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Une femme au sein d’un groupement a plus de chance de se relever économiquement

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Fév 3, 2026
Le coordinateur national au sein de l’ONG Greeland Alliance, Augustin Niyongabo

NTAHANGWA, 29 jan (ABP) – « Si on parle de la prospérité, nous voulons que chaque burundais, chaque ménage ait suffisamment à nourrir sa famille, si la famille est nourrie au niveau économique, il y a le renforcement de l’harmonie dans le pays, c’est la vision du pays émergent en 2040 et développé en 2060. » Ce sont les propos d’Augustin Niyongabo, coordinateur national au sein de l’ONG Greeland Alliance (GLA).

Depuis 5 ans GLA, soutien des collectivités de jeunes et femmes plus vulnérables pour leur relèvement socioéconomique axé sur le changement de mentalité, à travers l’un de ses 3 domaines qui est celui de l’autonomisation socioéconomique des jeunes et des femmes. « Nous trouvons que s’il n’y a pas à manger, c’est difficile de développer d’autres aspects, c’est un 1er axe pour lequel nous mettons un accent particulier, » selon le coordinateur national de GLA.

« Au début nous avons commencé par les femmes des périphéries de Bujumbura vulnérables qui venaient travailler comme domestiques de maison qui se sont retrouvées enceintes des grossesses non désirées. Ensuite femmes vulnérables à revenue trop faible parce que nous pensons même aux enfants, » a-t-il indiqué. A côté de ces catégories, Augustin a soulevé que GLA soutient d’autres catégories spécifiques : les Batwa, les déplacés internes sans oublier, les personnes vivant avec handicap mais ne sont pas nombreux

Pour son coordinateur national, GLA soutient les groupements, « Bihinduke », en son sein, de 2 façons principales. « La 1ère contribution, c’est le renforcement des capacités visant le changement de mentalité, comment on appréhende la richesse. Souvent les gens sont comme des demandeurs de services, on les sensibilise sur l’éducation financière. » Suite aux moyens limités des familles, GLA appuie financièrement les projets collectifs et individuels au sein des groupements. A ce propos Augustin a fait remarquer qu’une dizaine de groupements ont reçus des prêts remboursables auprès des institutions financières dans les quelles GLA a déposé des fonds.

Vue des membres du groupement « Bihinduke » de Buterere soutenu par GLA

« Dans certaines provinces nous avons fait recours aux personnes et institutions ayant les capacités, des agronomes pour appuyer techniquement ces groupements pour l’amélioration en agriculture. A Karusi, il y a 2 groupements qui ont été choisis parmi les multiplicateurs de semences et ça a une valeur ajoutée. »

En commune Ntahangwa, à Buterere, l’ABP a rencontré les femmes au sein de ce groupement « Bihinduke », lors de l’une de leur rassemblement, pour épargner et contracter des prêts.

Tabu Ntahonkuriye, 70 ans est l’une d’entre-elles, mère grand-mère de 70 ans, avec 5 enfants, veuve depuis un certain temps. « Avant de se mettre avec les autres j’allais au dépotoir de Buterere pour recueillir du charbon ici et là que je vendais par la suite pour un peu d’argent. Mais quand je suis entrée dans le groupement tout a changé. Avec la formation que j’ai reçue et les petits prêts j’ai pu monter un petit commerce, maintenant je ne vais plus au dépôt d’ordure, » a-t-elle déclaré à l’ABP, lors de sa descente dans la localité.

Nadine Nduwimana, mère de 2 enfants, témoigne qu’être membre d’une communauté comme « Bihinduke » l’a permis de se mettre à l’abri des multiples dangers. « J’étais ramasseuse de charbon au dépotoir de Buterere. Cette situation a causé une dépression, je voulais divorcer de mon mari et même en finir avec la vie. GLA m’a sorti de ce pétrin. Quand j’ai intégré le groupement, on nous a formé sur les meilleurs comportements à adopter en société, ne pas s’adonner à la débauche, sur la façon de gagner notre vie, en montant de petits projets. »

Actuellement, de prêt en prêt, auprès du groupement, Mme Nduwimana est passée de la conception de nattes au métier d’aide-maçon. Elle perçoit 25.000 par jour de travail et projette d’évoluer encore plus et devenir maçon et toucher 40.000 Fbu par jour. « Je suis reconnaissante envers GLA car, pour tout ce que je suis devenue, actuellement je vis avec mon homme et je peux vivre sans peur du lendemain. Même l’entourage m’a fait confiance et m’a élu chef de rue (Nyumbakumi) et présidente du conseil collinaire. »

Marie Goreth Sibomana, une femme de 40 ans, qui élève, seule ses 5 enfants en plus de 3 autres considère que le point de départ est l’épargne et les prêts au sein de « Bihinduke ».

Mme Sibomana a pu évoluer jusqu’à avoir une place au marché chez Siyoni en tant que vendeur de chaussures « Je suis parvenu à avoir une place à 350.000 Fbu au Marché Kwa Siyoni pour vendre les chaussures. Au début mon commerce allait à merveille, mais j’ai été perturbé par la maladie sur le long terme et la mort de ma mère, » selon ses propos.

Grâce à sa réputation elle a été approchée par d’autres ONG dont Croix Rouge, dont elle est la représentante. « Les sensibilisations nous ont aussi aidé à nous protéger contre les maladies sexuellement transmissibles, à plus de responsabilité dans nos vies, du moment que nous sommes des femmes non accompagnées, » a-t-elle signalé.

