’importantes pertes humaines et matérielles. Il a également fait savoir que le gouvernement a déjà mis en place certaines mesures, notamment la consolidation des institutions de défense et de sécurité nationales inclusives et la part des confessions religieuses surtout l’Eglise catholique pour avoir organiser des semaines dédiés au dialogue et réconciliation.
Il a en outre rappelé que la Cour suprême a rendu des décisions en faveur des burundais condamnés par la Cour martiale. Il a enfin invité tous les citoyens à éduquer leurs enfants aux valeurs de paix et de cohabitation pacifique, afin de renforcer l’unité nationale.
Les participants à cet échange, victimes de différentes tragédies, ont livré des témoignages poignants sur les pertes de membres de leurs familles et sur la spoliation de leurs biens durant les crises.
Ils ont estimé que la voie à suivre pour les Burundais reste le pardon et l’oubli du passé, tout en demandant que justice soit rendue et que les biens perdus leur soient restitués.
A cet effet, M. Ndayicariye a demandé aux possesseurs de terres, de maisons ou d’autres biens spoliés durant cette période de crise, de les restituer à leurs propriétaires légitimes, car ils ne leur appartiennent pas.

Quant à Boussessia Nkezimana, deuxième vice-présidente de l’Assemblée Nationale, qui avait honoré cette rencontre de deux jours de sa présence, elle a salué positivement les activités et les efforts de la CVR consentis dans la recherche de la vérité sur les crises qui ont secoué le Burundi dans les années passées. Elle s’est également dite satisfaite du courage des victimes qui osent livrer leurs témoignages sur les situations qu’elles ont vécues, tout en proposant des solutions pouvant aider les autres à se réconcilier afin de redynamiser la cohabitation sociale.
Elle encourage en outre toute personne détenant des informations sur ces tragédies à éclairer la CVR pour faciliter sa tâche.
Selon Mme Nkezimana, certains ont même proposé l’élaboration de programmes éducatifs en lien avec ces crises afin que les enfants en soient informés et sensibilisés à la prévention de tels actes, pour qu’ils ne se reproduisent plus. Elle exhorte également les Burundais à prier pour le pays, à marcher selon la parole de Dieu et à être caractérisés par l’amour envers les autres, car, disait-elle, celui qui aime son prochain ne peut pas lui faire du mal.


