GITEGA, 12 mai (ABP) – Le président de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR), Pierre Claver Ndayicariye, salue le rôle joué par certaines églises et organisations dans le processus de réconciliation des Burundais notamment l’église catholique dans les diocèses de Ruyigi, Muyinga, Ngozi et Gitega ainsi que Ruyigi, Muyinga, Ngozi et Gitega (capitale politique et centre du Burundi)
Le président de la CVR s’est exprimé lors d’un atelier de deux jours organisé à Gitega (capitale politique) à l’intention des représentants de l’Église adventiste du septième. Cette rencontre visait à échanger sur le rôle que cette confession peut jouer dans le renforcement de la cohabitation pacifique, du respect mutuel et de la réconciliation nationale.
Il a également indiqué que cette rencontre a été organisée à leur endroit en raison de l’influence de leur parole auprès des fidèles. Ndayicariye a signalé que les Églises et les confessions religieuses constituent un pilier incontournable dans le processus de réconciliation des Burundais.
Il a, à cet effet remercier l’Eglise Catholique pour ses actions menées dans le processus de réconciliation dans les diocèses de Ruyigi, Muyinga, Ngozi et Gitega sans oublier l’organisation Miparec de Gitega.
Il a également rappelé que l’histoire du Burundi a montré que certaines Églises et confessions religieuses ont été impliquées dans les violences qu’a connues le pays. « Au cours de nos enquêtes, nous avons découvert que certains serviteurs de Dieu ont joué un rôle important dans les crimes commis au Burundi. Certains ont fourni des listes de personnes à tuer, tandis que d’autres déclaraient qu’ils déposent les Bibles, que ce le moment de prendre les armes” », a-t-il affirmé.
S’appuyant sur les enseignements bibliques de l’apôtre Pierre, M. Ndayicariye a souligné que Dieu est le premier artisan de la réconciliation.
Il a expliqué que les fidèles doivent d’abord demander pardon à ceux qu’ils ont offensés avant de présenter leurs offrandes à Dieu, ajoutant que les Burundais ont actuellement mis Dieu au centre de leurs activités.
Selon lui, la vision d’un Burundi émergent en 2040 et développé en 2060 ne pourra se concrétiser sans une véritable réconciliation entre les citoyens, car a-t-il précisé, construire un pays sur le mensonge constitue un obstacle au développement.

Il a invité les responsables adventistes à enseigner l’exemplarité et la vérité à leurs fidèles, alors que plusieurs auteurs de crimes continuent, selon lui, à se cacher. De leur côté, les responsables de l’Église adventiste du septième jour ont indiqué qu’ils enseignent à leurs fidèles la résolution pacifique des conflits et la reconnaissance des fautes commises afin de favoriser le pardon.
Le pasteur Bernard Nyandwi de la mission de Bujumbura, a affirmé que la parole de Dieu ne rejette aucune ethnie. Selon lui, Hutu, Tutsi, Twa ou Blanc adorent tous le même Dieu, ce qui démontre que tous les êtres humains sont égaux et qu’aucun ne devrait ôter la vie à son semblable.
A cette occasion, l’Église Adventiste du 7ème jour s’est engagé à prier pour la CVR dans l’accomplissement de ses missions, car ont-ils signalé, la prière est une réponse spirituelle forte face aux souffrances que le Burundi a traversées. Les participants ont alors énuméré plusieurs piliers pour la réconciliation, notamment la connaissance de soi ; le respect de la diversité ethnique, sociale et religieuse ; l’amour du prochain et l’enseignement de la vérité fondée sur la Parole de Dieu.
Les représentants de l’église Adventiste ont enfin appelé les instances de prise de décision à intégrer les résultats des recherches de la CVR dans les programmes scolaires, afin que les nouvelles générations doivent connaître la vérité sur le passé pour s’engager sur le chemin du pardon et de la réconciliation.

