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Investir dans l’éducation des filles contribue à réduire la pauvreté et briser les inégalités

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Sep 28, 2026
Photo des filles bénéficiaires du programme Éduquer Linda de l'école d'excellence Socle du savoir de Matongo dans la province Gitega

BUJUMBURA, 22 Sept. (ABP) – Soutenir l’éducation des filles est l’un des investissements les plus puissants pour réduire la pauvreté, stimuler l’économie et briser les inégalités. Ce sont les propos de la directrice de l’autonomisation de la femme et de la promotion de la fille Anne – Marie Nkeshimana, lors d’une interview accordée à l’ABP  jeudi le 13 août 2026 à Bujumbura.

Selon elle, l’instruction des filles retarde les mariages précoces et diminue les risques de grossesse précoce. C’est à dire qu’elle joue un grand rôle pour la santé et le bienêtre. Une fille éduquée transforme non seulement sa vie, mais aussi l’avenir de sa famille, de sa communauté et de sa nation.  Elle devient une femme autonome qui peut faire des choix clairs, et de façons contribuées de manière significative à la société et susciter des changements positifs. A- t- elle expliqué.

Les  filles bénéficiaires du programme « Éduquer Linda »   dont Iteriteka Beilla et Dushime Achille de l’école d’excellence Socle du savoir de Matongo dans la province Gitega témoignent. « Le programme Éduquer Linda qui est une initiative conjointe de la fondation Merck et de la fondation Bonne Action Umugiraneza dirigée par la première Dame Angeline Ndayishimiye nous offre un accompagnement financier et du matériel pédagogique et des produits d’hygiène pour nous encourager. Nous avons eu la chance de fréquenter l’école d’excellence  étant des enfants issus des familles démunies. Dans l’avenir, ces dernières  espèrent devenir des femmes leaders, autonomes qui vont aider à leur tour des enfants issus des milieux défavorisés. Elles remercient les initiateurs de ce programme. »

Le directeur de l’école Socle du savoir de Matongo Subhan  Ndenzako a lui aussi salué les bienfaits du programme Éduquer Linda. Il a rappelé qu’au paravent, les familles démunies envoient seulement les garçons à l’école et les filles restent à la maison pour s’occuper des travaux champêtres et ménagers.

Ces filles non scolarisés étaient pour la plupart des cas incités à faire des mariages précoces.  Pour le moment, il se réjouit du fait que les parents commencent à comprendre les avantages liés à l’envoi des filles à l’école. Il a affirmé qu’à cette école dont il est responsable, ce sont les filles qui sont nombreuses par rapport aux garçons et occupent les premières places lors des résultats scolaires. Les filles abordent filières des sciences et technologies sans problème.

Selon les données fournies par l’Institut national de la statistique du Burundi (INSBU)  et le ministère de l’éducation nationale, les filles représentent environ 50 % des effectifs globaux, affichant un taux brut de scolarisation au primaire qui dépasse les 100% grâce à l’instauration de la gratuité scolaire. Dans le 1er cycle du secondaire, la part des filles atteint même 52% contre 43% pour les garçons.

Dans l’enseignement supérieur, la partie diminue nettement à ce niveau. Les filles représentent plus que près de 40% des étudiants inscrits (publics et privés confondus), soit un taux de scolarisation de 5% contre 7% chez les hommes.

S’agissant des défis, l’INSBU indique que bien que l’accès initial en première année soit équitable, le maintien des filles tout au long du cursus reste un problème. Seules 33,8% des filles parviennent à achever le 1er cycle de l’enseignement secondaire.

Ce décrochage est principalement lié à la pauvreté des ménages, aux grossesses précoces ainsi qu’aux barrières d’hygiène menstruelle en milieu scolaire.