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Quand la 5G arrive avant la 3G fonctionnelle

ByAdministrateur

Fév 28, 2026

BUJUMBURA, 5 janvier (ABP)Alors que la 5G est officiellement lancée au Burundi, un étudiant reste incapable d’envoyer ses travaux universitaires et un journaliste peine à informer. La défaillance persistante des réseaux 2G, 3G et 4G bloque l’accès aux services numériques essentiels pour des milliers d’usagers. Ce paradoxe met en lumière un Internet à deux vitesses et les failles d’une modernisation technologique engagée sans infrastructure publique numérique (DPI) réellement fonctionnelle, équitable et inclusive.

Devant son ordinateur portable téléphone dans la main, Elie Matore reste figé. L’écran affiche encore «échec de l’envoi ». Il recommence. Une fois. Deux fois. Trois fois. La barre de chargement n’avance pas. Le temps passe. Les minutes deviennent des heures. Autour de lui, le silence est lourd. A des milliers de kilomètres, son université attend ses travaux. Il  baisse la tête, désemparé, conscient que ce retard ne dépend ni de son effort ni de sa volonté.

Non loin de là, Innocent Ndayizigiye vit la même scène. Téléphone en main, barres de réseau affichées, symbole internet allumé. Il actualise la page. Rien ne se charge. Il soupire, pose l’appareil, puis recommence. L’outil censé lui permettre d’informer devient un obstacle. A cet instant précis, la 5G annoncée paraît lointaine, presque abstraite. Ce qui leur manque n’est pas la vitesse, mais une connexion internet qui tient, simplement.

Quand la 5G masque les pannes du quotidien

En effet, à Bujumbura comme à l’intérieur du pays, l’Internet est devenu une source quotidienne de frustration. Depuis plusieurs mois, des usagers dénoncent une connexion lente, instable, parfois inexistante. Messages WhatsApp qui n’aboutissent pas, appels interrompus, plateformes en ligne inaccessibles : pour beaucoup, même la 2G, la 3G ou la 4G ne fonctionnent plus normalement.

Cette situation, bien au-delà d’un simple problème technique, révèle en réalité une fragilité plus profonde : celle d’une Infrastructure Publique Numérique (DPI) encore instable. « Aujourd’hui, en effet, l’accès à l’Internet conditionne l’éducation, le travail, l’information et les services essentiels. Dès lors, la connectivité n’est plus un luxe technologique, mais, fondamentalement, une infrastructure publique de base, au même titre que l’électricité ou l’eau », explique Francine Kankindi, juriste spécialisée en droit des affaires et doctorante en droit du numérique à l’Université du Burundi.

C’est dans ce climat de lassitude numérique que la société Viettel Burundi, opérant sous le nom de Lumitel depuis décembre 2014, a annoncé le lancement officiel de la technologie 5G, le 19 décembre 2025, lors des cérémonies marquant le 10ème anniversaire de son implantation au Burundi, sous le thème « Digital For Life ».Une annonce présentée comme une avancée majeure vers la modernisation des  télécommunications. Mais sur le terrain, une question persiste : à quoi sert une infrastructure de pointe lorsque l’infrastructure de base reste défaillante ?

« Dans une logique de Digital Public Infrastructure, l’innovation technologique ne peut pas être dissociée de la fiabilité de l’infrastructure existante. Une DPI ne se mesure pas à la sophistication des technologies annoncées, mais à leur capacité réelle à servir l’ensemble de la population de manière continue, équitable et durable », insiste encore  Kankindi.

En dépit des annonces de la 5G, les réseaux existants restent insuffisants. En effet, selon l’ARCT, la 3G couvre à peine 50 à 54 % de la population, tandis que la 4G n’atteint que 32 à 34 %. Par ailleurs, la 2G, bien que présente chez 97 % des Burundais, ne suffit pas pour l’apprentissage en ligne ou le télétravail. Ainsi, début 2025, seuls 12,5 % des Burundais utilisaient réellement Internet, malgré près de 8 millions de connexions mobiles actives.

Cette situation montre que la promesse de la 5G contraste fortement avec la réalité du terrain. De fait, moins d’un tiers de la population bénéficie d’un réseau 4G fiable, indispensable pour profiter des services Internet mobile. A défaut d’actions concrètes pour renforcer les réseaux 3G et 4G, la 5G restera marginale, accessible seulement à ceux qui sont déjà connectés.

