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Grenier de l'information au Burundi

Les médias, acteurs clés de la promotion de la protection sociale au Burundi

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Juil 16, 2026
Directeur général responsable du programme Communication et Médias, Oscar Nzohabonayo

GITEGA, 14 juil (ABP) – « Les médias jouent un rôle essentiel dans l’information, dans la sensibilisation et la mobilisation des citoyens autour des programmes de protection sociale. À travers leurs différentes productions, ils contribuent à une meilleure connaissance des droits sociaux et des services mis à la disposition de la population », a affirmé le responsable provincial du Secrétariat exécutif permanent de la Commission nationale de la protection sociale (SEP/CNPS) à Gitega, Sandrine Havyarimana, lors d’une interview accordée à l’ABP lundi le 13 juillet 2026 à Gitega.

Elle a profité de cette même occasion pour rappeler que le gouvernement du Burundi a adopté la politique nationale de protection sociale 2024-2033, avec pour objectif de garantir une protection sociale universelle, équitable et accessible à tous. Cette politique s’inscrit dans la vision d’un Burundi émergent en 2040 et développé en 2060.

A l’instar des autres provinces, à Gitega, les médias publics, privés et communautaires participent à la vulgarisation de cette politique en réalisant des reportages, des interviews, des émissions et des magazines consacrés aux actions du gouvernement et de ses partenaires dans le domaine de la protection sociale.

Selon elle, les campagnes médiatiques favorisent notamment l’adhésion aux mutuelles communautaires de santé, sensibilisent les travailleurs du secteur informel à l’importance de la sécurité sociale et informent les ménages vulnérables sur les différents programmes d’assistance disponibles.

Malgré cela, madame Havyarimana indique que plusieurs défis subsistent. Selon elle, plusieurs défis persistent, notamment le manque de ressources financières permettant aux médias de couvrir les zones rurales, le faible nombre de journalistes spécialisés en protection sociale ainsi que les difficultés d’accès à des données fiables et actualisées.

Pour renforcer la contribution des médias, il apparaît nécessaire, selon Havyarimana, d’investir dans la formation des journalistes, de faciliter l’accès à l’information publique, de développer les partenariats entre les organes de presse et les institutions chargées de la protection sociale, ainsi que de soutenir les médias communautaires afin d’améliorer la diffusion de l’information, notamment en milieu rural.

De sa part, le directeur général responsable du programme Communication et Médias au ministère de la communication et des médias M. Oscar Nzohabonayo affirme que d’une certaine manière, les médias burundais accordent un espace aux questions de protection sociale, bien que cet espace ne soit pas toujours suffisant. Selon lui, on peut le constater à travers certains programmes médiatiques et les partenariats que les médias établissent avec des organisations de protection sociale. L’Article 12 de la loi sur la presse burundaise indique que les médias doivent prendre des mesures pour protéger leurs journalistes. Cependant, il est encore difficile de mesurer l’engagement des médias dans ce domaine, car il n’y a pas encore d’études approfondies sur la question.

  1. Nzohabonayo a également indiqué que les pouvoirs publics collaborent de manière proactive avec les médias à travers des programmes de formation destinés aux journalistes. Ces formations visent à leur fournir les outils nécessaires pour mieux comprendre les enjeux de la protection sociale et assurer une couverture médiatique plus complète, rigoureuse et professionnelle des questions liées à ce secteur.

Selon lui, la satisfaction du ministère ayant la Communication dans ses attributions à l’égard des performances médiatiques en matière de protection sociale est intrinsèquement liée à l’engagement soutenu des médias à aborder, de manière adéquate, les enjeux variés et complexes inhérents à ce domaine.

« Bien que le ministère exprime généralement sa fierté face aux efforts déployés par les médias, il est impératif que ces derniers investissent également dans la spécialisation des journalistes sur des thématiques diverses, afin de favoriser leur amélioration continue », a-t-il déclaré. Il a souligné que journalisme se caractérise par sa nature dynamique et en perpétuelle évolution. C’est pour cette raison que le ministère appelle toujours à ce que cette quête d’excellence demeure au cœur des préoccupations des organes de presse pour garantir une information de qualité en réponse aux défis de la protection sociale.

Il a, lui aussi, affirmé que les médias occupent une place de choix dans la sensibilisation de la population aux enjeux de la protection sociale à travers des programmes d’éducation au public sur les droits et les services disponibles. Selon lui, les médias doivent donc plaider en faveur des droits des travailleurs, mais également inciter à l’action et promouvoir une compréhension approfondie de ces droits.

Du côté gouvernemental, M. Nzohabonayo propose d’établir des politiques claires qui contraignent les entreprises, qu’elles soient publiques ou privées, à prioriser la protection sociale pour leurs employés et à consacrer des ressources suffisantes en faveur de la protection sociale des personnes sans emploi. Les médias doivent s’engager à couvrir, de manière régulière, les questions relatives à la protection sociale, tout en servant d’exemple au sein de leurs propres structures pour leurs travailleurs, et en amplifiant la voix des travailleurs afin de garantir une représentation adéquate de leurs préoccupations et de leurs droits, a-t-il martelé.

Dans son ouvrage « La protection sociale », Gilles NEZOSI précise que la protection sociale constitue l’un des piliers du développement durable et inclusif. Elle vise à protéger les populations contre les risques liés à la maladie, au chômage, à la vieillesse, aux catastrophes naturelles et à la pauvreté.

Minani Onesphore, affilié à la Mutuelle de la fonction publique (MFP), a été interviewé à ce sujet par l’ABP, jeudi le 9 juillet 2026 à Gitega. Il a signalé que la plupart de la population ne sait pas ce qu’est la protection sociale. Il a indiqué que les médias peuvent contribuer à l’atteinte d’une couverture sociale effective au Burundi à l’horizon 2040 en assurant une communication permanente entre les institutions publiques, les partenaires au développement et les citoyens. Grâce à une information régulière, fiable et accessible, ils permettent à la population de mieux comprendre les avantages des différents mécanismes de protection sociale, notamment l’assurance maladie, les mutuelles communautaires, les pensions de retraite, les allocations sociales et les programmes d’assistance destinés aux personnes vulnérables.

Selon lui, les médias peuvent également produire des émissions de sensibilisation en langue nationale, diffuser des témoignages de bénéficiaires, organiser des débats avec des experts et des responsables des institutions concernées, ainsi que répondre aux préoccupations des citoyens. Cette approche contribue à combattre les rumeurs, les fausses informations et les préjugés qui freinent parfois l’adhésion aux programmes de protection sociale.