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Les conflits familiaux peuvent laisser des blessures émotionnelles chez l’enfant

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Oct 28, 2026
Christophe Armel Arakaza Ndoruwanka

MUKAZA,  8 oct (ABP) – Les conflits au sein de la famille peuvent avoir des conséquences importantes sur le développement psychologique et comportemental de l’enfant, a indiqué le psychologue Christophe Armel Arakaza Ndoruwanka, dans une interview accordée à l’ABP mardi 29 septembre 2026.

Selon ce psychologue, les conflits familiaux peuvent avoir différentes origines, notamment le caractère des conjoints, les difficultés sociales et économiques ainsi que les problèmes auxquels les adultes sont confrontés dans leur vie quotidienne. Ces différentes situations peuvent provoquer des réactions émotionnelles susceptibles d’influencer les relations et les interactions au sein du ménage.

Face à ces situations, l’enfant cherche à comprendre ce qui se passe autour de lui et peut également avoir tendance à s’identifier à ses parents. Il risque ainsi d’imiter certains comportements qu’il observe dans son environnement familial, a-t-il expliqué.

Le psychologue a également évoqué les blessures émotionnelles qui peuvent découler de certaines expériences vécues durant l’enfance, notamment le rejet, l’abandon, l’humiliation, l’injustice et la trahison. Selon lui, ces expériences peuvent avoir des répercussions sur le développement de l’enfant.

« Tout cela aura de l’impact sur l’enfant », a-t-il souligné, précisant que l’ampleur des conséquences dépend notamment de la durée pendant laquelle ces difficultés ont marqué la vie de l’enfant, de leur gravité ainsi que de certains facteurs individuels, notamment la capacité de l’enfant à faire face à ce type d’épreuves.

D’après M. Arakaza Ndoruwanka, certaines conséquences des conflits intrafamiliaux peuvent devenir davantage visibles au début de l’adolescence. Toutefois, les manifestations de ces difficultés peuvent apparaître beaucoup plus tôt, y compris durant les premières années de la vie.

Il a notamment souligné que l’enfant peut être influencé par l’environnement dans lequel il évolue dès la période prénatale. Selon lui, le vécu de la mère pendant la grossesse peut avoir une influence sur l’enfant à travers les mécanismes hormonaux et physiologiques liés à la grossesse. À titre d’exemple, il a évoqué le cas d’une femme enceinte victime de violences conjugales. La peur, la panique et le stress auxquels elle est exposée peuvent, selon lui, avoir des répercussions sur le vécu de l’enfant à naître.

Le psychologue a également fait référence à certaines recherches qui s’intéressent aux liens possibles entre le vécu intra-utérin et certains événements observés autour de la période périnatale, notamment les difficultés liées à l’accouchement.

Il a toutefois expliqué que la naissance ne dépend pas uniquement des contractions utérines, mais également de la maturité de l’embryon et de différents facteurs physiologiques et psychologiques qui interviennent dans le processus de l’accouchement.

Les conséquences de certaines difficultés familiales peuvent commencer à être observées dès la toute petite enfance, notamment entre zéro et deux ans, a poursuivi le psychologue.

Il a indiqué que les enfants peuvent présenter des manifestations différentes selon leur vécu et leur capacité à faire face aux difficultés. « Les enfants différents, il faut les comprendre pour mieux les aider », a-t-il fait remarquer, soulignant l’importance de comprendre les comportements de l’enfant plutôt que de les considérer uniquement comme des problèmes.

Sur le plan psychologique, certains enfants peuvent notamment présenter une tendance à l’agitation ou à l’irritabilité. Ils peuvent pleurer fréquemment, crier, avoir des difficultés à rester calmes ou manifester une agitation importante.

Selon M. Arakaza Ndoruwanka, lorsque ces comportements ne sont pas expliqués par une maladie physique diagnostiquée, il peut être nécessaire de considérer également les facteurs psychologiques et environnementaux dans lesquels évolue l’enfant.

Les troubles du sommeil peuvent également constituer des signes à surveiller. Un enfant qui dort difficilement, sursaute fréquemment pendant son sommeil ou manifeste une agitation nocturne peut, dans certains cas, être confronté à un environnement familial ou social qu’il ne perçoit pas comme suffisamment sécurisant, a-t-il expliqué.

Le psychologue a par ailleurs évoqué le cas des maladies répétitives chez certains enfants. Selon lui, certains problèmes de santé récurrents peuvent nécessiter une attention particulière et une évaluation médicale, tout en prenant en compte, lorsque cela est pertinent, l’environnement psychologique et familial de l’enfant.

Il a ainsi appelé les parents et l’entourage des enfants à être attentifs aux changements de comportement et aux signes inhabituels observés chez eux, afin de favoriser une prise en charge adaptée.