Des discours ambitieux face à une réalité contrastée

Lors de ces cérémonies, le Directeur général de Lumitel Burundi, Phan Truong Son, a dressé un bilan qu’il juge positif : « Il y a 12 ans, le 19 décembre 2013, Lumitel entamait son aventure au Burundi avec la promesse de rapprocher la technologie moderne des citoyens. Avec une couverture réseau atteignant 97 % de la population et une couverture Internet de 75 %, accessible à près de 11 millions de personnes, nous sommes fiers d’avoir contribué à hisser le Burundi parmi les 31 pays africains dont la couverture 4G dépasse la moyenne continentale », a-t-il souligné.

Dans la même dynamique, Do Minh Phuong, vice-président du Groupe Viettel, a inscrit la 5G dans un cadre plus large : «Cette révolution technologique s’inscrit dans une série d’initiatives significatives organisées à l’occasion du 50ème anniversaire des relations diplomatiques entre la République du Burundi et la République socialiste du Vietnam », a-t-il précisé.

Selon l’Agence de régulation et de contrôle des télécommunications (ARCT), la 5G offre une bande passante plus élevée et une latence plus faible que les générations précédentes, permettant des usages nouveaux dans les secteurs de l’économie, de l’administration et des services.

Une frustration reconnue au sommet de l’Etat

Cependant, cette vision optimiste est fortement nuancée par les autorités burundaises elles-mêmes. Lors de sa rencontre avec les professionnels des médias et les influenceurs, le 11 décembre 2025 à Bujumbura, le président de la République, Evariste Ndayishimiye, a exprimé son exaspération :
« Récemment, je leur ai envoyé un message pour leur dire : ne me parlez plus de projets que vous allez réaliser tant que la couverture nationale n’est pas encore assurée », a-t-il déploré. Le chef de l’Etat a lié cette situation à la question du monopole, soulignant la nécessité d’un secteur plus équilibré et mieux régulé.

De toute façon, cette prise de position du président de la République  traduit une tension classique dans la construction des DPI : l’écart entre annonces stratégiques et réalité de terrain. Pour Kankindi, « Une Infrastructure Publique Numérique ne peut fonctionner durablement sans couverture effective, qualité de service et régulation forte, surtout lorsqu’elle devient essentielle au fonctionnement de l’Etat et de l’économie ».

Monopole, saturation et limites structurelles

Lors d’un atelier d’échange sur l’économie numérique, tenu le 14 novembre 2025, Didmond Mvukiye, Directeur général adjoint de Lumitel, est revenu, dans son intervention, sur l’évolution du marché : « A notre arrivée, Smart, Econet Leo et ONAMOB opéraient efficacement. Après la fermeture de Smart en 2022, les difficultés fiscales d’Econet Leo et celles d’ONATEL, de nombreux abonnés ont migré vers Lumitel, ce qui a entraîné une saturation du réseau », a-t-il expliqué.

Un malaise reconnu jusque dans les cercles du pouvoir

Même son de cloche du côté du parti au pouvoir, le CDD-FDD. Lors d’une conférence de presse animée le vendredi 2 janvier 2026 à Bujumbura, son secrétaire général, Révérien Ndikuriyo, est revenu sans détour sur la qualité jugée insuffisante de la connexion Internet fournie par Lumitel.
Il a d’abord livré un témoignage personnel, révélateur du mécontentement généralisé :
« J’ai reçu un appel de la part de Lumitel. Quelqu’un à l’autre bout du fil me demandait : cher client, comment appréciez-vous le débit Internet ? Je lui ai répondu : ne me dites rien, il n’y a pas d’Internet, il n’est pas du tout bon. La personne m’a alors demandé : pourquoi répondez-vous avec colère ? Et je lui ai répondu : ne me convaincs pas, j’ai déjà discuté de cette question avec votre supérieur hiérarchique. Le service Internet que vous nous fournissez n’est pas du tout bon », a-t-il relaté.

Au-delà de l’anecdote, Ndikuriyo a soulevé une question de fond, celle de la capacité réelle de l’opérateur à répondre à la demande nationale. Selon lui, Lumitel compterait aujourd’hui plus de 5 millions d’abonnés, un chiffre qui, sans investissements proportionnels dans les infrastructures, risque de transformer l’inclusion numérique en saturation chronique : « Il faut évaluer si Lumitel a la capacité de supporter tous ces clients », a-t-il insisté, appelant à une responsabilité collective afin de trouver une réponse concrète, durable et efficace à une question qui touche directement le quotidien de millions de Burundais.

