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L’ethnie ne tue pas, mais la mauvaise gouvernance tue

ByAdministrateur

Déc 12, 2022

BUJUMBURA, 8 déc (ABP) – « L’ethnie ne tue pas, ce sont des individus et la mauvaise gouvernance qui tuent », a indiqué à la presse, mercredi le 7 décembre 2022, le président de la Commission vérité et réconciliation (CVR), M. Pierre Claver Ndayicariye, en marge de la réunion d’information sur les missions, les réalisations et les perspectives de la CVR, à l’endroit des diplomates et des représentants des organisations internationales accrédités au Burundi.

« Nous rencontrons ces diplomates parce qu’ils sont en mission au Burundi, ils ont besoin de savoir le Burundi dans toutes ses facettes parce qu’ils parlent de l’économie, des différentes commissions en place, de la vie économique et communautaire quand ils font un rapport », a fait remarquer M. Ndayicariye.

Il a ajouté que la vérité que l’on cherche sur le passé douloureux du Burundi est un aspect important parce qu’il s’agit d’un mécanisme de justice transitionnelle qui gère le passé pour éclairer la population et

la communauté internationale qui était au Burundi en 1972-1973 dont certains diplomates ont même écrit sur ces années tragiques.

Selon l’ambassadeur Ndayicariye, les diplomates sont informés pour qu’ils comprennent l’histoire du Burundi, étant donné que personne n’a écrit sur les fosses communes et les tueries massives de 1972-1973. Il a souligné qu’à travers les activités confiées à la CVR, les auteurs encore en vie réalisent que leur vérité cachée sort des fosses communes, des archives, des témoignages des veuves et des orphelins.

                                                                                                 vue partielle des pafticipants

Selon toujours lui, si l’on cache la vérité sur la blessure du passé, il est impossible de construire la paix, l’unité et la cohésion communautaire car, a-t-il signifié, il n’y a pas de bâtiments solides qui soient érigés sur du sable mouvant (l’absence de vérité). M. Ndayicariye a indiqué qu’une vérité au service de la réconciliation se caractérise par le principe « pas de chasse à l’homme et pas de vengeance ». Un pays qui veut décoller vers la paix durable est un pays qui sait tirer les leçons de son passé violent, qui sait distinguer le tueur et l’innocent et qui sort de la globalisation, a souligné le président de la CVR.

Etant donné qu’il y a eu la spoliation des biens et des propriétés à certaines gens en 1972 et que les victimes méritent d’être réhabilitées, M. Ndayicariye a fait savoir que l’on ne peut pas aborder ce chantier lourd des biens pillés et spoliés sans toutefois connaître les victimes.

Le président de la CVR a, par ailleurs, profité de l’occasion pour révéler qu’à travers la loi qui est en révision, le travail antérieurement confié à la Commission nationale terres et autres biens (CNTB) va être prochainement attribué à la CVR.

Selon lui, les pouvoirs publics auraient constaté que la CVR détient une mine d’informations qui lui permettrait d’aborder cette question parce que, a-t-il signifié, les archives, les témoignages et les informations disponibles lui permettent de bâtir une démarche méthodologique pour faire rencontrer les gens qui ont été spoliés ou leurs familles et les personnes qui se seraient emparées des biens d’autrui.

Face à cette question, a-t-il ajouté, il faut utiliser une méthodologie qui ne fait pas peur, mais qui résout le problème et qui engage le dialogue entre le propriétaire illégitime et le propriétaire véritable. « C’est un travail de sagesse, d’enquête, d’écoute et qui nécessite une démarche de médiation, de réconciliation et de négociation entre l’occupant et ledit propriétaire légitime », a conclu le président de la CVR au cours de l’interview accordée à la presse.