MUKAZA, 27 mai (ABP) – Onze journalistes issus de la radio, de la télévision classique, de la télévision en ligne et de la presse écrite ont reçu des prix allant d’un ordinateur portable d’une valeur de cinq millions de francs burundais à une enveloppe d’un million de francs burundais, mardi 26 mai 2026, après avoir remporté le concours du Prix Média lancé par deux organisations burundaises et un organe régulateur des médias : la Maison de la presse du Burundi (MPB), l’Association des femmes journalistes du Burundi (AFJO) et le Conseil national de la communication (CNC), a-t-on appris sur place.
Dans son discours de circonstance, la présidente de la MPB, Mireille Kanyange, est revenue sur le classement du Burundi en matière de liberté de la presse, selon l’association Reporters sans frontières. Le rang du Burundi, qui occupe la 119ème place sur 180 pays, doit réveiller la conscience collective des Burundais à bâtir un environnement médiatique plus libre, plus professionnel, plus crédible et indépendant, capable d’accompagner la démocratie, de protéger la paix et surtout d’éclairer la nation. « Ce rang ne doit pas être vécu comme une fatalité, mais comme un signal à un appel collectif au changement », a-t-elle déclaré.
Constatant qu’aucun article de la presse en ligne n’a été primé au cours de cette compétition, Mme Kanyange a encouragé les journalistes de ce secteur à redoubler d’efforts afin de mieux se distinguer lors des prochaines éditions.
Quant à la présidente de l’AFJO, Francine Ndihokubwayo, elle a souligné l’importance du rôle des journalistes. Selon elle, à travers leurs reportages, leurs enquêtes, leurs émissions et leurs analyses, les journalistes influencent les mentalités, déconstruisent les stéréotypes et participent à la construction d’une société plus équitable.
Elle a indiqué que, parmi les défis observés dans le monde médiatique, les femmes demeurent encore insuffisamment représentées dans les contenus médiatiques, souvent sous-représentées comme expertes, décideuses ou sources d’information. Malgré cela, a-t-elle poursuivi, « L’AFJO continue de croire fermement que la prise en compte du genre dans les médias n’est pas une faveur accordée aux femmes, mais une exigence de justice, de professionnalisme et de développement durable ».
Avant d’appeler les responsables des médias à continuer d’offrir des espaces favorisant l’égalité des chances, la promotion des femmes journalistiques et la production de contenus inclusifs, Mme Ndihokubwayo a indiqué que l’AFJO réaffirme son engagement à poursuivre son plaidoyer pour une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les médias, la lutte contre les violences basées sur le genre, et la promotion du leadership féminin.
Pour sa part, la présidente du CNC, Espérance Ndayizeye, a signalé que le choix du thème pour cette année, qui portait sur la salubrité, visait à sensibiliser les médias sur leur rôle et à accroître le nombre de sujets consacrés à la salubrité et au développement durable. Selon elle, l’émergence du Burundi en 2040 et son développement en 2060 dépendent notamment de la promotion d’un environnement sain et dépourvu de maladies.
Il convient de signaler que trois journalistes issus de la radio, de la télévision classique et de la presse écrite ont été primés par la MPB. Trois autres, répartis dans les catégories de la télévision classique, de la presse écrite et de la presse en ligne, ont été primés par l’AFJO, tandis que six journalistes issus de la radio, de la télévision classique, de la télévision en ligne et de la presse écrite ont reçu des prix du CNC.
Le concours organisé par la MPB avait pour thème : « Gouvernance inclusive et résilience climatique pour une paix durable au Burundi ». « L’action féminine dans la promotion et la défense de la justice et des droits des femmes et des filles » était le thème du concours lancé par l’AFJO, tandis que « Médias et salubrité pour un Burundi émergent en 2040 et développé en 2060 » était celui du concours organisé par le CNC.

