RUYIGI, 22 avr (ABP) – Le rapatriement volontaire des réfugiés congolais vivant dans le camp de Busuma, en commune de Ruyigi, province de Buhumuza, débute ce jeudi 23 avril.
C’est dans le cadre d’une opération organisée avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en collaboration avec les autorités burundaises et congolaises.
Dès les premières heures de la matinée, des convois sont attendus pour transporter les premiers groupes de réfugiés vers la République démocratique du Congo (RDC). Les candidats au retour, principalement originaires du Sud-Kivu, ont été préalablement enregistrés et sensibilisés sur les conditions de leur retour.
Lundi 20 avril, le gouvernement burundais et le HCR avaient annoncé, dans un communiqué conjoint, le lancement de ce processus, en insistant sur son caractère strictement volontaire. « Le retour s’inscrit dans une dynamique fondée sur le libre choix de chaque personne concernée », précisent les deux parties, tout en soulignant qu’aucun réfugié ne sera contraint de regagner son pays d’origine.

Les autorités burundaises réaffirment leur engagement à garantir la sécurité, la protection et le respect des droits fondamentaux des réfugiés présents sur leur territoire. Elles assurent également la poursuite de l’assistance humanitaire dans les sites d’accueil, en attendant les départs effectifs.
L’Office national de protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA), en coordination avec le HCR, rappelle que l’enregistrement préalable est indispensable pour bénéficier du programme. Une attention particulière est accordée aux ménages avec des enfants scolarisés, aux personnes à besoins spécifiques ainsi qu’à certains agents publics.
Dans cette première phase, seuls certains territoires du Sud-Kivu sont concernés, notamment Uvira, l’axe Uvira–Baraka, le territoire de Fizi, Mboko et la plaine de la Ruzizi, identifiés comme des zones prioritaires de retour.
Sur le terrain, l’ambiance est marquée par un mélange d’espoir et d’incertitude. Des familles préparent leurs effets personnels, prêtes à quitter le camp après plusieurs années d’exil. « Nous rentrons parce que c’est chez nous, mais nous espérons que la paix va durer », témoigne un réfugié rencontré sur place.
Les organisateurs précisent que les rapatriés bénéficient d’un accompagnement comprenant le transport, une assistance administrative ainsi qu’un appui à la réintégration.
Le camp de Busuma, qui a accueilli plus de 65.000 réfugiés congolais, pourrait ainsi voir sa population diminuer progressivement au rythme des départs prévus dans les prochains jours, dans un contexte sécuritaire encore fragile dans l’est de la RDC.
Du côté de la population locale de Ruyigi, surtout celle de la colline Busuma et de la zone Kayongozi, les avis sont partagés. Certains habitants saluent ce rapatriement, estimant qu’il pourrait réduire la pression sur les ressources locales, notamment les terres cultivables, les services sociaux et l’environnement. « Nous avons partagé le peu que nous avons pendant ces trois derniers mois. S’ils rentrent chez eux dans de bonnes conditions, c’est une bonne chose », indique un habitant de la colline Rutegama.
D’autres, en revanche, expriment une certaine inquiétude quant aux conséquences de ce départ, notamment sur les relations sociales et les activités économiques développées autour du camp. « Il y avait des échanges commerciaux avec les réfugiés », indique un propriétaire d’un bar à Busuma. « Leur départ va aussi affecter nos petits revenus », confie un commerçant de la localité.

