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ABP - Agence Burundaise de Presse

Grenier de l'information au Burundi

La lutte contre le changement climatique passe par une approche transversale

ByAdministrateur

Mar 30, 2026
Claude Hakizimana, coordinateur de l'atelier

MUKAZA, 28 mars (ABP) – Traditionnellement perçu comme relevant du seul ministère de l’Environnement, le changement climatique impacte pourtant tous les secteurs de développement, notamment la santé, l’énergie, l’agriculture et les ressources en eau. L’atelier a insisté sur le rôle crucial de chaque ministère sectoriel dans l’intégration des actions climatiques dans leurs plans de développement et dans la planification budgétaire. Ce sont les propos de Claude Hakizimana, coordinateur d’atelier, lors de la clôture de l’atelier sur le rôle stratégique du système Mesure, Rapportage et Vérification (MRV) ainsi que sur le mécanisme de suivi de la mise en œuvre de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN), tenu du 17 au 20 mars 2026. Hakizimana, a souligné l’importance d’une approche transversale pour renforcer la lutte contre le changement climatique au Burundi.

« Chaque secteur doit contribuer et s’impliquer davantage pour appuyer le ministère en charge de l’environnement et des changements climatiques, qui assure la coordination nationale », a-t-il indiqué. Selon lui, la politique nationale sur le changement climatique du Burundi vise à promouvoir un développement résilient face aux aléas climatiques, garantissant le bien-être des générations actuelles et futures. Dans ce cadre, le pays a inscrit ses actions climatiques dans sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN), qui inclut des mesures d’atténuation et d’adaptation. La mise en œuvre de la CDN demeure une priorité nationale, a indiqué Hakizimana, conformément aux engagements pris par le Burundi lors de la ratification de l’Accord de Paris. Cet accord mondial vise à limiter le réchauffement climatique à 2°C, avec des efforts supplémentaires pour atteindre 1,5°C.

Le système MRV joue un rôle central dans la transparence et l’efficacité de ces actions. Selon lui, il permet de suivre les progrès réalisés, de produire des données fiables et de vérifier l’exactitude des rapports sur la mise en œuvre des actions.

Toutefois, certains défis persistent à savoir la maîtrise technique de l’outil, la mise en place d’un cadre légal précis définissant les rôles et responsabilités, et la collecte systématique des données. Selon  Hakizimana, l’absence de ce cadre légal limite l’opérationnalisation du MRV, pourtant indispensable pour se conformer au cadre de transparence renforcée de l’Accord de Paris.

Concernant l’économie verte, le coordinateur a précisé que le Burundi s’engage dans une transition vers une économie verte, inclusive et résiliente, où le développement durable est au cœur des activités économiques. Dans ce cadre, le pays a développé à grande échelle des systèmes agroforestiers, qui combinent la culture agricole et plantation d’arbres. Cette approche contribue directement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, améliore la fertilité des sols et renforce la sécurité alimentaire.

L’agroforesterie illustre ainsi concrètement comment le pays peut concilier le développement économique, la protection de l’environnement et l’adaptation au changement climatique, tout en promouvant des pratiques durables pour les générations futures.

Par ailleurs, a-t-il signalé, l’accès aux financements climatiques demeure un défi, en raison de ressources limitées et de critères exigeants imposés par les mécanismes existants. Beaucoup d’acteurs ignorent encore l’existence de ces sources de financement ou ne savent pas comment y accéder.

L’atelier a ainsi permis de renforcer la connaissance des mécanismes et d’encourager leur mobilisation.

La population, quant à elle, est appelée à adopter des pratiques durables et intelligentes face au climat, à utiliser les ressources naturelles de manière rationnelle et à suivre les initiatives environnementales. Cette participation active contribue à renforcer la résilience collective et à garantir la durabilité des ressources pour les générations futures.

« Chaque décideur, dans son domaine de responsabilité, doit prendre en compte les actions climatiques, car leurs effets sont transversaux et touchent tous les secteurs. La mobilisation de tous est essentielle pour un développement durable et pour la résilience du pays face aux changements climatiques », a conclu M. Hakizimana, coordinateur de l’atelier.