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Ouverture solennelle de la rentrée judiciaire 2025-2026

ByAdministrateur

Oct 1, 2025
Le chef de l'Etat prodiguant des conseils au corps judiciaire

NTAHANGWA, 26 sept (ABP) – Le président de la République du Burundi et magistrat suprême, Evariste Ndayishimiye a lancé officiellement, le vendredi 26 septembre 2025, au palais de l’Assemblée nationale à Kigobe, l’année judiciaire 2025-2026, sous le thème : « Une justice indépendante, fondée sur des procès bien tranchés et exécutés dans les délais, contribuera à l’atteinte de la vision du Burundi ».

Lors de ces cérémonies, le procureur général de la République, Léonard Manirakiza a indiqué que le thème choisi pour cette année judiciaire vient à point nommé car, a-t-il fait savoir, il correspond à la vision du Burundi, pays émergent en 2040 et développé en 2060.

Le procureur général Manirakiza a, en outre, indiqué que pour l’atteinte de la vision du pays, le ministère public doit veiller à ce que le corps judiciaire ne reste pas en arrière dans le développement et ne soit pas un obstacle, mais qu’il contribue au progrès en tranchant correctement les procès avec rapidité, et en les exécutant dans les brefs délais.

Il a cité plusieurs obstacles qui retardent les procès, entre autres, des magistrats qui rendent des jugements injustes, des dossiers mal rédigés, ou encore des perdants qui font des recours sans raison valable. Sur ce point, Manirakiza a signalé que si la population consacre trop de temps aux procès, cela retarde le développement du pays et celui des familles car, a-t-il signifié, ce temps devrait être utilisé pour l’auto-développement et le progrès national. Il a ajouté que lancer un procès exige beaucoup de moyens, et que parfois des justiciables dépensent plus qu’ils ne réclament, ce qui constitue une perte.

Manirakiza a demandé aux magistrats d’appliquer la loi en obligeant le perdant à payer les frais du gagnant du procès. Il a, aussi, dénoncé ceux qui refusent de se présenter à la première convocation et attendent la troisième, ce qui est, selon lui, punissable par le Code pénal.

Le procureur général de la République a exhorté les Burundais à éviter les procès inutiles et non bénéfiques, afin que la vérité s’impose et que chacun vive du fruit de son travail. Il a demandé aux magistrats et aux procureurs de suivre le thème de l’année, en tranchant les procès de manière juste et rapide, et en faisant des enquêtes pour établir la vérité.

Vue partielle des participants

Parlant des réalisations de l’année judiciaire précédente, le procureur général de la République a indiqué que les résultats obtenus sont satisfaisants, même si des défis persistent. Selon lui, au sein du ministère public, 19 549 dossiers sur 27 221 ont été clôturés, soit 72 %. Toujours d’après lui, les inspections des cachots à travers le pays ont permis la libération partielle de 7 509 détenus dont les dossiers n’avaient pas atteint les tribunaux.

Il a aussi rappelé par le décret présidentiel n°100/136 du 30 octobre 2024 portant grâce présidentielle, le président de la République avait lancé la campagne à la prison centrale de Muramvya, où 5 482 détenus ont été libérés. Les prisons du pays ont, ensuite, été inspectées, et les listes des bénéficiaires de cette grâce présidentielles ont établies, comme à la prison centrale de Mpimba en juillet 2025, où 106 prisonniers ont été également libérés. Pour ceux qui ne sont pas encore concernés, a-t-il ajouté, les listes sont en cours d’élaboration.

Malgré ces avancées, le procureur général Manirakiza a relevé plusieurs défis: le manque de personnel, des matériels et véhicules vétustes, ainsi que des comportements répréhensibles de certains magistrats, sanctionnés en conséquence.  Il a également cité les délits les plus fréquents au cours de l’année écoulée : vol qualifié, accidents routiers, escroquerie, fabrication de faux documents, viols, violences conjugales, traite des êtres humains, entre autres. Pour y remédier, il a annoncé que le corps judiciaire tiendra des séances afin d’étudier les causes de ces délits et proposer des solutions.

Pour cette nouvelle année judiciaire, le procureur général a exhorté les magistrats à travailler avec assiduité afin de dépasser les résultats précédents, rappelant que le rôle du corps judiciaire dans le développement du pays est irremplaçable.

À son tour, le président de la Cour suprême, Gamaliel Nkurunziza a déploré que de nombreux juges et magistrats compétents quittent leurs postes pour d’autres secteurs, à cause du salaire jugé insuffisant. Selon lui, il s’agit d’une grande perte pour la justice, et certains recourent à la corruption pour la même raison. Il a demandé à l’État de trouver une solution à ce défi qui affaiblit le secteur.

Concernant le rôle de la justice dans l’atteinte de la vision, Nkurunziza a souligné qu’un procès bien et rapidement tranché permet à la population de se consacrer au développement au lieu de perdre du temps devant les tribunaux. Il a ajouté que des jugements rapides et crédibles renforcent la confiance des investisseurs nationaux et internationaux, ce qui attire des capitaux et des industries, contribuant ainsi au progrès du pays.

Prenant la parole, le président de la République du Burundi, Évariste Ndayishimiye a félicité le corps judiciaire pour les bonnes réalisations de l’année écoulée. Il les a exhortés à corriger les erreurs constatées. Il leur a demandé de se référer au thème de l’année dans l’exécution de leurs tâches. Il a rappelé que si la justice n’est pas libre et que si les procès sont mal tranchés, il sera difficile d’atteindre la vision car, la population n’aura pas de temps suffisant pour se consacrer aux activités de développement.

Le président Ndayishimiye a aussi appelé le corps judiciaire à honorer sa mission en s’y consacrant pleinement. Il a rassuré que les défis signalés ont été entendus et que l’État fera de son mieux pour y remédier.

Concernant les magistrats qui quittent leurs fonctions en raison des salaires jugés faibles, il a déclaré que c’est honteux car, selon lui, il faut plutôt se sacrifier pour le pays et non pas travailler comme des mercenaires. « La justice n’a pas de prix », a-t-il martelé. Il a, enfin, félicité les magistrats qui ont travaillé durant les vacances judiciaires, saluant leur sacrifice et la reconnaissance de la population. Il a demandé que cet exemple soit généralisé au sein  de tout le corps judiciaire pour le bien du pays.