MUKAZA, 2 juil (ABP) – Le Burundi accueillera du 2 au 4 juillet 2026 la 2ᵉ Conférence panafricaine de l’Union africaine sur l’éducation des filles et des femmes (AU PANCOGEd 2). L’annonce a été faite mardi le 30 juin 2026, lors d’une conférence de presse conjointe animée par le ministre de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique, François Havyarimana, et le commissaire de l’Union africaine chargé de l’Éducation, de la Science, de la Technologie et de l’Innovation, Gaspard Banyankimbona.
Selon le ministre, cette conférence réunira à Bujumbura des hauts responsables des États membres de l’Union africaine, des experts ainsi que des partenaires techniques et financiers du secteur éducatif. Elle constituera un cadre privilégié d’échanges d’expériences et de bonnes pratiques en vue de renforcer les politiques d’accès, de maintien et de réussite des filles et des femmes dans les systèmes éducatifs africains.
Abordant les défis persistants, notamment les grossesses précoces en milieu scolaire, le ministre a indiqué que les auteurs de violences faites aux élèves sont poursuivis conformément à la loi. Il a précisé que plusieurs cas ont déjà abouti à des condamnations, tandis que les victimes bénéficient d’un accompagnement psychosocial et institutionnel.
Il a également annoncé qu’un projet de loi renforçant la répression des infractions en milieu scolaire, notamment les violences et le harcèlement sexuels, a été adopté par le Parlement. Ce texte vise, selon lui, à garantir un environnement scolaire plus sûr et à favoriser la rétention des élèves, en particulier des filles.
S’agissant de l’enseignement supérieur, François Havyarimana a reconnu que les moyens actuels des universités publiques restent en deçà des besoins des étudiants. Il a toutefois assuré que le gouvernement poursuit ses efforts pour améliorer les conditions d’apprentissage et réduire les abandons liés aux difficultés matérielles.
Dans cette optique, il a annoncé que le budget de l’exercice 2026-2027 prévoit la reprise progressive du service de restauration dans les universités publiques, y compris à l’École normale supérieure (ENS) et dans d’autres établissements d’enseignement supérieur.
Il a également encouragé les institutions à développer des partenariats avec des investisseurs afin d’améliorer les services sociaux destinés aux étudiants.
Interrogé sur les mécanismes de suivi des recommandations issues des conférences précédentes, le commissaire de l’Union africaine, Gaspard Banyankimbona, a rappelé que la première édition s’était tenue à Addis-Abeba, en Éthiopie.
Il a indiqué que plusieurs recommandations avaient été formulées à cette occasion, notamment le lancement de la campagne « Educate Her », déjà adoptée par une quinzaine de pays, dont le Burundi. Cette initiative vise à intensifier la sensibilisation autour de l’éducation des filles et à mobiliser les communautés pour lever les obstacles à leur scolarisation.
Selon lui, l’un des enjeux majeurs reste l’évaluation des engagements pris par les États afin de mesurer les progrès réalisés sur le terrain.
Le commissaire a précisé que les conclusions de la conférence prennent la forme d’une déclaration d’intention, appelée à être transformée en décision contraignante par les organes compétents de l’Union africaine, avant sa mise en œuvre par les États membres.
Gaspard Banyankimbona a souligné que l’Union africaine joue principalement un rôle de coordination et de facilitation, en mettant en relation les pays afin de favoriser l’apprentissage mutuel. Il a cité à cet effet des expériences jugées avancées, notamment celles du Kenya et du Sénégal, où des initiatives communautaires ont permis d’améliorer le maintien des filles à l’école.
Il a également rappelé l’existence de structures techniques spécialisées de l’Union africaine, chargées d’accompagner les États dans la mise en œuvre des politiques éducatives.
En conclusion, le commissaire a réaffirmé que ces efforts s’inscrivent dans la vision de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, visant la construction d’une « Afrique que nous voulons ». Il a toutefois estimé que cet objectif pourrait être atteint plus rapidement si les investissements dans l’éducation, notamment celle des filles, sont renforcés de manière significative.

