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ABP - Agence Burundaise de Presse

Grenier de l'information au Burundi

Les sénateurs préoccupés par des réfugiés congolais sortant illégalement des camps et affichant des comportements indignes

ByAdministrateur

Mai 11, 2026
Le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et du développement communautaire, Léonidas Ndaruzaniye

GITEGA, 8 mai (ABP) – Les sénateurs réunis en séance plénière, mardi le 6 mai 2026, ont fait part au ministre de l’Intérieur, de la sécurité publique et du développement communautaire, Léonidas Ndaruzaniye, de leurs inquiétudes concernant les réfugiés congolais qui quitteraient les camps sans autorisation, se mêleraient à la population burundaise, détruiraient l’environnement et afficheraient des comportements jugés contraires aux valeurs burundaises, a appris l’ABP sur place.

Les sénateurs ont indiqué que cette situation concerne les réfugiés congolais vivant dans les camps de Busuma, Kavumu et Bwagiriza, dans la province de Buhumuza, ainsi que ceux du site de Musenyi dans la province de Burunga. Ils ont voulu savoir si ces situations ne risquaient pas de constituer une source d’insécurité susceptible de troubler la quiétude de la population.

En réponse à cette préoccupation, le ministre Ndaruzaniye a indiqué que des informations relatives à ces faits avaient récemment circulé sur les réseaux sociaux.

Il a précisé qu’après avoir été informé de ces allégations, le ministère en charge de l’intérieur avait dépêché, du 13 au 15 avril 2026, deux officiers de police dans les camps situés dans la province de Buhumuza  afin de vérifier ces informations en interrogeant les réfugiés.

Vue partielle des sénateurs

Selon le ministre Ndaruzaniye, le rapport établi a conclu qu’il s’agissait essentiellement de rumeurs. Toutefois, des informations recueillies ont révélé que certains réfugiés tentaient de retourner clandestinement dans leur pays d’origine et cherchaient l’appui des Burundais vivant aux alentours des camps ou d’anciens réfugiés des camps de Bwagiriza et Nyankanda pour faciliter leur départ. D’après lui, ce sont ces personnes qui se mêlaient à la population et adoptaient des comportements inappropriés pour manifester leur mécontentement.

Le ministre ayant la sécurité publique dans ses attributions a ajouté que les itinéraires empruntés par ces réfugiés ont été identifiés et que la police poursuit les opérations de surveillance.

Concernant la question de la destruction de l’environnement, le ministre Ndaruzaniye a reconnu cette situation. Il a expliqué que, dans les premiers jours, certains réfugiés sortaient des camps à la recherche de bois de chauffage, mais que des mesures ont ensuite été prises afin d’éradiquer ces pratiques.

Il a également indiqué que les postes de police ont été renforcés afin de limiter les mouvements de va-et-vient des réfugiés. Selon lui, nul n’est censé ignorer la loi, raison pour laquelle les forces de l’ordre ont été instruites de veiller strictement à son application.

Pour mieux maîtriser cette situation, le ministre Ndaruzaniye a estimé que le rapatriement volontaire constitue une solution durable au problème des réfugiés. Il a rappelé qu’après la réouverture de la frontière de Gatumba, une réunion avait été organisée avec les représentants du HCR afin de lancer le processus de rapatriement volontaire. Le premier convoi de retour des réfugiés congolais installés à Busuma, en commune de Ruyigi, a ainsi été organisé. 461 réfugiés ont été rapatriés le 23 avril 2026, 990 autres le 30 avril 2026. Le ministre Ndaruzaniye  a précisé que plus de 20 000 réfugiés congolais sont déjà inscrits pour le rapatriement volontaire, qui se fera progressivement.