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L’initiation au leadership, tremplin vers le développement intégral du pays

ByAdministrateur

Fév 3, 2026
Élèves au sein des clubs Leadership serviteur et gouvernance, aux Lycée du Lac Tanganyika I et II

BUJUMBURA, 2 fév (ABP) – « Le Leadership a une grande importance. Quand on a tout sans les leaders capables, le pays et sa population ne peuvent pas se développer. »

Ce sont les propos de Augustin Niyongabo, coordinateur national au sein de l’ONG Greeland Alliance (GLA), une organisation qui a initié le projet Leadership serviteur et gouvernance. Dans le cadre de ce projet, GLA travaille  avec les acteurs locaux dont les leaders religieux et communautaires

GLA encadre aussi les plus jeunes au sein de 3 écoles secondaires et  3 universités. « Nous échangeons et renforçons leurs capacités sur le Leadership au niveau global surtout en se basant sur le rôle individuel parce que, souvent, nous taxons les autres d’être incompétents mais la compétence commence par la conscientisation de soi, » a suggèré M. Niyongabo.

Au niveau des établissements scolaires et universitaires, des clubs de Leadership serviteur ont été formés, depuis 2 ans et leurs membres se rencontrent une fois par semaine pour échanger sur les différentes thématiques. Lors d’une descente de l’ABP, la formation avait réuni les élèves des 2 établissements en l’occurrence les  Lycées du Lac Tanganyika I et II. L’échange tournait autour des bons principes que doit démontrer le leader serviteur.

Clairia Nishimwe, élève de la 9ème année Fondamentale, membre du club « Leadership serviteur et gouvernance »

A la fin de la séance, Clairia Nishimwe du Lycée du Lac Tanganyika II, membre du club depuis 1 année, a révélé à l’ABP qu’elle a beaucoup appris surtout sur la responsabilité. « Les enseignements prodigués ont permis d’apporter des changements dans ma vie. Actuellement,  je travaille durement .Avant j’étais très fainéante, » rapporte Béni Sierra Iranzi, une élève de la 9ème année au Lycée du Lac Tanganyika I.

Adams Irakoze, élève en 2nde Langue, a quant à lui  révélé être  plus très colérique après 2 année de participation au club de leadership serviteur et gouvernance, il se contient dans des situations qui pourraient le rendre colérique. Il est plus compréhensif. Il exhorte  GLA de leur fournir plus de manuels pour pouvoir les lire même après les rencontres au sein du club qui durent une heure par semaine.

Augustin Bigirimana, élève au Lycée du Lac Tanganyika I, en 2nde Langue, n’est plus paresseux à la maison, a-t-il indiqué. « Auparavant je ne faisais rien à la maison mais après avoir suivi ces formations je suis sur tous les fronts. Je balaie, cuisine, range tout ce qui ne l’est pas. Tout le monde, ceux de la famille et de l’entourage sont surpris de me voir ainsi, » a-t-il scandé. Il interpelle GLA à plus d’innovation en organisant des activités en pleins de pratique du leadership pour inspirer les autres. Par exemple, organiser des activités de sélection et de dépôt des déchets dans les endroits appropriés comme les déchets en plastique ; une activité qui pourrait inspirer les autres et les inciter à l’adoption de comportements responsables.

Augustin BIgirimana, élève en 2nde Lettres, membre du club

Rihanna Ntunzwenimana, élève au Lycée du Lac I en 1ère langue, élevée par sa grand-mère, choyée par cette dernière, ne pouvait tout simplement rien faire tant elle était gâtée en suivant les séances de leadership serviteur et gouvernance, elle a été transformée de bout en bout. « Je suis reconnaissante au club, je témoigne de ses bienfaits, je suis plus entreprenante, j’aide les domestiques dans leurs travaux quotidiens, ma grand-mère m’apprécie actuellement de même que les voisins. J’aimerai faire plus pour mériter plus leur appréciation».

Béni Béor Niyonkuru, élève en 1ère langue au Lycée du Lac Tanganyika I, en club depuis ses débuts (2ans), estime que les séances lui ont permis de développer l’honnêteté et la ponctualité. Pour lui, faire des études ne suffisent pas, car sans un leadership responsable, on fait reculer son pays au lieu de le faire avancer.

S’exprimant par rapport à la prise en compte de la jeunesse pour la sensibilisation au Leadership serviteur pour ce groupe cible, le coordinateur national de GLA explique que pour changer la mentalité de la société on doit commencer par les plus jeunes. « Nous pensons que si nous commençons par les plus âgés, la mise en scène de l’application devient difficile, mais les valeurs commencent dès le bas âge, les pratiques se fixent et les jeunes grandissent avec ces valeurs. »

Les défis majeurs rencontrés, d’après M. Niyongabo sont liés à la réticence au changement suite aux situations de crise qu’a traversées le Burundi. Malgré cela, Augustin juge qu’il faut continuer car un changement de comportement est sur le long terme. Au moment où GLA couvre seulement 5 établissements scolaires, Augustin trouve que c’est limité par rapport aux écoles du pays. A ce propos, il invite les autres acteurs à les appuyer.

S’exprimant par rapport aux perspectives d’avenir, le coordinateur national de GLA estime qu’il faut associer le changement de mentalité aux pratiques. « Si nous parlons de clubs, ce sont des clubs isolés, nous envisageons de faire de grands rassemblements de jeunes pour que nous puissions ramasser des idées de plus de jeunes, » explique-t-il.

Pour lui, il serait souhaitable que le leadership serviteur et gouvernance soit introduit dans les curricula. A côté de ce projet, GLA a initié 2 autres projets : d’autonomisation socioéconomique des jeunes et des femmes, de consolidation de la paix et de la cohésion sociale.