MUKAZA, 8 oct (ABP) – Le Burundi renforce sa surveillance épidémiologique et ses capacités de préparation face à une éventuelle épidémie d’Ebola, alors que 52 alertes ont été notifiées dans plusieurs districts du pays, a indiqué le jeudi 8 octobre 2026, le ministre de la Santé publique, Dr Fidèle Nkezabahizi, lors d’une réunion conjointe entre le Gouvernement du Burundi et l’équipe de pays des Nations unies consacrée à la situation humanitaire.
Selon Dr. Nkezabahizi, les districts de Mutimbuzi et de Giteranyi ont enregistré respectivement 16 et 25 alertes. A Giteranyi, certaines alertes seraient liées à des situations provenant notamment du Kenya et de l’Ouganda. Le district de Rumonge a enregistré 5 alertes. Sur les 52 alertes notifiées, 41 ont été validées et toutes les analyses effectuées se sont révélées négatives.
« Tous ces cas ont été testés négatifs, ce qui est positif pour le Burundi, mais cela ne doit pas nous dire que nous devons croiser les bras », a-t-il déclaré, appelant à maintenir et à renforcer la surveillance épidémiologique afin de détecter rapidement tout éventuel cas.

Par ailleurs, a-t-il poursuivi, le Burundi a élaboré, avec l’appui de ses partenaires de développement et de différents ministères sectoriels, un plan de préparation et de contingence structuré autour de 10 piliers regroupés en trois axes. Il couvre notamment la surveillance épidémiologique, la surveillance aux points d’entrée, les capacités des laboratoires, la prévention et le contrôle des infections, la prise en charge des cas, la communication, la logistique, la continuité des services et la recherche opérationnelle.
Il a ajouté que le budget global de ce plan est estimé à 37,6 milliards de francs burundais, soit environ 1,5 million de dollars américains. La prise en charge des cas représente 16 % du budget, suivie de la prévention et du contrôle des infections avec 14 %, de la logistique avec 13 %, de la surveillance et de la continuité des services avec 11 % chacune, et de la communication avec 10 %.
Sur le financement, le ministre a indiqué qu’environ 21 milliards de francs burundais avaient déjà été mobilisés, laissant un déficit d’environ 17 milliards de francs burundais. Les ressources mobilisées proviennent notamment du Pandemic Fund, du Fonds mondial, de la Banque mondiale, de l’OSERF et de la Mastercard Foundation.
Le ministre de la santé publique a cependant souligné que le financement reste un défi, mais que l’utilisation des ressources déjà disponibles constitue également un enjeu. « On a mobilisé des fonds, il y a des activités qui ne sont pas encore réalisées et on voit que le taux d’exécution est très petit », a-t-il expliqué.
Les autorités sanitaires et leurs partenaires prévoient ainsi de poursuivre les réunions de coordination pour suivre la mobilisation des ressources et l’exécution des activités prévues.
Il sied de rappeler que, malgré l’absence de cas confirmé parmi les alertes enregistrées, le ministère appelle à maintenir la vigilance et à renforcer les capacités nationales afin de permettre au Burundi de réagir rapidement face à une éventuelle menace d’Ebola.