Cependant, Ndikuriyo se veut rassurant. Il estime que l’arrivée récente de nouvelles entreprises autorisées à opérer sur le territoire burundais pourrait constituer une source d’espoir.

« C’est dans cette logique que Starlink a été agréé au Burundi. Cette technologie repose sur une connexion satellitaire, qui peut offrir une alternative aux infrastructures terrestres traditionnelles, même si son coût reste encore élevé pour la majorité de la population », explique-t-il.

Il rappelle également que l’opérateur Lycamobile a récemment obtenu son autorisation d’exercer au Burundi. Selon lui, ces différentes initiatives s’inscrivent dans une volonté des autorités de diversifier les acteurs du secteur et de rechercher des solutions plus durables et plus efficaces aux problèmes persistants de connectivité Internet dans le pays.

La 5G comme solution technique mais pas universelle

Pour le Directeur général de l’ARCT, Samuel Muhizi cité par Yaga,  la 5G peut néanmoins contribuer à désengorger les réseaux existants : « Lumitel a déjà installé 80 sites 5G dans les sept anciennes provinces. Les utilisateurs disposant de terminaux compatibles migreront vers la 5G, ce qui facilitera l’accès aux réseaux 2G, 3G et 4G pour les autres abonnés », a-t-il révélé. Mais cette solution reste conditionnée à l’accès aux smartphones compatibles et à une couverture effective.

Entre régulation, inclusion et risque de DPI de façade

Kankindi  souligne que la responsabilité ne repose pas uniquement sur l’opérateur. Elle engage aussi l’Agence de régulation et de contrôle des télécommunications (ARCT) et, plus largement, l’Etat burundais. L’analyse juridique replace le débat dans une perspective plus large : celle de la gouvernance des Digital Public Infrastructure. Lorsque l’accès à l’Internet devient une condition d’exercice des droits fondamentaux, la responsabilité ne peut reposer uniquement sur les opérateurs ou les usagers, mais engage pleinement le régulateur et l’Etat. « L’ARCT a l’obligation légale de contrôler la qualité des services, de vérifier le respect des cahiers des charges et de sanctionner les manquements. Dans un contexte de quasi-monopole, cette responsabilité est renforcée, car l’absence de concurrence accroît le risque d’abus », rappelle l’expert.

Selon toujours elle, l’Etat, de son côté, est garant de l’intérêt public numérique. Son rôle est d’assurer un accès équitable, fiable et abordable à Internet, aujourd’hui reconnu comme un levier essentiel de développement économique et social. Une inaction prolongée face à la dégradation du service peut engager une responsabilité institutionnelle pour défaut de contrôle.

Francine Kankindi, Expert en droit numérique: Photo par Jean de Dieu Ndikumasabo

Cette situation interroge aussi la cohérence du discours sur les Digital Public Infrastructure (DPI).
« On ne peut pas pleinement parler de DPI lorsque l’accès à Internet reste instable, coûteux et inégal. Le DPI repose sur l’accessibilité universelle, la fiabilité et l’inclusion. Une 5G accessible à une minorité équipée de terminaux compatibles risque d’accentuer la fracture numérique plutôt que de la réduire », précise Kankindi.

Enfin, l’expert insiste sur les droits et recours des usagers. En théorie, les citoyens peuvent saisir l’opérateur, déposer plainte auprès de l’ARCT ou recourir à la justice. En pratique, ces mécanismes restent peu connus, complexes et peu accessibles, affaiblissant la protection effective des cyberconsommateurs. « Un droit sans mécanisme simple, rapide et transparent de réparation reste théorique. La modernisation technologique n’est juridiquement légitime que si elle renforce l’intérêt général. Sinon, on risque de construire une DPI de façade : technologiquement ambitieuse, mais socialement et juridiquement fragile », déplore-t-elle.

Quand la fracture numérique devient une épreuve humaine

Etudiant en master II en Management et développement des affaires  à l’Université de Montpellier, Matore décrit un quotidien marqué par l’incertitude : « J’active le bouquet journalier. A la fin de la journée, je me rends compte que je n’ai rien fait. Les fichiers ne partent pas. Les recherches prennent un temps fou », se plaint-il.

