GITEGA, 14 oct (ABP) – Les habitants des quartiers Rango, Shatanya et Musinzira, dans la ville de Gitega (capitale politique et centre du Burundi), disposent d’un délai de trois mois, du 13 octobre 2026 au 13 janvier 2027, pour verser leurs contributions destinées à l’aménagement des routes de leurs quartiers.
Cette annonce a été faite mardi le 13 octobre 2026 par le gouverneur de la province Gitega, Liboire Bigirimana, lors d’une réunion tenue à l’intention des propriétaires de parcelles situées dans les quartiers concernés, en présence de l’administrateur communal de Gitega Dr Jacques Nduwimana et de la vice-présidente du Conseil communal, Marie Louise Hatungimana.
L’objectif de cette réunion était d’expliquer aux participants les dispositions de décret n°100/126 du 18 septembre 2026 portant viabilisation par intégration et restructuration des quartiers spontanés.

Le gouverneur Bigirimana a rassuré les habitants qui avaient déjà versé des contributions pour le pavage des routes dans les quartiers Shatanya et Rango, dans le cadre de précédents projets qui n’avaient pas abouti, que les fonds collectés n’avaient pas été perdus et qu’ils seraient affectés aux travaux envisagés.
Selon lui, chaque propriétaire de parcelle touchant sur la route contribuera en fonction de la longueur de sa parcelle. Les habitants de chaque quartier, a-t-il précisé, s’organiseront pour collecter les fonds et choisir eux-mêmes une banque ou une microfinance où ils seront déposés. Ils désigneront également les personnes chargées de suivre la gestion de ces fonds sur le compte ouvert à cet effet.
Le gouverneur a, par ailleurs, annoncé que les techniciens de l’Office burundais de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction (OBUHA) commencent, dès ce mercredi 14 octobre 2026, à mesurer les parcelles dans les quartiers concernés, afin de déterminer la contribution de chaque propriétaire.
Il a fait savoir que le gouvernement apportera également sa contribution, notamment pour la construction des caniveaux et la réalisation d’autres infrastructures nécessaires. Il a également signalé que l’État se chargera des frais nécessaires pour les infrastructures publiques touchant sur ces routes.
Concernant le délai de paiement, M. Bigirimana a averti que toute personne qui ne se sera pas acquittée de sa contribution avant le 13 janvier 2027 s’exposera à des sanctions, conformément à l’article 48 du décret précité. Il a souligné que le non-respect de cette obligation serait considéré comme un comportement freinant le développement.
Les participants ont toutefois demandé que les habitants dont les parcelles ne soient pas directement situées le long des routes concernées, mais qui résident dans les mêmes quartiers, puissent également contribuer, estimant que les routes constituent une voie publique profitée par tout le monde.
En réponse, le gouverneur a expliqué que l’obligation prévue par la réglementation concerne en premier lieu les propriétaires dont les parcelles sont situées le long des routes à aménager. Les autres habitants, selon lui, seront sollicités par les autorités administratives pour contribuer, mais sans que cela constitue une obligation légale. Il a également fait remarquer que ces routes seront empruntées par des personnes venant d’autres provinces, lesquelles ne seront pas tenues de payer pour leur utilisation.
Lors de ces échanges, on a également soulevé les difficultés que rencontrent certains habitants ayant déjà payé leurs contributions pour les travaux routiers, mais qui ne disposent que de reçus sans bordereaux de versement, un défi qui a été confirmé par le Directeur provincial ayant les infrastructures dans ses attributions.
À ce sujet, le gouverneur a conseillé aux personnes concernées de se rendre dans les banques où elles avaient effectué les paiements afin de demander l’historique des transactions. Ce document permettra, selon lui, de vérifier les versements effectués et d’éviter que les contributeurs concernés soient lésés.
Les habitants présents à la réunion ont favorablement accueilli le projet et ont exprimé leur volonté de contribuer à sa réalisation. Certains intervenants ont même demandé que les travaux commencent en priorité dans leurs quartiers, affirmant être prêts à payer leurs contributions. Ils ont également plaidé pour que les routes les plus dégradées soient aménagées en premier.
En réponse à cette demande, le gouverneur de de la province de Gitega a assuré que les habitants qui auront mobilisé leurs contributions en premier seront également prioritaires pour le démarrage des travaux. Il a précisé que ceux qui avaient déjà versé de l’argent ne devront payer que le complément nécessaire à leur contribution.
Il convient de signaler que ce programme d’aménagement et de réorganisation des quartiers s’inscrit dans la vision nationale du Burundi, qui ambitionne de devenir un pays émergent à l’horizon 2040 et un pays développé en 2060.

