BUJUMBURA, 12 août (ABP) – La deuxième journée de la 5ème édition du dialogue continental africain a été marquée, mardi le 11 août à Bujumbura, par quatre sessions thématiques parallèles. Celles-ci étaient axées sur la contribution des jeunes et femmes à la consolidation de la paix et de la sécurité en Afrique, à travers notamment la campagne « Faire taire les armes », la Charte africaine de la jeunesse, la sécurité de l’eau et le leadership des jeunes femmes dans les négociations de paix.
La première Dame du Burundi, Angeline Ndayishimiye avait rehaussé de sa présence ces activités qui se sont déroulées simultanément au Donatus Conference Center et à l’Hôtel Club du Lac Tanganyika.
Prenant part à la session consacrée au leadership des jeunes femmes dans les négociations de paix et à l’accès à la justice, la Première Dame du Burundi a souligné qu’aucune paix durable ne peut être construite sans la participation pleine et effective des femmes.
Elle a fait savoir que les femmes ont longtemps été tenues à l’écart des processus de paix, alors qu’elles subissent de manière disproportionnée les conséquences des conflits. Selon elle, la participation des jeunes femmes aux négociations de paix « n’est ni une faveur ni un privilège », mais constitue à la fois un droit et une nécessité. D’après elle, les expériences à travers le monde démontrent que les accords de paix auxquels les femmes participent sont plus inclusifs, durables et efficaces.
Pour y parvenir, elle a jugé nécessaire de lever les obstacles qui limitent encore l’accès des femmes aux espaces de décision, de renforcer leurs capacités en leadership et en médiation et de promouvoir un accompagnement fondé sur le mentorat et le partage d’expériences.
Angeline Ndayishimiye a également souligné qu’il ne peut y avoir de paix durable sans un accès équitable à la justice, appelant les Etats, les institutions régionales et les différents partenaires à renforcer des systèmes judiciaires inclusifs, capables de protéger les droits des femmes et des filles. Elle a appelé les femmes à saisir l’opportunité offerte par ce dialogue continental pour faire entendre leurs voix, partager leurs expériences et formuler des recommandations ambitieuses.
La première Dame du Burundi a également rappelé que les femmes ont la responsabilité collective de transformer leurs propositions en actions concrètes au service d’une Afrique plus pacifique, plus juste et plus inclusive.
Elle a indiqué que le Burundi, sous le leadership du président Evariste Ndayishimiye, reste engagé à soutenir les agendas « Femmes, Paix et Sécurité » et « Jeunesse, Paix et Sécurité », convaincu qu’ils constituent des piliers essentiels de la paix et du développement durable sur le continent.

S’agissant de la session consacrée à la Conférence créative des jeunes (YCC) 2.0 sous le thème « Faire taire les armes », le ministre des Affaires étrangères, de l’intégration régionale et de la Coopération au développement, Edouard Bizimana, a souligné l’importance de l’implication des jeunes dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix en Afrique. Il a indiqué que, pour réellement faire taire les armes, il est d’abord important d’identifier les véritables causes des conflits, aussi bien ceux du passé que ceux qui persistent actuellement.
Il a rappelé que la paix est une responsabilité partagée et que son édification exige la mobilisation de toutes les forces de la nation et du continent, notamment les jeunes et les femmes qui constituent la grande majorité de la population africaine.
Le ministre Bizimana a relevé que le continent africain regorge de nombreuses potentialités et d’immenses ressources naturelles, rappelant que certains Etats ont été qualifiés de « scandales géologiques ».
Pourtant, il a déploré que ce potentiel continue d’être entravé par les conflits armés, le terrorisme, l’extrémisme violent, le trafic transfrontalier, les crises humanitaires et d’autres formes d’insécurité qui ralentissent la marche de l’Afrique vers le développement.
Prenant l’exemple de la crise sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo, le ministre Bizimana a indiqué que cette situation fait de nombreuses victimes et que le Burundi en subit également les conséquences, en raison de la proximité entre les deux pays, séparés par le lac Tanganyika.

Il a également évoqué les conflits qui persistent dans d’autres pays africains, notamment les deux Soudan, la République Centrafricaine, le Sahel, la Libye et la Somalie, estimant que ces situations appellent à un sursaut patriotique.
Selon lui, l’Afrique ne peut avancer dans un tel contexte. Il a ainsi appelé à un changement de paradigme et à la promotion d’une image positive de l’Afrique. Pour mettre fin à ces crises, il a insisté sur le rôle important que les jeunes et les femmes doivent jouer dans la recherche de solutions et la construction d’une paix durable en Afrique.

