MUKAZA, 8 oct (ABP) – Le ministère du Commerce, du Transport, de l’Industrie et du Tourisme prévoit, dans les prochains jours, un audit national des auto-écoles en activité sur le territoire burundais. L’objectif est de s’assurer que ces établissements exercent en toute légalité et offrent une formation de conduite répondant aux standards requis, a appris l’ABP, lors d’une interview accordée au directeur des Transports intérieurs, Édouard Nyandwi, le mardi 7 octobre.
Lors de cet entretien, Nyandwi a signalé que certaines personnes, sans aucune notion en automobile ni en mécanique, s’aventurent à créer une auto-école, louent des hangars ou des salles et commencent à enseigner le code de la route. Selon lui, ce type d’auto-écoles propose des apprentissages faibles et délivre parfois des certificats à des personnes n’ayant jamais été formées. Ces établissements ne sont pas, souvent, en mesure de se procurer du matériel d’apprentissage adapté ni d’engager des formateurs qualifiés. Nyandwi précise également que certains de ces établissements emploient du personnel incapable même d’interpréter le code de la route. « Ils voient que X gagne de l’argent parce qu’il a créé une auto-école, et ils font la même chose », a-t-il expliqué.
Le directeur des Transports intérieurs déplore également l’état des véhicules utilisés pour l’apprentissage, signalant que certains n’ont ni contrôle technique, ni clignotants, ni feux de frein, et circulent sur des routes très fréquentées avec des apprenants au volant. « Ce sont des carcasses et ils constituent un risque pour la circulation », a-t-il alerté. A cet effet, il a recommandé d’utiliser des voies peu fréquentées pour éviter de gêner la circulation et provoquer des accidents.
Nyandwi a rappelé qu’avant d’agréer une auto-école, le ministère effectue une inspection pour s’assurer qu’elle respecte les normes. Cependant, il s’inquiète du fait que, après l’inspection, le matériel présenté est déplacé et le nombre de salles ainsi que le matériel didactique est réduit.
Il a appelé les propriétaires d’auto-écoles à cesser ces mauvaises pratiques et à renforcer leurs établissements en achetant du matériel adapté et à jour, ainsi qu’en louant des salles appropriées pour offrir un enseignement de qualité.
Nyandwi a également souligné que certains apprenants ayant reçu des certificats échouent en grand nombre au test de conduite délivré par la police routière, et que certains évitent même ce test, démontrant la faiblesse de l’apprentissage offert dans ces auto-écoles. Selon lui, la circulation observée dans le pays laisse penser que 90 % des conducteurs n’ont pas suivi de formation dans une auto-école qualifiée.
Il a par ailleurs rappelé que la formation à la conduite est un apprentissage continu, commençant à l’auto-école, puis se poursuivant avec le permis provisoire, le permis définitif et l’expérience sur la route. Pour lui, lors de l’audit national qui sera bientôt effectué, les auto-écoles ne remplissant pas les conditions seront fermées, et même celles ayant reçu des cartes d’agrément devront les restituer. Le ministère envisage également de revoir la réglementation et le processus d’agrément des auto-écoles à l’échelle nationale. Nyandwi a insisté sur le fait que le ministère ne peut tolérer que certains empochent de l’argent sans fournir une réelle formation aux apprenants. Il a invité ces derniers à être vigilants et à choisir des auto-écoles qualifiées, à apprendre le code de la route par eux-mêmes et à rechercher des séances pratiques auprès de particuliers compétents, plutôt que de dépenser inutilement dans des établissements inefficaces.
Répondant aux plaintes des propriétaires des auto-écoles concernant le coût du renouvellement de la carte d’agrément (1 million BIF par an), Nyandwi a rappelé que les auto-écoles ne sont pas des entreprises à caractère social, mais des entreprises commerciales agréées par l’Agence de Développement du Burundi (ADB), ayant également un registre de commerce. Selon lui, cette somme n’est pas un fardeau, compte tenu des tarifs pratiqués auprès des apprentis. Il a ajouté qu’une entreprise incapable de payer cette somme devrait envisager de quitter le secteur.
Concernant le manque de matériel adapté, Nyandwi a conseillé aux propriétaires d’auto-écoles de chercher des solutions en véritables entreprises commerciales, notamment en sollicitant des crédits auprès des banques pour acquérir le matériel nécessaire.

