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Le chef de l’Etat appelle à des réformes profondes dans le secteur agricole

ByAdministrateur

Août 13, 2026
Le président de la République (à droite) et le ministre de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage (à gauche)

GITEGA, 10 août (ABP) – Le président de la République du Burundi, Evariste Ndayishimiye, a réuni, samedi le 8 août 2026 à Kibimba, commune et province Gitega, les responsables des différents services relevant des secteurs du ministère de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage. Il s’agissait d’évaluer l’état d’avancement des activités dans ces domaines, identifier les défis auxquels ces secteurs font face. Cela s’inscrit dans la vision selon laquelle, chaque bouche doit avoir à manger et chaque poche de l’argent. Le chef de l’État a rappelé que cette vision, lancée il y a six ans, doit permettre à chaque Burundais de disposer d’une alimentation suffisante et de revenus. Le président Ndayishimiye a appelé les responsables du secteur agricole à redoubler d’efforts, soulignant que l’agriculture constitue le fondement du développement du Burundi.

Le directeur général du programme agriculture, Diomède Ndayirukiye a indiqué que le maïs, le riz et l’avocat figurent parmi les cultures auxquelles le secteur accorde une attention particulière. Il a fait savoir que les agriculteurs se sont fortement investis dans la culture du maïs, ce qui a permis d’obtenir une production importante. Malgré les défis liés à la commercialisation, le Burundi a commencé à exporter du maïs afin de générer des devises, a-t-il signalé. Il a également précisé que le ministère encourage les agriculteurs à regrouper leurs terres pour pratiquer une agriculture moderne et organisée. Cette approche a donné des résultats encourageants, notamment pour la culture du maïs.

Toutefois, il fait savoir que le secteur agricole reste confronté à plusieurs défis Il cite notamment l’insuffisance des semences sélectionnées et les changements climatiques caractérisés par des pluies tardives et leur arrêt précoce. Selon lui, cela complique le processus de production et la disponibilité des semences de base pour les multiplicateurs.

Pour pallier ce défi, M. Ndayirukiye a recommandé le renforcement des techniques d’irrigation afin de permettre la production de semences de base en quantité suffisante. Il a également relevé l’insuffisance des producteurs de semences dans certaines régions ainsi que le manque d’accompagnement pour qu’ils produisent plus et bon.

Concernant les engrais, le secteur agricole fait face à un problème de manque des engrais minéraux. Les responsables encouragent les agriculteurs à augmenter l’utilisation du fumier organique, tout en reconnaissant que les engrais minéraux restent nécessaires pour accroître la production.

Le président Ndayishimiye s’est interrogé sur la situation des engrais, notamment sur le fait que les agriculteurs éprouvent des difficultés à s’en procurer alors que certains engrais sont saisis au moment où ils sont destinés à être exportés clandestinement. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise gestion du secteur des engrais, rappelant que l’État subventionne ces produits à hauteur de plus 70 %.

Le chef de l’État a exhorté les responsables à mieux contrôler la distribution des engrais afin que les quantités attribuées correspondent aux besoins réels des agriculteurs. « Changez dès aujourd’hui. Je ne peux pas accepter qu’en 2040 le Burundi ressemble encore à celui de 2025. L’agriculture est le fondement du développement du pays », a martelé le président Ndayishimiye.

S’agissant des semences sélectionnées, le chef de l’État a appelé les responsables à consacrer davantage de superficies à leur production et à leur multiplication. Le président Ndayishimiye a insisté également sur la nécessité de mieux organiser l’utilisation des terres. Il a demandé la mise en place d’un schéma directeur du territoire permettant de déterminer les espaces réservés à l’agriculture, à l’habitat et aux différents projets de développement. Il a recommandé aux responsables fonciers de mieux organiser les terres et de conclure des partenariats avec les investisseurs afin de mettre en valeur les espaces disponibles et d’augmenter la production agricole.

Le chef de l’État a par ailleurs demandé aux responsables agricoles de travailler davantage avec le secteur privé afin d’accroître la production et de développer les chaînes de transformation. Il a, à cet effet, signalé qu’il y a les investisseurs iraniens qui ont récemment exprimé leur intérêt pour l’exploitation de 300 hectares destinés à augmenter la production de riz au Burundi.

Vue partielle des participants

Le président Ndayishimiye souhaite également l’intensification des recherches sur la culture du bananier afin d’augmenter son rendement. Il a déploré que certains agriculteurs continuent à obtenir seulement trois ou quatre rangées de bananes alors que le potentiel de production pourrait être beaucoup plus élevé, jusqu’à 15 ou 18 rangées. Il a souhaité que, dans les cinq prochaines années, chaque ménage puisse produire des bananes donnant plus de douze rangées.

Le président de la République a aussi demandé au ministère ayant l’agriculture dans ses attributions de développer davantage les cultures fruitières, notamment l’avocat et la mangue.

Concernant l’avocat, le chef de l’Etat a appelé ces responsables à renforcer l’accompagnement technique des agriculteurs dans la plantation et l’entretien des avocats, car a-t-il signalé, il souhaite qu’au moins chaque ménage ait au moins trois millions de BIF issus des avocats.

S’agissant de la mangue, le chef de l’État a cité l’exemple de l’ancienne province de Cibitoke, où cette culture est déjà développée. Il a estimé qu’une meilleure organisation de cette culture pourrait permettre l’accroissement de la production, un approvisionnement adéquat du marché national et une transformation industrielle. Il a indiqué qu’un investisseur étranger lui avait partagé son intention de construire une usine de transformation de mangues, mais que cette initiative nécessite une production suffisante de fruits.

Enfin, le président Ndayishimiye a demandé au ministère en charge de l’agriculture d’accorder une attention particulière aux cultures fourragères destinées à l’alimentation du bétail pour accroître la productivité, citant notamment la luzerne et l’azolla.  Avant de terminer, il a appelé les responsables du secteur agricole à avoir une vision à long terme et à assurer la continuité des réalisations déjà engagées, soulignant que les nouveaux responsables ne devraient pas détruire les acquis de leurs prédécesseurs.