MUKAZA/MPANDA/MAKAMBA/NGOZI, 27 mai (ABP) – La communauté musulmane du Burundi s’est jointe, mercredi 27 mai 2026, aux musulmans du reste du monde dans la célébration de la fête du sacrifice, l’Eid el-Adha.
En commune Mukaza, province de Bujumbura, la cérémonie a été rehaussée par la présence du président de la République, Évariste Ndayishimiye, du secrétaire général du parti CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo, ainsi que d’autres hautes autorités du pays, a constaté l’ABP sur place.
Au cours de cette cérémonie, le président de la République du Burundi a adressé un message à la communauté musulmane du Burundi. Il a salué l’intérêt croissant des musulmans pour les travaux de développement et l’éducation, contrairement aux années passées où certains d’entre eux passaient leurs journées dans les « ligalas », jouant aux dames et au Ludo sans travailler.
« Aujourd’hui, nous avons des professeurs, des ministres musulmans et nous en sommes fiers », a déclaré le chef de l’État burundais. Il a appelé les musulmans à lutter pour l’unité des Burundais en refusant toute forme de division. Il leur a promis son soutien dans tous leurs projets, affirmant que les problèmes seront résolus ensemble pour le bien de tous.
Le représentant de la Communauté islamique du Burundi (COMIBU), Mufti Salum Nayabagabo, a indiqué que cette journée constitue un exemple montrant à tous les musulmans qu’à chaque fois qu’ils veulent atteindre leurs objectifs, ils doivent se mettre du côté de Dieu à travers de bonnes actions. M. Nayabagabo a invité les musulmans du Burundi à faire don de leurs biens les plus précieux, à l’exemple d’Abraham, qui avait accepté de sacrifier son fils. Il a souligné que, grâce à ces actions, Dieu leur ouvrira des portes et leur offrira des opportunités selon les besoins de chacun.

Concernant le développement du pays, il a appelé les musulmans à s’investir dans les activités agropastorales, à veiller à l’éducation des enfants et à promouvoir l’entraide mutuelle. Il les a également invités à participer aux prochaines élections, soulignant l’importance des dirigeants dans la stabilité du pays et de la communauté musulmane.
M. Nayabagabo a également indiqué que les musulmans burundais contribuent à la mise en œuvre de la vision du pays à travers plusieurs projets de développement. Il a notamment cité la construction du siège de la COMIBU dans le cadre du projet « Gira aho uba wubahwe », déjà réalisé à plus de 40 %, pour un budget estimé à plus de 4 milliards de francs burundais. Il a aussi évoqué la construction d’une école d’excellence à Buhumuza ainsi que d’un centre de santé à Muyinga, précisant que ces projets sont financés par les contributions des musulmans et de leurs partenaires. Dans le secteur agricole, plus de 15 000 avocatiers ont été plantés dans différentes provinces, tandis que plus de 100 chèvres ont été distribuées aux musulmans démunis.
En conclusion, Mufti Nayabagabo a appelé les fidèles à préserver les bonnes valeurs observées durant la période de préparation de cette fête, notamment le partage et la solidarité envers les voisins, les orphelins, les veuves et les personnes démunies, afin de maintenir une bonne cohabitation sociale.
Signalons que l’Eid el-Adha est la fête la plus importante du calendrier musulman. Elle commémore la soumission du prophète Ibrahim (Abraham) à Dieu, symbolisée par son acceptation de sacrifier son fils. Pour l’année 2026, cette fête est célébrée dans 261 lieux à travers le Burundi.
Toujours en province de Bujumbura, les musulmans de Muzinda, en commune Mpanda (nord-ouest du Burundi), ont été appelés à l’obéissance à Dieu en mettant en pratique Ses commandements, car Dieu demeure inégalable. Cet appel a été lancé par le Cheikh Abdallah Ndayizeye, qui dirigeait la prière lors de la célébration de la fête d’Eid el-Adha à Muzinda, a-t-on appris sur place.

Dans son sermon, le Cheikh Ndayizeye a fait savoir que l’obéissance et le respect des commandements de Dieu conduisent au bien-être durant le court séjour de l’homme sur la Terre, et lui permettront d’accéder au royaume des Cieux.
Il a invité les musulmans à prendre pour référence Ibrahim dans le Coran, qui a obéi à Dieu jusqu’à accepter de sacrifier son fils Isaac. Il leur a également demandé de promouvoir la bonne cohabitation entre eux ainsi qu’avec les non-musulmans, tout en respectant les autorités. Le cheikh les a aussi exhortés à éviter aussi bien la richesse excessive que la pauvreté extrême, susceptibles de les éloigner de Dieu, a-t-on appris sur place.
A signaler qu’une vache et six chèvres ont été abattues pour être partagées avec une centaine de personnes vulnérables de la localité, incapables de se procurer de quoi célébrer cette fête.
En commune Makamba, province de Burunga, le représentant communal des musulmans, Shafi Sindayigaya, a appelé ces derniers ainsi que les Burundais en général à conserver les récoltes obtenues au cours des saisons culturales A et B, à s’atteler aux travaux d’autonomisation et de développement, à suivre le modèle des leaders, à investir dans l’éducation des enfants ainsi qu’à mettre en œuvre la vision d’un Burundi développé.
M. Sindayigaya a également rappelé aux musulmans de se préparer pour la présidentielle de mai 2027. Il a en outre fait savoir qu’il est important de développer le sens du patriotisme, car les saintes écritures recommandent l’amour de la patrie. Il a enfin demandé aux musulmans de partager le peu qu’ils possèdent avec les plus démunis, notamment les veuves et les orphelins.
En commune Ngozi, province de Butanyerera, la cérémonie s’est déroulée au stade Kugasaka et a été rehaussée par la présence du gouverneur de province, M. Victor Segasago, accompagné du secrétaire provincial du parti CNDD-FDD, Ferdinand Habimana.
Dans son allocution, le gouverneur Segasago a indiqué que cette fête constitue une occasion de réflexion et de respect des commandements de Dieu à travers l’amour du prochain, soulignant que là où règne l’amour, la paix s’installe. Il a exhorté les fidèles à renforcer les relations harmonieuses et le développement au sein des familles, précisant que le développement du pays commence par des ménages stables, condition essentielle pour atteindre la vision nationale : pays émergent en 2040 et développé à l’horizon 2060.
Dans son enseignement, le Cheikh Halidi Minani, responsable des cheikhs dans la province de Butanyerera, a rappelé que cette fête ne se limite pas au sacrifice rituel, mais constitue également une opportunité d’humilité, de solidarité et d’entraide envers les personnes vulnérables. Il a ajouté qu’il s’agit d’un moment privilégié pour promouvoir l’unité, poser des actes de charité et de compassion, ainsi que pour se souvenir de l’alliance entre Dieu et les hommes. Selon lui, cette célébration est aussi une occasion de purifier les cœurs en se détournant du mal et en se rapprochant de Dieu.
De son côté, le secrétaire provincial du parti CNDD-FDD à Butanyerera, M. Habimana, a salué la contribution des musulmans au développement provincial, notamment à travers la promotion de la culture de l’avocatier. Il a profité de cette occasion pour les inviter à participer aux prières œcuméniques organisées par le parti du 11 au 13 juin 2026, en mémoire de feu président et guide suprême, Pierre Nkurunziza.

