BUJUMBURA, 12 juillet ( abp)— Le Conseil pour l’éducation et le développement (COPED), en partenariat avec ONU Femmes, a sensibilisé le 12 juillet 2026 les élèves de l’Ecole fondamentale de Mugerero aux violences basées sur le genre (VBG). L’activité s’est déroulée en zone Gihanga, dans la commune de Mpanda, à l’intention des membres des clubs scolaires. Les échanges ont également porté sur les droits des femmes et des filles. Les élèves ont été invités à mieux connaître ces droits et à participer à la prévention des violences dans leur environnement.
Goreth Ndayishemeze représentait le consortium COPED-ONU Femmes lors de la rencontre. Elle a expliqué aux élèves que la prévention des VBG commence aussi par la connaissance. Pour elle, un jeune doit pouvoir reconnaître une situation de violence avant de pouvoir contribuer à la combattre. Le message concernait les filles comme les garçons. « Les jeunes doivent connaître leurs droits et savoir reconnaître les comportements qui portent atteinte à la dignité d’une personne », a-t-elle déclaré.

Le sujet a rapidement dépassé la question des violences physiques. Les élèves ont été sensibilisés aux violences sexuelles et psychologiques, mais aussi au harcèlement, aux menaces et aux humiliations. Certaines violences sont visibles. D’autres peuvent rester cachées pendant longtemps. Elles peuvent pourtant avoir des conséquences importantes sur la vie des victimes.
« Une violence n’est pas seulement le fait de frapper quelqu’un », a expliqué Ndayishemeze. Elle a rappelé que certaines paroles ou certains comportements peuvent également porter atteinte à une personne. Les élèves ont été invités à ne pas considérer les insultes ou les humiliations comme de simples plaisanteries. La banalisation peut, selon elle, favoriser la répétition des violences. « Ce que nous considérons parfois comme une plaisanterie peut blesser profondément une autre personne », a-t-elle ajouté.
Les conséquences peuvent être particulièrement lourdes pour les filles en âge scolaire. Une victime de harcèlement peut perdre confiance en elle. Elle peut aussi s’isoler ou rencontrer des difficultés dans ses études. Dans certains cas, les violences peuvent contribuer à l’abandon scolaire. La prévention des VBG touche donc directement au droit des filles à l’éducation.
« Une fille a le droit d’aller à l’école, d’apprendre et de préparer son avenir », a rappelé Ndayishemeze. Elle a également insisté sur le droit à la dignité et à la sécurité. Pour elle, ces droits ne doivent pas être considérés comme des privilèges. « Les droits des femmes et des filles sont des droits humains », a-t-elle déclaré.
La sensibilisation a aussi cherché à faire comprendre aux élèves que les garçons ont leur part de responsabilité. Ils peuvent contribuer à prévenir certaines violences dans leur entourage. Ils peuvent aussi remettre en question des comportements discriminatoires. Cela commence par la manière de parler aux filles et de les considérer. « Respecter une fille n’est pas une faveur », a souligné Ndayishemeze.
Dans cette logique, les élèves ont été encouragés à rejeter les insultes et les humiliations. Le harcèlement a également été présenté comme un comportement qui ne doit pas être banalisé. Les garçons ont été invités à devenir des exemples auprès de leurs camarades. Les filles, de leur côté, ont été encouragées à connaître leurs droits et à parler lorsqu’elles rencontrent une difficulté. « Nous avons besoin de garçons qui comprennent que la force ne signifie pas dominer ou faire peur aux autres », a-t-il déclaree.
Pour Benjamin Nsabimana, directeur de l’ECOFO Mugerero, l’école a un rôle important à jouer dans cette démarche. Elle doit transmettre des connaissances, mais aussi contribuer à former des citoyens respectueux des droits des autres. Les enseignants doivent donc rester attentifs aux situations qui peuvent affecter les élèves. L’établissement doit également offrir un cadre où les jeunes peuvent parler. « Un élève qui vient signaler un problème doit savoir qu’il sera écouté », a-t-il déclaré.
