GITEGA, 31 juil (ABP) – Les membres des coopératives agricoles appuyées par le Projet d’appui à l’inclusion financière agricole et rurale au Burundi (PAIFAR-B) déplorent les retards observés par les institutions de microfinance COOPEC et RECECA Inkîngi dans le traitement des dossiers de demande de crédits agricoles.
Selon eux, les financements sont parfois accordés après la période des semis, compromettant ainsi les activités de production.
Ces préoccupations ont été exprimées jeudi 30 juillet 2026, lors d’une réunion d’évaluation des réalisations de ce programme pour l’année 2025-2026 et de présentation des activités prévues pour l’exercice 2026-2027, organisée par le PAIFAR-B à l’endroit des bénéficiaires et partenaires de ce projet dans la province de Gitega (capitale politique et centre du Burundi) a appris l’ABP sur place
Mme Nzirubusa Vivana, membre de la coopérative agricole Rema Twitezimbere de Mutaho en commune Bugendana de la province Gitega, a indiqué que sa coopérative avait sollicité un crédit auprès de la COOPEC pour la culture de la pomme de terre au mois d’avril. Toutefois, au début du mois d’août, aucune réponse ne leur avait encore été communiquée.
Elle a plaidé pour que les institutions financières traitent les dossiers dans les délais afin que les crédits soient utilisés conformément à leur objectif. Elle a aussi souligné que les financements accordés après la saison culturale sont souvent réorientés vers d’autres besoins, ce qui complique leur remboursement et nuit à la crédibilité des bénéficiaires, des propos qu’elle partage avec d’autres membres des coopératives agricoles de Gitega.

Le responsable chargé du suivi-évaluation du PAIFAR-B au niveau national, M. Mélance Ntirampeba reconnait l’existence de cette difficulté.
Il a assuré que le projet poursuivra le dialogue avec les institutions de microfinance concernées afin d’améliorer la rapidité de traitement des demandes de crédits. Malgré cela, il s’est néanmoins félicité des résultats enregistrés par le PAIFAR-B dans l’accompagnement des coopératives vers l’accès au financement.
Il a invité les bénéficiaires à utiliser les crédits conformément aux projets présentés et à respecter les échéances de remboursement. Jean Paul Bizimana du PAIFAR-B a précisé que dans la province de Gitega, sur un montant total de 2.153.430.000 FBu accordé à 967 bénéficiaires, 2.018.530.081 FBu restent encore à rembourser.
M. Ntirampeba a également encouragé les membres des coopératives à mettre en pratique les formations reçues et à partager les connaissances acquises avec d’autres producteurs, car a-t-il signalé, ça arrivera que les gens participent dans des séances de renforcement de capacités moyennant le paiement.
Il les a également exhortés à valoriser les résidus de récolte afin de limiter les pertes et d’améliorer la fertilité des sols. Il a par ailleurs appelé les administrateurs communaux à veiller à ce que les populations vivant dans les zones éloignées des chefs-lieux des communes puissent également bénéficier des appuis du PAIFAR-B.
Concernant la lutte contre les effets du changement climatique, M. Ntirampeba a rappelé que le PAIFAR-B intègre la protection de l’environnement dans ses interventions. Il a recommandé aux agriculteurs d’entretenir les courbes de niveau, d’y planter des herbes de fixation, de promouvoir les cultures résistantes à la sécheresse et d’utiliser rationnellement les engrais ainsi que les produits phytosanitaires.
Enfin, il a annoncé que le projet étudie la mise en place d’une plateforme numérique permettant aux agriculteurs d’accéder aux prévisions météorologiques de leur localité, aux informations sur les prix des marchés et aux débouchés commerciaux pour leurs productions.