La responsable de Bihinduke Butere, Vanessa Nduwimana, une femme mariée de 37 ans, avec 4 enfants, a fait remarquer que « Bihinduke » octroie à ses membres des prêts à raison de 10.000 Fbu pour un intérêt de 600 Fbu ; 50.000 Fbu pour un intérêt de 3.000 Fbu et ainsi de suite, sur leur épargne.

« Même GLA nous a soutenu en nous octroyant un prêt que nous avons remboursé comme il faut. Lorsque nous avons obtenu ce prêt, j’ai pu m’acheter une parcelle de 7mx12m pour 3.400.000 Fbu avec le prêt reçu.

A côté les membres de Bihinduke, viennent en aide aux membres qui traversent des moments difficiles. « En cas de décès dans la famille de l’un des membres, nous collectons une petite somme pour l’assister durant ces moments difficiles. »

Selon Nduwimana, le groupement a déjà réalisé un projet collectif où il a emprunté un champ et cultivé divers produits. Malheureusement les mauvaises conditions climatiques ont contribué à sa destruction. « Nous ne baissons pas les bras nous voudrions dans le proche avenir entretenir des champs de riz plus rentables et voudrions que GLA puissent nous fournir des prêts remboursables. »

Les autres comme Mélanie Kubwimana, 39 ans mère élevant seule ses 5 enfants non encore membre en 2025, a été surprise par le pas franchi par les femmes au sein de Bihinduke et a décidé de l’intégrer, Depuis 3 semaines elle est membre. « J’ai constaté que les membres au sein de « Bihinduke » avaient changé de fond en comble. Avant d’intégrer le groupement, certaines ramassaient du charbon dans le dépotoir ou cultivaient des terres gagnant quelques sommes d’argent par jour, mais actuellement elles sont commerçantes, gagnent de l’argent, sont très propres, s’achètent de bons habits, leurs enfants reçoivent tout le nécessaire. » Cette dernière a reçu un prêt de 15.000 Fbu, auprès de « Bihinduke », pour faire le petit commerce de légumes.

Les femmes en situation de vulnérabilité socio-économique engagées à changer la donne

Les femmes au sein de « Bihinduke » à Mugoboka, une localité de la péripherie de la commne Mukaza, également soutenue par GLA, affirment  aussi, avoir relevé leur situation économique, elles se sont confiées à  l’ABP, lors de leur rassemblement. Estella Iradukunda 32 ans, mère de 3 enfants, témoigne : « Avec le premier prêt de 70.000 Fbu reçu auprès de « Bihinduke », je pratiquais le commerce ambulant d’avocats, de prêt en prêt j’ai évolué en vendant 2 sacs, 4 sacs. Actuellement j’opère dans la fourniture d’avocats, je peux commander 2 voitures remplies d’avocats ». Elle s’est dite reconnaissante envers GLA. Pour elle, intégrer un collectif est très important pour se relever au niveau socio-économique. Elle appelle les autres à faire de même : « Mon niveau actuel de vie je l’ai acquis suite à mon intégration dans le groupement. »

Vue des membres du groupement « Bihinduke » de Mugoboka

Marie Bizobavako, 34 ans et mère de 5 enfants est satisfaite également : « Depuis mon entrée au sein de « Bihinduke, nous avons reçu de conseils utiles en même temps, dans la vie sociale et pour notre développement économique. Celle qui fait partie du groupement se sent à l’aise, partage ses peurs, ses espoirs avec ses paires, en sort revigorée, en paix avec elle-même et les autres. Elle y apprend un peu de tout ». Elle aussi a commencé avec un prêt de 70.000 Fbu reçu auprès de « Bihinduke », suite à l’épargne des membres et s’est lancée dans le commerce ambulant d’avocats. Comme la précédente, elle peut commander jusqu’à 5 voitures remplies d’avocats. Comme son épargne est importante, elle peut obtenir un prêt de 1.000.000 Fbu auprès de « Bihinduke ». « J’encourage les autres collègues qui sont à leurs débuts, de continuer, nous sommes nous-aussi passées par là, rien n’est impossible, restons unies et ensemble tout peut être réussi. » conseille-t-elle. Grace à GLA, Bizobavako a pu régulariser son mariage et vit heureuse avec son mari.

Quant à Laurence Kaneza, 32 ans, qui élève seule ses 4 enfants, elle a déjà reçu un prêt de 50.000 Fbu et fait le commerce de tomates et légumes au petit marché de Mugoboka. Elle trouve qu’avoir auprès d’elle des personnes qui ont déjà fait un pas vers leur développement socio-économique lui donne plus de courage et d’espoir pour un bon avenir.

Thérèse Ndayishimiye, à la tête du groupement Bihinduke de « Mugoboka », trouve qu’en dehors de l’activité de développement économique, se regrouper et échanger a apporté plus de cohésion, d’amour et de compréhension entre les membres. De façon individuelle, Ndayishimye a salué l’apport de GLA, dont le prêt a contribué à l’achat de sa parcelle et à la construction de sa maison, elle n’est plus locataire. Elle a fait remarquer que le groupement de Mugoboka projette d’initier un projet collectif de moulin. Elle sollicite auprès de GLA un prêt correspondant à la somme.

Le coordinateur national de GLA, Augustin Niyongabo a fait savoir que cette ONG est toujours disposée à discuter de tout projet qui est initié par les bénéficiaires et de le mettre en œuvre tant que les moyens sont disponibles, attestant que GLA a déjà appuyé la création d’une coopérative dénommée « Zamuka Investment ». GLA est présente dans 4 des 5 provinces du pays à savoir Bujumbura Butanyerera, Gitega et  Buhumuza.