• lun. Mai 25th, 2026

ABP - Agence Burundaise de Presse

Grenier de l'information au Burundi

Les musiciens burundais appelés à adopter une identité culturelle nationale

ByAdministrateur

Mar 3, 2025
Cédric Bangirinama, président de la coopérative des musiciens du Burundi

BUJUMBURA, 28 féb (ABP) – « La musique burundaise a perdu son originalité et son identité culturelle depuis l’avènement des artistes musiciens de la nouvelle génération, et cela met en danger la culture burundaise ». Ce sont les propos de Mbazumutima Bangirinama Libert Cédric (Cédric Bangy), artiste et président de la coopérative des musiciens du Burundi, lors d’une interview accordée à l’ABP le jeudi 27 février 2025.

Selon Bangirimana, la musique est liée profondément à la culture burundaise car a-t-il indiqué, depuis des années la population Burundaise employait des chants dans tous les évènements de la vie quotidienne. Il a par ailleurs souligné que l’on ne peut pas parler de la culture burundaise sans parler de la musique, car dans la culture burundaise, les chants occupent une place importante.

L’artiste Bangirimana a en outre signalé que la musique burundaise a sa propre identité ; son originalité ; ses accents, et son intonation, centrés surtout sur la voix concentrée au niveau de l’orifice nasal et dans la gorge au niveau des cordes vocales, contrairement à la musique étrangère (occidentale) où la voix sort du ventre, ajoutant que la musique burundaise trouve aussi son originalité dans la langue (Kirundi).

Bangirinama a fait remarquer que depuis l’avènement des artistes musiciens de la nouvelle génération, la musique burundaise a perdu son identité car, indique-t-il, les artistes émergents ne veulent plus emboiter le pas de leurs ainées. Selon lui, ces artistes ont grandi sous l’influence des chansons américaines ; kényanes ; tanzaniennes et rwandaises, et veulent les copier mais en vain, pensant que ces derniers sont meilleurs que les chansons burundaises.

Il leur a signalé qu’ils se trompent, que par contre la musique burundaise est particulière, car dans les compétitions sur les scènes internationales, les artistes burundais remportent des trophées à plusieurs reprises grâce à la particularité de leur musique.

Il a aussi fait savoir que certains de ces artistes méprisent le Kirundi et préfèrent chanter dans d’autres langues, soulignant que même lors des émissions, les artistes burundaises mélangent les langues pensant que c’est là où ils vont être considérés comme des stars et acquérir par après une grande célébrité.

« Qu’ils chantent ou parlent comme des américains ou haïtiens, dès qu’ils n’ont pas encore mis le cachet culturel burundais, leurs chansons n’arriveront nulle part », déclare Bangirinama, ajoutant que l’on ne peut pas battre en compétition un étranger quand on a imité son style et ses techniques. C’est ainsi qu’il leur a conseillé de s’inspirer de la chanteuse burundaise Khadja Nin, la seule star burundaise selon lui qui a réussi à briller sur la scène internationale grâce à la particularité de sa musique, 100% burundaise.

L’artiste Bangirimana a conseillé toute personne œuvrant dans l’industrie musicale burundaise d’être animée par l’esprit du patriotisme et de faire des recherches sur les exigences pour que la musique soit appelée burundaise. Il leur a aussi rappelé d’approcher les anciens musiciens encore vivants pour y puiser des connaissances, dans le but de regagner l’originalité et l’identité de la musique propre au Burundi.

D’après lui, les anciennes chansons et les clubs culturels pourront aussi servir d’inspiration à ces jeunes artistes. Selon lui, apparaître comme burundais valoriserait les artistes burundais plus que quand ils apparaîtraient sous l’image étrangère.