MUKAZA, 19 mars (ABP) – L’Association Burundaise pour la protection des Consommateurs- Transparency International Burundi (ABUCO-TI Burundi) a organisé, le lundi 16 mars 2026, un café de presse à l’occasion de la célébration de la journée mondiale des droits des consommateurs, sous le thème : « Produits sûrs, consommateurs confiants ».
Dans son allocution, le président de l’ABUCO-TI Burundi, Pierre Nduwayo a indiqué que le Burundi s’est joint aux autres organisations régionales et internationales pour célébrer cette journée, en mettant un accent particulier sur l’alimentation des enfants, autour du sous-thème : « Le sucre ajouté dans l’alimentation infantile ».
Il a insisté sur la nécessité de prohiber le sucre ajouté dans les aliments destinés aux enfants, en particulier dans le lait en poudre et les céréales infantiles. Selon lui, des enquêtes menées sur des produits commercialisés en Afrique par l’entreprise Nestlé révèlent que chaque portion de céréales infantiles (Cerelac) contient environ 6 grammes de sucre ajouté, soit l’équivalent d’un carré et demi de sucre.
Par ailleurs, 20 organisations de la société civile issues de 13 pays africains ont déjà interpellé le géant agroalimentaire Nestlé pour qu’il cesse immédiatement l’ajout de sucre dans les aliments des bébés, a-t-il ajouté.
Ces organisations rappellent que « tous les bébés ont le même droit à une alimentation saine, quelle que soit leur nationalité ou la couleur de leur peau. Tous les bébés sont égaux. Agissez maintenant. »
Selon M. Nduwayo, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) met en garde depuis des décennies contre les effets d’une exposition précoce au sucre, qui peut entraîner une préférence durable pour les aliments sucrés et constitue un facteur majeur de risque d’obésité. Cette dernière progresse rapidement en Afrique et favorise l’apparition de maladies telles que le diabète, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires.
Il a également souligné que l’obésité infantile devient une préoccupation croissante, le nombre d’enfants de moins de cinq ans en surpoids ayant presque doublé depuis 1990. De nombreux pays africains font face à un double fardeau de malnutrition, où coexistent retard de croissance, insuffisance pondérale et obésité, explique-t-il.
Dans ce contexte, à l’occasion de l’édition 2026 de cette journée, ABUCO-TI Burundi lance un appel pressant à toutes les parties prenantes à conjuguer leurs efforts pour éliminer le sucre ajouté dans les produits destinés aux enfants, afin de prévenir les risques liés à l’obésité, devenue un véritable problème de santé publique.
Selon lui, le respect des droits fondamentaux, est essentiel dans ce domaine. Il a évoqué, d’une part, le droit à la sécurité, qui garantit à chaque consommateur le droit d’acheter des produits et services ne mettant pas sa santé ou sa vie en danger et d’autre part le droit à l’information, qui assure des données claires et complètes sur les produits. Ces droits protègent non seulement les consommateurs, mais contribuent également à renforcer la confiance dans le marché et la transparence des échanges commerciaux. De son côté, le directeur du Programme National d’Alimentation et de Nutrition au ministère de la Santé publique, Innocent Riyazimana, a souligné que donner aux enfants des aliments riches en sucre favorise l’apparition de maladies telles que le diabète, l’obésité, les caries dentaires et les troubles respiratoires, entre autres.
Il a indiqué que certains parents donnent des aliments ou boissons sucrés par manque d’information, et les a appelés à apprendre à nourrir correctement leurs enfants avec des aliments sains, sans excès de sucre.
Il a également évoqué d’autres pratiques à risque, notamment la consommation d’aliments périmés (comme certaines farines ou du lait avarié), qui peuvent nuire à la santé et au bon développement des enfants.
Il a ainsi recommandé aux parents de vérifier les étiquettes et les dates de péremption avant tout achat. Par ailleurs, il a dénoncé certaines pratiques consistant à diluer excessivement le lait ou à y ajouter d’autres substances pour en augmenter la quantité, ce qui compromet la qualité nutritionnelle et peut nuire gravement à la santé des enfants.
Enfin, il a lancé un appel à tous les acteurs concernés : les parents, les producteurs et les autorités à renforcer la sensibilisation et le contrôle des produits alimentaires, afin de garantir une alimentation saine et sécurisée pour tous les enfants.

