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Le journaliste, un acteur important dans la société

ByAdministrateur

Mai 19, 2023

BUJUMBURA, 17 mai (ABP) – Le journaliste doit savoir qu’il est un acteur tant important qu’incontournable dans la société et que son rôle ne peut pas être compris par lui-même, mais plutôt par les gestionnaires de l’Etat, a souligné, la semaine dernière, l’ancien président de la République et l’aîné dans le métier de journalisme, Sylvestre Ntibantunganya, en marge de cérémonies de remise des prix aux gagnants du concours « Prix Média » organisé par le Conseil national de la communication sous le thème « Affiliation des employeurs aux institutions de sécurité sociale au Burundi ».

M. Ntibantunganya a, à cet effet, salué la présence des personnalités de la présidence de la République et de la primature, qui ont pris part à ces cérémonies de remise des prix aux producteurs des œuvres jugées meilleures.

Quand on fait le métier de journaliste, il faut s’armer du professionnalisme tout en tenant compte de la ligne directrice tracée par son employeur et en mettant en avant les exigences professionnelles, a-t-il fait remarquer.

Dans certaines circonstances, a-t-il poursuivi, les journalistes peuvent subir des pressions de la part de leurs employeurs ou de l’opinion à laquelle ils s’adressent s’ils ne savent pas comment bien la gérer, d’où il peut y avoir des journalistes qui dérapent totalement s’ils ne prennent pas les mesures nécessaires au niveau de leur propre gestion en tant que professionnels des médias.

Cet aîné dans le métier de journalisme a fait remarquer qu’il a exercé ce métier pendant la période où il y avait le parti unique alors qu’il y a aujourd’hui un système de plusieurs partis politiques et une diversité au niveau des entreprises de presse avec beaucoup de spécificités. « Nous sommes le quatrième pouvoir à côté des pouvoirs institutionnels. Mais aujourd’hui, ni l’exécutif, ni le législatif, ni le judiciaire, ne peut bien faire son travail sans avoir recours à ceux qui recherchent, traitent et diffusent les informations relatives à la mission exercée », a-t-il souligné. Il a ajouté que si l’on veut que la presse joue bien son rôle, l’on doit comprendre sa place dans la société car, s’est-il exprimé, la presse est un partenaire incontournable.

Selon toujours lui, le journaliste doit ainsi comprendre qu’il peut être sollicité et corrompu, surtout pendant la campagne électorale. A ce moment, le concerné n’est plus journaliste, il devient plutôt un propagandiste car, a-t-il fait remarquer, il ne respecte plus les règles professionnelles qui doivent le guider dans son travail, alors qu’un journaliste n’invente pas, ne fomente pas, ne vilipende pas ; il travaille plutôt à partir des faits qu’il regarde, analyse et constate.

« En 1993 pendant la campagne, je me souviens j’étais avec le feu président Ndadaye et on allait à la radio nationale. On causait ainsi avec le ministre de l’information de l’époque en attendant que l’on prenne la parole. Le feu président Ndadaye lui a posé la question de savoir pourquoi on ne diffusait pas ce qu’il disait et ce que l’on faisait. L’autre lui a répondu qu’il fallait dire ce qui peut être diffusable (Ba uvuga ibimirika en Kirundi) », a exemplifié M. Ntibantunganya tout en soulignant que cette conception du travail des médias était fausse et dangereuse. Il a ainsi encouragé les professionnels des médias à être fiers de leur travail, à marcher la tête haute et à être confiants en eux-mêmes en se basant uniquement sur les techniques professionnelles. Il leur a demandé de mettre en place des mécanismes d’auto-contrôle et d’auto-critique pour savoir comment ils travaillent et comment ils sont jugés, et surtout pour se conforter et se renforcer mutuellement en vue d’être justement des cadres qui auraient alors le droit de dire qu’ils sont le quatrième pouvoir. Signalons que d’autres aînés du métier de journalisme, y compris Mme Christine Ntare, ont eu l’occasion de se présenter et d’encourager leurs petits frères et sœurs exerçant ce métier.