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La décentralisation, un des thèmes qui a retenu l’attention du gouvernement au cours de la retraite gouvernementale du 4 au 5 janvier 2022

ByAdministrateur

Jan 11, 2022

BUJUMBURA, 10 jan (ABP) – Dans le cadre de la poursuite et de la clôture de la retraite gouvernementale tenue du 03 au 05 novembre 2021 au palais présidentiel de Gitega, il s’est tenu en date du 04 au 05 janvier 2022 à Bujumbura, au palais présidentiel Ntare Rushatsi House, une retraite gouvernementale sous la présidence du chef de l’Etat M. Evariste Ndayishimiye.

Deux thèmes phares étaient inscrits à l’ordre du jour, à savoir : la décentralisation budgétaire au Burundi et la digitalisation de la collecte des recettes publiques, selon un communiqué du secrétariat général du gouvernement.

S’agissant de la décentralisation, le président de la République a rappelé qu’il faut à tout prix la rendre effective. En plus des Communes (Collectivités locales), il y a aussi les entités décentralisées des ministères, les établissements publics à caractère administratif, les administrations personnalisées de l’Etat, les Autres services publics, etc.

Chaque fonctionnaire doit être responsable et s’engager à faire quelque chose. C’est pourquoi ces deux thèmes ont été suivis par la présentation du code d’éthique et de déontologie pour la Fonction publique burundaise.

Vue de profil des membres du gouvernement en retraite gouvernementale

En effet, le salaire que reçoit un fonctionnaire est une contre – partie du travail fait. Il en est de même du fournisseur qui profite du marché de l’Etat et qui gagne de l’argent.

Il doit, en contrepartie, faire quelque chose pour le pays, d’où aussi un thème concernant le code de conduite pour les fournisseurs a été présenté. Tous ces thèmes se complètent et concourent à la bonne gouvernance et à la bonne gestion de la chose publique.

Après cette introduction, M. Ndayishimiye a invité le ministre de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique M. Gervais Ndirakobuca, à présenter le premier thème sur la décentralisation.

M. Ndirakobuca est revenu sur la définition de la décentralisation qui consiste en un transfert de pouvoir de l’Etat aux communes, en vue d’un développement local et communautaire. Il a rappelé aussi ce que vise le processus de décentralisation que sont le développement local et communautaire, la démocratie locale et la bonne gouvernance.

Il a mis en évidence la ferme volonté du gouvernement, d’asseoir une politique de développement centrée sur la valorisation du citoyen burundais en tant qu’acteur et premier bénéficiaire du progrès afin de faire de la commune une véritable porte d’entrée du développement.

Il a par la suite fait un aperçu global sur l’Etat des lieux de la décentralisation, en montrant les origines de la décentralisation, la base légale, la politique nationale de la décentralisation 1ère génération 2009 à 2018 et 2eme génération 2018 à 2027 et les 5 axes de convergence qui sont : le renforcement du cadre juridique institutionnel des acteurs de la décentralisation à tous les niveaux, l’efficacité des collectivités locales dans la promotion du développement économique local, la décentralisation fiscale et financière.

Dans la décentralisation fiscale et financière, la vision du gouvernement est que « à l’horizon 2027, la commune est autonome institutionnellement et financièrement viable, offre de manière durable des services de qualité, dans un environnement inclusif, attrayant et favorable à l’épanouissement économique et social, centrée sur la valorisation du citoyen ».

Comme défis, M. Ndirakobuca a souligné la problématique de la gestion des ressources humaines et financières notamment le manque d’expertise ou insuffisance du personnel qualifié et compétent, manque de moyens ; l’interaction entre différents ministères ; l’interaction entre les services.

La problématique de la tutelle des entités décentralisées et déconcentrées (débat sur la tutelle de l’autorité territoriale locale et/ou sectorielle), problématique de recrutement et  la question des budgets, la résistance et/ou réticence à la réforme (changement de mentalité), la fuite de responsabilité ou insuffisance de culture de responsabilité, le Cadre légal de la décentralisation toujours lacunaire, le conflit d’intérêt, entre l’intérêt général et l’intérêt particuliers, les disparités du personnel selon les provinces et les communes, le manque des fonctionnaires à redéployer pour certains ministères.

Comme piste de solutions, il a été recommandé d’améliorer le cadre légal de la décentralisation, prendre les mesures d’accompagnement pour renforcer la décentralisation et améliorer la carrière des ressources humaines, accélérer et finaliser le découpage administratif , digitaliser la carrière renforcer les capacités pour le personnel, manifester une volonté  politique tenace et sans faille redéployer et / ou reconvertir socialement et professionnellement le personnel pléthorique ou non exploitable, multiplier les infrastructures de travail là où il n’y en a pas, développer le sens de responsabilité et de la culture de la redevabilité, harmoniser les textes légaux relatifs à la décentralisation, pour ne citer que cela.