MUKAZA, 19 mars (ABP) – Le Ministère des Ressources minières, énergétiques, de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme, en collaboration avec la Commission Economique pour l’Afrique, a organisé une réunion, le mardi 17 mars 2026, à l’intention des opérateurs de l’hôtellerie et du tourisme ainsi que des représentants des associations de pêcheurs œuvrant dans le lac Tanganyika, dans le but de valider l’étude sur la certification, la labelisation et le développement des chaînes de valeur du poisson « Umukeke » du lac Tanganyika.
Dans son discours, d’ouverture des travaux, Pacifique Nshimirimana, assistant du ministre en charge du commerce a d’abord rappelé que le poisson « Umukeke » occupe une place particulière dans la culture burundaise et demeure un produit gastronomique emblématique.
Selon lui, l’importance culturelle et économique de ce poisson, emblématique du lac Tanganyika, en fait un symbole du savoir-faire traditionnel des communautés riveraines.
À cet effet, il a indiqué que la certification et la labelisation d’« Umukeke » constituent une étape stratégique pour garantir la qualité, renforcer la sécurité alimentaire et améliorer l’accès aux marchés internationaux. « La valorisation de nos produits locaux est un levier essentiel pour atteindre la vision du Burundi, pays émergent en 2040 et développé en 2060 », a-t-il déclaré.
De plus, la certification et la labelisation d’« Umukeke » augmenteront les revenus des pêcheurs et des entreprises nationales, amélioreront la réputation du Burundi comme pays producteur de produits de qualité à travers la promotion du tourisme gastronomique, et contribueront à la protection des ressources halieutiques pour les générations futures. Ces ressources certifiées et valorisées à leur juste valeur devraient créer des opportunités économiques pour les communautés locales et le pays.
De son côté, le directeur du bureau sous régional de la Commission Economique pour l’Afrique, Andrew Mold, a souligné que le potentiel du lac Tanganyika demeure considérable, indiquant que le Burundi produit environ 220 000 tonnes de poissons d’eau douce par an. Toutefois, cette performance reste faible comparée à celle de la Tanzanie, dont la production et les exportations de poissons sont plus de vingt fois supérieures.
S’agissant du choix d’ « Umukeke », M. Mold a précisé qu’il résulte de concertations entre les autorités burundaises et les experts techniques, ce poisson ayant été identifié comme le plus prometteur en termes de potentiel d’exportation.
Au moment de la présentation, le consultant Juvént Ntumigomba, qui a réalisé l’étude sur la certification, la labellisation et le développement des chaînes de valeur du poisson « Umukeke » du lac Tanganyika, a montré que la filière d’ « Umukeke » peut être structurée en sept chaînes de valeur, à savoir : « Umukeke » frais, fumé, séché, haché, en saucisse, en poudre et en conserve.

D’après lui, certaines de ces chaînes de valeur existent et sont à améliorer, d’autres sont à envisager à court terme, tandis que celles recourant aux méthodes industrielles sont à développer à long terme.
Pour soutenir le développement de cette chaîne, il a recommandé aux parties prenantes de soutenir les groupes de producteurs, afin de mobiliser l’offre d’ «Umukeke », d’améliorer sa conformité aux standards internationaux, d’appuyer la production locale d’emballages et d’étiquetage, ainsi que de faciliter l’accès au crédit pour les pêcheurs et les commerçants.
Au moment des échanges, les participants ont mis en lumière plusieurs défis qui entravent le bon déroulement de leurs activités dans le secteur de la pêche. A ce propos, ils ont évoqué le manque de ressources financières pour améliorer les pratiques de pêche, le manque d’infrastructures appropriées telles que les unités de stockage et les terminaux frigorifiques, d’une part.
D’autre part, le faible niveau de maîtrise de la chaîne de valeur, la faible participation aux travaux de normalisation, ainsi que le manque de produits certifiés pour accéder aux marchés extérieurs.
Face à ces défis, les participants ont recommandé au Bureau Burundais de Normalisation (BBN), d’élaborer un plan et un programme de sensibilisation continue, au bénéfice des acteurs du secteur de la pêche, d’établir et de développer les chaînes de valeur, d’appuyer la mise en place d’un cadre légal adapté à l’importation et à l’exploitation des produits halieutiques.
Au niveau des partenaires, ils ont recommandé de renforcer les systèmes de suivi des acteurs de la pêche et d’appuyer les institutions de contrôle et de régulation. Notamment en renforçant les équipements d’échantillonnage et de transport. Après les échanges, les participants ont validé ce rapport.

