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Les organisations syndicales plaident pour le dialogue afin vider la question liée à la gestion des cotisations syndicales

ByAdministrateur

Fév 9, 2023

BUJUMBURA, 8 fév ( ABP) – Les organisations syndicales du Burundi regroupées au sein de la confédération des syndicats du Burundi ( COSYBU ) présidé par M. Célestin Nsavyimana,  à savoir la confédération des syndicats libres du Burundi ( CSB ) présidé par Gilbert Nyawakira ,ainsi que les syndicats indépendants,  ont sorti mercredi le 8 février 2023 à Bujumbura, une déclaration pour s’exprimer à propos des mesures prises par le premier ministre de la République du Burundi, Gervais Ndirakobuca,  lors des descentes effectuées dans les différentes provinces du pays, visant à changer la manière dont les membres des syndicats donnent leurs cotisations.

Le président de la COSYBU, a rappelé que les mesures qu’ils ont entendues à travers les communications que le premier ministre a données sont entre autres la suspension d’ores et déjà des retenues à la source des cotisations syndicales des travailleurs syndiqués opérées par l’employeur au bénéfice des syndicats.  A travers les propos du premier ministre les retenues à la source des cotisations syndicales des travailleurs membres des syndicats sont considérées comme un vol perpétré par les syndicats à l’endroit de ces travailleurs et facilité par le gouvernement du Burundi. Par ailleurs, le premier ministre a mentionné que les personnes qui ne travaillent plus dans le secteur public ou ayant le statut de retraité ne doivent pas être considérées comme représentants des travailleurs ou des employeurs.

Pour le président de la COSYBU, la retenue à la source des cotisations syndicales des travailleurs syndiqués est un processus qui a été défini de commun accord entre les syndicats et le ministère ayant le travail dans ses attributions, en application de la convention numéro 135 de l’organisation internationale du travail ( OIT), relative aux facilités à accorder aux travailleurs, et une fiche d’engagement individuel a été confectionnée par le service de la gestion des traitements en collaboration avec les syndicats. Selon  M.Nsavyimana, suspendre la retenue à la source des cotisations des travailleurs syndiqués met en cause ladite convention et viole même la convention numéro 98 sur le droit d’organisation et de négociations collectives et la convention numéro 144 sur les consultations tripartites relatives aux normes internationales du travail.

Le président de la COSYBU n’a pas manqué de signaler que concernant les représentants syndicaux qui ne travaillent plus dans l’administration publique ou ayant le statut de retraité, le code du travail du Burundi, en son article 595 alinéa 4 stipule que : «  les membres chargés de l’administration et de la direction d’un syndicat doivent exercer ou avoir exercé la profession ou le métier ». Quant à la qualification des retenues à la source des cotisations syndicales des travailleurs comme un vol perpétré par les syndicats à l’endroit des travailleurs, il a signalé que tout adhérant à une organisation syndicale doit signer une fiche pour manifester sa volonté et sa liberté à adhérer dans une organisation de son choix, ainsi que le montant qu’il cotise mensuellement.

Néanmoins, les responsables syndicaux reconnaissent des plaintes de certains travailleurs en rapport avec les retenues opérées sur leurs salaires comme cotisations syndicales, alors qu’ils n’ont jamais signé un quelconque acte d’engagement pour telle ou telle organisation syndicale. Il y a aussi des travailleurs qui cotisent involontairement dans deux syndicats. Pour cette problématique, selon le président de la COSYBU,  les représentants des syndicats l’ont signalée au ministère ayant le travail dans ses attributions et attendent l’organisation d’un dialogue pour la gestion commune de cette question.

Les confédérations et fédérations des syndicats, ainsi que les syndicats indépendants du Burundi à travers cette déclaration ont profité de l’occasion pour demander au président du comité national de dialogue social ( CNDS ), M. Sylvestre Ntibantunganya, de s’investir pour faire asseoir le dialogue social entre le gouvernement du Burundi et les représentants des travailleurs afin de pouvoir vider la question liée aux cotisations syndicales et autres doléances des travailleurs régulièrement soulevées par leurs syndicats.