NTAHANGWA, 7 mai (ABP) – La Banque de la République du Burundi (BRB) a organisé le mercredi le 6 mai 2026, à Bujumbura, une session d’échanges avec les journalistes, sur un nouveau système de paiement instantané « BurundiPay », officiellement lancé par la Banque de la République du Burundi, le 23 avril 2026.
Le directeur des systèmes de paiement à la BRB, Libère Nduwimana a indiqué que BurundiPay constitue une innovation facilitant les échanges d’argent de manière numérique. Selon lui, cette solution représente une avancée importante dans les services financiers et a été agréée puis régulée par la BRB.
Il a clarifié que BurundiPay offre des services simples, rapides et sécurisés notamment le transfert d’argent entre particuliers « Person to Person (P2P), » paiement des marchands « Person to Business (P2B), » les virements, les retraits d’argent, ainsi que le paiement de factures (eau, électricité, internet…).
Selon lui, l’intégration des institutions financières dans ce système, permettra aux clientèles d’effectuer les transactions et des virements sans recourir à l’argent liquide.
Concernant l’opérationnalisation de ce système, M. Nduwimana a indiqué que, en ce qui concerne les banques, certaines comme l’Interbank, la Finbank et la BCAB ont déjà intégré BurundiPay. Les clients de ces banques peuvent envoyer ou recevoir de l’argent via leurs comptes mobiles ou leurs comptes bancaires. Il a ajouté que d’autres banques sont en train de finaliser les tests d’intégration au système. Dans le secteur de la microfinance, huit institutions de microfinance ont déjà rejoint BurundiPay, a-t-il indiqué.

Profitant de l’occasion, M. Nduwimana a appelé la population à conserver son argent dans les institutions financières, dans les répertoires mobiles, afin de limiter les risques liés aux pertes (incendies, inondations,…). A l’endroit des banques, des institutions de microfinance et des établissements de paiement, il a recommandé la mobilisation de plus davantage de ressources pour accélérer l’intégration de BurundiPay, afin de faciliter les transactions quotidiennes grâce à la monnaie électronique.
Il a tenu à rassurer les super-agents et agents commerciaux des banques et institutions financières réparties à travers le pays. Le BurundiPay ne supprimera pas leurs emplois. Au contraire, il a fait savoir que ces institutions pourront recruter plus de personnel pour promouvoir les services liés à cette nouvelle technologie.
Nduwimana a, par ailleurs, souligné que l’intégration des banques, des institutions de paiement et celles de microfinance devrait être achevée dans un délai ne dépassant pas six mois, soit au plus tard le 5 septembre de cette année.
Lors de cette séance d’échange, Amédée Kwizerimana, chargé des services de surveillance des systèmes de paiement à la BRB, a indiqué, dans son exposé, que les objectifs clés du BurundiPay consistent à moderniser le paiement au Burundi et assurer l’interopérabilité entre les institutions financières du Burundi.
Pour lui, ce système ne génère plus davantage. En premier lieu, il permet de réduire les coûts de transaction, soutenir l’économie numérique et renforcer la sécurité financière. En second lieu, il constitue également une solution efficace pour réduire l’utilisation excessive du cash et limiter les déplacements avec de l’argent liquide. En troisième lieu, M. Kwizerimana a précisé que ce système favorise l’interopérabilité entre les banques, les institutions de microfinance et tous les acteurs du secteur de paiement.
Grâce à cette nouvelle innovation, les transactions et les services de paiement deviennent simples, rapides et sécurisés, a-t-il précisé.
Toutefois, il a reconnu certains défis majeurs auxquels le système devra faire face. Ces défis sont liés à l’usage excessif du cash, aux coûts des transactions perçus comme élevés, à la faible interopérabilité des systèmes existants ainsi qu’à la faible couverture de l’internet dans certaines régions du pays, a-t-il expliqué.

