MUKAZA, 17 août (ABP) – La suppression des visas entre les pays africains constitue un levier indispensable pour stimuler l’économie continentale et faciliter la libre circulation des personnes et des biens en Afrique, a affirmé l’expert en économie Arsène Mugenzi dans une interview accordée à l’ABP.
Dans son analyse, M. Mugenzi rappelle que les frontières actuelles restent un fardeau colonial issu du découpage de 1885 ayant morcelé le continent en cinquante-quatre micro-États et séparé des communautés partageant une même culture. Selon l’économiste, l’intégration continentale exige une décolonisation effective de ces frontières afin de libérer le potentiel économique de la région.
Saluant les initiatives prises par certains pays africains pour faciliter l’entrée des ressortissants du continent, notamment le Tchad, le Bénin et le Sénégal, l’expert souligne que la suppression des visas peut également favoriser les investissements. Selon lui, les investisseurs ont besoin d’accéder à des marchés suffisamment vastes pour rentabiliser leurs projets, particulièrement dans les secteurs nécessitant une intégration régionale. Il cite notamment le commerce transfrontalier, le tourisme et le développement des infrastructures régionales, notamment les réseaux ferroviaires reliant plusieurs pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale. Pour lui, la libre circulation des personnes constitue un facteur essentiel au développement de ces secteurs.
Toutefois, M. Mugenzi reconnaît que plusieurs obstacles persistent en 2026, notamment le protectionnisme, les préoccupations sécuritaires et les difficultés liées à la mise en œuvre des objectifs d’intégration fixés dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Malgré ces défis, il considère la suppression progressive des visas comme une mesure stratégique susceptible de consolider l’identité culturelle et de contribuer à bâtir une Afrique davantage intégrée et prospère.

