BUJUMBURA, 1er août (ABP) – « Le défi n’est pas de convaincre la diaspora d’aimer son continent, car elle le prouve chaque mois. Il est de bâtir les systèmes qui transforment cet amour en investissement, cette fidélité en fécondité, ces transferts en transformation », a déclaré le directeur de la direction des citoyens et de la diaspora de l’Union africaine (CIDO), l’ambassadeur Amr Aljowaily, à l’ouverture de la semaine de la diaspora, organisée mercredi 29 juillet 2026 à Bujumbura.
Selon lui, l’Union africaine a profondément renouvelé sa vision de la diaspora, qui n’est plus considérée comme une simple source de transferts financiers, mais comme un partenaire stratégique apportant trois formes de capital : financier, humain, ainsi que diplomatique et social.
S’agissant du capital financier, l’ambassadeur Aljowaily a souligné que l’importance des transferts de fonds réside moins dans leur montant que dans leur impact sur le développement.
Il a par ailleurs indiqué que la CIDO mène, en partenariat avec l’African Foundation for Development (AFFORD), plusieurs études et initiatives, notamment le projet DDI sur l’investissement direct de la diaspora et le programme INCLUDE, destinés à faire évoluer les transferts de fonds d’une logique de consommation vers une logique d’investissement productif, au bénéfice des économies africaines.

Concernant le capital humain, il a rappelé que la diaspora regorge de médecins, d’ingénieurs, d’entrepreneurs, de chercheurs et d’autres professionnels dont les compétences constituent un levier majeur du développement. Il a rappelé que pour favoriser la contribution de ces compétences au continent, la CIDO collabore étroitement avec l’organisation internationale pour les migrations (OIM), partenaire de référence en matière de gouvernance des migrations et de mobilité des compétences, ajoutant que cette coopération s’inscrit notamment dans le projet de création d’une plateforme d’offres d’emploi destinée à la diaspora, soutenue par des lignes directrices continentales élaborées par l’Union africaine.
Abordant le capital diplomatique et social, l’ambassadeur Aljowaily a indiqué que la diaspora représente à la fois une voix et un pont reliant l’Afrique au reste du monde.
D’après lui, cette conviction a conduit l’Union africaine à renforcer ses liens avec les diasporas des Amériques et des Caraïbes, notamment à travers le mémorandum d’entente avec la CARICOM en 2024, le deuxième Sommet Afrique-CARICOM à Addis-Abeba en 2025, et le premier forum de haut niveau Afrique-CELAC en 2026.
Il a toutefois insisté sur le fait que ces trois capitaux ne peuvent produire leurs effets sans des mécanismes appropriés. « L’amour du pays ouvre la porte, mais ce sont les bons systèmes qui concluent l’accord », a-t-il affirmé.