Les clubs scolaires peuvent renforcer ce travail. Ils offrent aux élèves un espace où ils peuvent échanger entre eux. Ils permettent également de transmettre des messages à leurs camarades. Les membres des clubs sont souvent proches des autres élèves et connaissent certaines réalités de leur quotidien. Ils peuvent ainsi devenir des relais de prévention.
« Les élèves passent beaucoup de temps ensemble », a expliqué Nsabimana. « Ils peuvent donc être les premiers à constater certains comportements ou certaines difficultés », a-t-il ajouté. Il leur demande toutefois de ne pas chercher à régler seuls les situations graves. Un élève peut écouter une victime. Il doit ensuite l’orienter vers un adulte ou une structure compétente.
Le président du club scolaire a, lui aussi, insisté sur le rôle des élèves. La sensibilisation lui a permis de mieux comprendre le lien entre les violences et les droits des femmes. Il estime que les membres du club doivent désormais partager ces connaissances. Le changement doit commencer par leurs propres comportements. « Nous devons montrer l’exemple à nos camarades », a-t-il déclaré.
Pour lui, cela passe par des gestes simples. Il faut éviter les insultes et les humiliations. Il faut également respecter les filles et les garçons de la même manière. Lorsqu’un camarade rencontre une situation difficile, il ne faut pas se moquer de lui. « Nous devons apprendre à écouter et à aider au lieu de garder le silence », a-t-il ajouté.
La question du silence a occupé une place importante dans les échanges. Certaines victimes hésitent à parler de ce qu’elles subissent. Elles peuvent avoir peur des réactions de leur entourage. Elles peuvent aussi craindre d’être accusées ou rejetées. Pour les organisateurs, cette peur ne doit pas empêcher une victime de chercher de l’aide.
« Lorsqu’une personne vous parle d’une violence, écoutez-la d’abord », a conseillé Mme Ndayishemeze aux élèves. Elle leur a demandé de ne pas culpabiliser les victimes. La responsabilité d’une violence revient à son auteur. « La tenue d’une fille, sa manière de parler ou ses fréquentations ne justifient jamais une violence », a-t-elle insisté.
Pour le directeur de l’ECOFO Mugerero, la sensibilisation doit se poursuivre après le départ des organisateurs. Les élèves doivent continuer à discuter de ces questions. Les enseignants peuvent également renforcer ces messages dans la vie quotidienne de l’établissement. Les clubs scolaires peuvent servir de relais. « Une seule activité ne suffit pas », a déclaré M. Nsabimana.
Le président du club partage cette volonté de poursuivre la sensibilisation. Il souhaite que les membres du club transmettent les connaissances acquises à leurs camarades. Ils peuvent organiser des échanges et rappeler les droits des filles et des garçons. Ils peuvent également encourager les victimes à chercher de l’aide. « Nous devons faire comprendre à nos camarades que chacun a droit au respect », a-t-il déclaré.
A Mugerero, la sensibilisation a donc placé les élèves au centre de la prévention. Ils ne sont pas seulement destinataires des messages. Ils peuvent aussi les transmettre à leurs camarades et à leurs familles. Leur rôle reste toutefois celui de relais. « Lorsqu’une situation dépasse leurs capacités, ils doivent savoir vers qui se tourner », a rappelé Ndayishemeze.
Le défi est maintenant de transformer les messages en comportements. Refuser une insulte peut être un premier pas. Soutenir une victime en est un autre. Demander de l’aide lorsqu’une situation devient grave est également essentiel. « Le changement commence par chacun de nous », a conclu Mme Ndayishemeze.
A l’ECOFO Mugerero, la séance du 12 juillet aura ainsi ouvert un espace de discussion sur les VBG et les droits des femmes. Les organisateurs veulent que les élèves poursuivent cette conversation au sein de leurs clubs. Le directeur de l’école compte également sur leur implication. Le président du club veut, lui, commencer par sensibiliser ses camarades. Dans cette école de la zone Gihanga, la prévention des violences passe désormais aussi par la voix des élèves.
