MUKAZA, 17 mars (ABP) – Les femmes jouent un rôle central dans la cohésion sociale en agissant comme médiatrices de paix, actrices de résilience économique et piliers communautaires. Ce sont les propos de Kinyabuku Marie, membre du Réseau Femmes et Paix (RFP) lors d’une interview accordée à l’ABP le mardi 9 mars 2026.
Selon Mme Kinyabuku, l’autonomisation et l’inclusion des femmes dans les instances de prise de décision sont cruciales pour garantir une paix durable et une société cohésive. La femme intervient dans sa petite communauté qui est son foyer (Le Rugo). Elle favorise la cohésion sociale entre le père, la mère et les enfants en évitant tout ce qui est conflit et en donnant les bonnes manières pour vivre. La femme contribue également dans la lutte contre les VBG et dans la réconciliation au niveau des foyers.
La participation de la femme dans la vie publique du pays via leur participation dans les différents groupes comme le comité de paix et de sécurité au niveau collinaire, dans les institutions d’abahuza fait des femmes des vraies artisanes de paix. Les femmes leaders ont favorisé des communautés ethniques séparées c’est à dire celles restées sur les collines et celles déplacées en créant des dialogues.
Elle n’ajoute que la participation de la femme, dans la vie publique du pays via leur participation dans les différents groupes comme le comité de paix et de sécurité au niveau collinaire, dans les institutions des notables collinaires (abahuza), fait des femmes des vraies artisanes de paix. Les femmes leaders ont favorisé des communautés ethniques séparées c’est à dire celles restées sur les collines et celles déplacées en créant des dialogues.
Gloria Inarukundo, l’une des 20 femmes membres de l’association des femmes dénommée « KOMEZIBIKORWA », œuvrant dans la commune Ruyigi sur la colline Rubaragaza, a indiqué à l’ABP que les femmes réunies dans cette association font des travaux champêtres rémunérés, tant entre elles qu’au profit de tiers.
Les fonds ainsi générés sont investis dans la location de terres qu’elles exploitent collectivement. La vente des récoltes permet un partage de revenus renforçant leur autonomie financière et la satisfaction des besoins familiaux, créant de fait un filet de sécurité communautaire.
Par ailleurs, a-t-elle poursuivi, les membres pratiquent l’épargne et le crédit interne et disposent d’une caisse de solidarité pour s’entraider en cas de maladies, deuils ou naissances. Mme Inarukundo témoigne également que l’association intervient dans la résolution de conflits, tant en son sein que dans le voisinage, afin de consolider le vivre-ensemble par le dialogue.
De son côté, Léoncie Nshimirimana, originaire de la colline Kirema (commune Kayanza, province Butanyerera) et fondatrice de l’association « MUREKERISONI », a précisé à l’ABP que son organisation réunit des femmes engagées dans la lutte contre les Violences basées sur le genre (VBG). Pour les femmes rejetées par leurs maris après avoir subi un viol, l’association joue un rôle de médiateur afin de faciliter la réintégration au sein de leurs foyers, a-t-elle ajouté.
Vincent Nduwimana, qui a assuré l’encadrement de certains groupements féminins de la ville de Gitega, a fait savoir qu’à part les activités génératrices de revenus, les femmes se réunissent pour la sensibilisation sur la nutrition, la sécurité alimentaire et l’hygiène en vue d’améliorer le bien-être social.
Selon le bulletin sorti par les Nations Unies Burundi le 29 avril 2025, le projet : « Renforcer le leadership des femmes pour la localisation de la résolution 1325 », a permis la mise en place d’un réseau structuré de femmes médiatrices qui ont participé dans la prévention et dans la résolution des conflits. Pour cette raison, le projet a favorisé la résolution de plus de 34000 conflits communautaires et l’autonomisation de 5000 femmes à travers des activités génératrices de revenus.

