• jeu. Juil 16th, 2026

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Lancement officiel du recensement des propriétaires des propriétés ou parcelles dans les centres urbains du Burundi

ByAdministrateur

Juil 16, 2026
Le premier ministre burundais, Nestor Ntahontuye procédant au lancement officiel des activités du RPPCUB-2026

MUGERE, 15 juil (ABP) – Le premier ministre du Burundi, Nestor Ntahontuye, a procédé, mardi le 14 juillet 2026, au lancement officiel des activités du Recensement des propriétaires des propriétés ou parcelles dans les centres urbains du Burundi (RPPCUB-2026). Cette activité a vu la participation des gouverneurs de provinces, des administrateurs communaux et d’autres responsables administratifs.

Dans son discours, le premier ministre a indiqué que cette cérémonie marque non seulement le démarrage officiel des opérations de recensement, mais constitue également une occasion de rappeler les responsabilités de chaque acteur afin d’assurer la réussite de cette importante initiative.

Il a précisé que l’objectif de ce recensement est de mettre en place un registre foncier moderne, fiable et numérisé, destiné à sécuriser les droits des propriétaires contre toute tentative de spoliation. Ce registre permettra également à l’État de disposer d’outils performants pour mieux planifier les infrastructures, notamment les routes, les réseaux d’eau potable et d’électricité, ainsi que les autres services sociaux de base au profit des populations urbaines et rurales.

Selon le chef du gouvernement burundais, cette opération constitue la première phase d’une vaste campagne nationale. Elle débutera par la collecte des données auprès des propriétaires de biens immobiliers et de parcelles situés dans les communes urbaines de Muha, Mukaza et Ntahangwa, en province de Bujumbura, ainsi que dans les villes de Gitega, Ngozi et Rumonge, avant d’être progressivement étendue à l’ensemble du territoire national.

Il a ajouté que ce recensement permettra de constituer une base de données exhaustive, fiable et géo-référencée des propriétaires et des parcelles des principaux centres urbains du pays. Cette base favorisera le renforcement de la gouvernance foncière grâce à la mise en place progressive de titres fonciers numérisés, aussi bien pour les propriétaires disposant déjà d’un titre papier que pour ceux qui n’en possèdent pas encore.

  1. Ntahontuye a souligné que la réalisation de la vision nationale « Burundi, pays émergent en 2040 et développé en 2060 », exige une meilleure maîtrise du territoire national. Selon lui, la sécurisation foncière constitue un pilier essentiel pour préserver la paix sociale, prévenir les conflits fonciers, renforcer la sécurité alimentaire, stimuler les investissements nationaux et étrangers, ainsi que lutter contre les fraudes et les irrégularités administratives.

A cette occasion, il a invité tous les propriétaires à réserver un bon accueil aux agents recenseurs et à leur fournir des informations exactes et complètes. Il a également appelé les gouverneurs de provinces, les administrateurs communaux, les chefs de zones, les chefs de collines et de quartiers, les leaders communautaires, les autorités administratives locales ainsi que les médias à sensibiliser la population afin de faire comprendre que ce recensement représente une opportunité de sécuriser le patrimoine foncier des familles et de contribuer au développement du pays.

Le premier ministre a demandé aux autorités administratives de proximité de jouer un rôle déterminant dans la mobilisation et l’encadrement de la population, en rassurant les citoyens, en facilitant le travail des équipes de terrain, en veillant, avec les forces de sécurité, à la protection des agents recenseurs et en luttant contre toute forme de désinformation.

Il a enfin exhorté le comité de pilotage, le comité technique ainsi que les agents recenseurs à accomplir leurs missions avec rigueur, professionnalisme, courtoisie, intégrité et sens du service public.

De son côté, le ministre des Finances, du Budget et de la Planification économique, Alain Ndikumana, a rappelé que ce recensement est avant tout une opération de collecte et de structuration des données. Il ne remplace ni les procédures légales d’immatriculation foncière, ni les mécanismes de règlement des litiges, ni les formalités nécessaires à l’établissement des titres de propriété. Il constituera plutôt, une base d’informations destinée à orienter les réformes et à renforcer la coordination entre les administrations concernées.

Le ministre Ndikumana a indiqué que les données recueillies permettront d’améliorer la planification urbaine, la gestion des infrastructures, la modernisation des services fonciers et la transparence des transactions immobilières. Il a souligné que les outils numériques utilisés garantiront la qualité des données tout en assurant leur confidentialité et leur sécurité.

Le directeur général de l’INSBU, Nicolas Ndayishimiye

Lors de la présentation technique du projet, le directeur général de l’Institut national de la statistique du Burundi (INSBU), Nicolas Ndayishimiye, a expliqué que ce recensement concernera les propriétaires de parcelles situées dans les communes ciblées. Il permettra notamment d’identifier et de localiser toutes les constructions et les parcelles non bâties, d’identifier leurs propriétaires, de recueillir leurs données d’identification ainsi que les caractéristiques de mise en valeur des terrains. Il permettra également de créer une base de données interopérable avec les autres registres nationaux grâce à un identifiant unique attribué à chaque propriété ou parcelle, de contribuer à la numérisation du cadastre urbain par la délivrance future de titres fonciers numériques et de mettre en place une plateforme géographique (Web SIG).

Au cours des échanges, les participants ont demandé la question liée au traitement des parcelles faisant l’objet de litiges.

Les responsables du comité de pilotage ont précisé que ces parcelles seront recensées et identifiées comme étant en conflit, mais qu’aucune décision relative à ces litiges ne sera prise dans le cadre de cette opération.

Concernant les propriétaires résidant à l’étranger, il a été indiqué qu’ils pourront mandater une personne de confiance pour les représenter lors du recensement.

S’agissant des parcelles inondées, les responsables ont expliqué qu’elles ne seront pas prises en compte durant cette première phase, faute de pouvoir collecter correctement les données nécessaires.

Vue partielle des participants

Les organisateurs ont enfin rassuré la population en affirmant que cette opération n’a pas pour objectif de retirer les parcelles à leurs propriétaires, mais plutôt de mieux protéger leurs droits et de faciliter, à terme, l’obtention de titres fonciers numérisés.

Il convient de rappeler que les opérations de recensement se dérouleront du mois d’août au mois de septembre 2026, tandis que la formation des agents recenseurs débutera la semaine prochaine.

Le coût global de cette opération est estimé à près de 3 milliards de francs burundais.