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Le divorce des parents ne remet pas en cause les droits de l’enfant, rappelle un juriste

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Juil 28, 2026
Me Pélagie Chantal Mbonimpa, avocate près la Cour d’appel de Bujumbura

MUKAZA, 20 juil (ABP) – Le divorce des parents n’entraîne pas la perte des droits de l’enfant. Au contraire, les deux parents restent légalement responsables de son entretien, de son éducation, de sa protection et de son bien-être, conformément au Code des personnes et de la famille du Burundi ainsi qu’aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’enfant. C’est ce qu’a affirmé Me Pélagie Chantal Mbonimpa, avocate près la Cour d’appel de Bujumbura, lors d’un entretien accordé à l’ABP lundi 20 juillet 2026.

Selon cette juriste, la séparation des parents concerne uniquement le lien matrimonial entre les époux et ne remet aucunement en cause les droits fondamentaux de l’enfant. Elle a rappelé que l’article 123 du Code des personnes et de la famille dispose que les époux ont l’obligation commune d’entretenir, d’éduquer et d’établir leurs enfants. Cette responsabilité parentale continue donc d’exister même après le divorce, jusqu’à ce que les enfants soient capables d’assurer eux-mêmes leur prise en charge.

« Le divorce met fin au mariage entre les époux, mais il ne met pas fin aux devoirs des parents envers leurs enfants », a expliqué Me Mbonimpa, précisant que chaque parent reste tenu d’apporter sa contribution au développement physique, moral et intellectuel de l’enfant, même lorsqu’il ne vit plus avec lui.

Elle a indiqué que l’enfant conserve notamment son droit à l’alimentation, aux soins de santé, à l’éducation, à un logement convenable, à la protection de sa personne et de ses biens, ainsi qu’à l’affection et à l’accompagnement de ses deux parents. Selon elle, l’enfant doit continuer à bénéficier d’un cadre favorable à son épanouissement malgré la séparation de ses parents.

La juriste Mbonimpa a également insisté sur le droit de l’enfant à maintenir des relations personnelles avec chacun de ses parents, soulignant que ce droit peut être limité lorsque le comportement d’un parent représente une menace pour la sécurité, la santé, l’éducation ou le développement de l’enfant.

Dans ces circonstances, Mme Mbonimpa indique que les restrictions imposées par le justice visent uniquement à protéger l’intérêt supérieur de l’enfant.

S’appuyant sur les articles 284 et suivants du Code des personnes et de la famille, Me Mbonimpa explique que l’autorité parentale doit toujours être exercée dans l’intérêt de l’enfant. Ainsi, souligne-t-elle, les décisions relatives à la garde, au droit de visite et à la pension alimentaire doivent être prises en fonction des besoins de l’enfant et non des différends existants entre les anciens conjoints.

Concernant la garde des enfants, elle a précisé que le juge analyse chaque situation individuellement avant de prendre une décision. Plusieurs éléments sont examinés, notamment les capacités éducatives de chaque parent, les conditions de vie offertes à l’enfant, les ressources financières disponibles, la stabilité familiale, la moralité du parent ainsi que la qualité des relations entretenues avec l’enfant. L’âge de l’enfant constitue également un facteur important dans l’appréciation du juge.

Pour les enfants en bas âge, la juriste explique que la garde peut, dans certaines situations, être confiée à la mère lorsque cela apparaît comme la meilleure solution pour leur bien-être.

Cependant, Me Mbonimpa a souligné qu’il ne s’agit pas d’une règle automatique. « Chaque cas doit être évalué selon les circonstances particulières afin de garantir le meilleur intérêt de l’enfant », a-t-elle fait savoir.

Elle a aussi évoqué certaines difficultés sociales observées après les divorces au Burundi. Selon elle, certains enfants confiés à leur père peuvent rencontrer des problèmes lorsqu’une nouvelle union est contractée. Dans certains cas, ils peuvent subir une discrimination ou un manque d’affection de la part d’un nouveau conjoint du parent gardien, ce qui peut provoquer des souffrances psychologiques, des abandons scolaires ou des départs du foyer familial.

Face à ces réalités, la juriste a insisté sur l’importance pour le juge de prendre en considération tous les éléments pouvant influencer la vie et l’équilibre de l’enfant avant de statuer sur la garde.

Elle souligne toutefois que le parent qui n’obtient pas la garde conserve toutefois le droit de maintenir des liens avec son enfant à travers le droit de visite. Me Mbonimpa a expliqué que ce droit permet à l’enfant de préserver ses relations affectives avec ses deux parents. Lorsque les anciens époux ne parviennent pas à s’accorder sur les modalités de visite, soulignant que le juge peut fixer les conditions permettant son exercice.

Elle a néanmoins précisé que le droit de visite n’est pas absolu, qu’il peut être suspendu ou supprimé lorsqu’il existe des risques liés aux violences physiques ou psychologiques, aux mauvais traitements, à la négligence, à la consommation de stupéfiants ou à tout autre comportement susceptible de nuire au développement de l’enfant.

Abordant la question de la pension alimentaire, Me Mbonimpa a indiqué qu’elle est déterminée par le juge en tenant compte des besoins réels de l’enfant ainsi que des capacités financières des parents. Les dépenses liées à l’alimentation, au logement, à l’éducation, aux soins de santé, à l’habillement et aux autres besoins essentiels sont prises en considération.

Elle a reconnu que l’application effective des décisions relatives à la pension alimentaire demeure un défi au Burundi, expliquant que certains parents refusent parfois de payer, estimant que la contribution bénéficie davantage à l’ancien conjoint qu’à l’enfant. D’autres se soustraient simplement à leurs responsabilités, surtout lorsqu’ils exercent des activités économiques irrégulières.

Lors de l’interview, la juriste a également appelé les parents séparés à protéger leurs enfants contre les conséquences des conflits conjugaux. Elle leur a conseillé d’éviter les insultes, les accusations mutuelles ou l’utilisation de l’enfant comme moyen de pression ou de vengeance.

Selon elle, les disputes répétées entre parents peuvent laisser des blessures psychologiques importantes chez les enfants, notamment une perte de confiance en eux, un manque d’affection ou une perception négative de la vie familiale.

Elle a invité les parents divorcés ou séparés à continuer de collaborer dans l’éducation de leurs enfants et à privilégier le dialogue et le respect mutuel. « Un parent reste un parent malgré le divorce », a-t-elle insisté, rappelant que l’enfant doit toujours être placé au centre des décisions familiales.

En conclusion, Me Mbonimpa a exhorté les couples en procédure de divorce à ne jamais considérer leurs enfants comme des instruments de conflit, mais plutôt comme des êtres ayant besoin d’amour, de protection et de stabilité pour construire leur avenir.