Pour lui, l’ordre des priorités est clair : « Il faut d’abord que la 2G, la 3G et la 4G fonctionnent correctement avant d’introduire la 5G », insiste-t-il.

Journaliste, webmaster et community manager à l’Agence burundaise de presse (ABP), Ndayizigiye constate une dégradation progressive : « Avant, je pouvais travailler depuis la maison. Aujourd’hui, je n’arrive même plus à téléverser une photo. Les barres de signal sont là. Mais l’Internet, ne suit pas », explique-t-il. «On parle de 5G, mais l’Internet de base est déjà un combat quotidien », ajoute-t-il.

Ces récits individuels rappellent que les Digital Public Infrastructure ne sont pas des concepts abstraits. Leur défaillance se traduit concrètement par des retards académiques, des pertes professionnelles et une exclusion silencieuse de ceux qui n’ont ni alternatives techniques ni moyens de contournement.

Entre promesse technologique et réalité sociale

La question reste donc entière : la 5G est-elle une réponse structurelle ou un palliatif technologique ? Dans un pays où la qualité du service reste instable, et où l’opérateur dominant concentre l’essentiel du marché, la transformation numérique ne peut se limiter à des annonces.

Quand la lenteur devient une question de droit

Mais au-delà des coupures et des frustrations quotidiennes, la situation soulève une véritable question de droit numérique. Selon Kankindi, lancer la 5G alors que les réseaux 2G, 3G et 4G restent défaillants peut être juridiquement contestable. « Le droit des télécommunications repose sur un principe fondamental : la continuité et la qualité du service. Un opérateur est tenu de fournir un service effectif et conforme aux engagements annoncés, avant de promouvoir une technologie plus avancée », explique-t-elle.

La question de la facturation des données est encore plus sensible. De nombreux internautes activent des forfaits internet sans pouvoir accéder réellement aux services, avant de recevoir des notifications indiquant que l’intégralité de leur bouquet a été consommée. « Facturer des données sans accès réel à Internet s’apparente à une pratique abusive, voire trompeuse. Le consommateur paie pour un service qui n’est pas rendu, ce qui viole les principes élémentaires de la protection du consommateur, applicables également au Burundi », souligne l’expert.

Sur le plan juridique, la charge de la preuve est claire : « En cas de contestation, c’est à l’opérateur de démontrer la consommation effective des données, et non à l’abonné. La transparence et la traçabilité de la facturation sont des obligations légales », précise-t-elle.

Pour l’expert, cette situation justifie une intervention ferme du régulateur et un principe simple : « pas de facturation sans service réellement accessible », insiste-t-elle.

5G ou mirage ?

Malgré les lenteurs, malgré les coupures, Matore continue d’étudier. «Quand la connexion coupe, je recommence. Parfois tard dans la nuit, parfois à l’aube. Abandonner n’est pas une option », confie-t-il, les yeux rivés sur un écran qui se fige trop souvent.

Ndayizigiye, quant à lui, continue d’informer. «Un article qui ne part pas à temps, c’est une information qui n’atteint pas le public. Mais ici, on apprend à travailler avec l’incertitude numérique », explique-t-il.

Leur résilience rappelle une vérité essentielle : le numérique n’est pas une question de technologie, mais de dignité, d’accès et d’égalité. «Avoir Internet, ce n’est pas un luxe, c’est un droit pour étudier et travailler », insiste Matore.

Si la 5G doit tenir ses promesses, elle devra s’inscrire dans une vision plus large : celle d’un internet stable, accessible et équitable, avant d’être rapide. « La vitesse ne sert à rien si la connexion n’est pas fiable », tranche Ndayizigiye.

C’est ce  paradoxe même qui  met en lumière un défi crucial pour les Infrastructures Publiques Numériques (DPI) en Afrique. C’est un véritable exercice d’équilibriste : comment accélérer la cadence technologique sans pour autant introduire les institutions en chemin ?

D’un côté, l’urgence de la modernité pousse à brûler les étapes. De l’autre, le risque est de transformer une belle promesse d’inclusion en un brutal facteur d’exclusion. En effet, si l’on court trop vite, on finit par bâtir un système à deux vitesses où seuls les initiés profitent du progrès, laissant les plus vulnérables sur le bord de la route numérique.

Pour réussir ce pari, il ne s’agit pas seulement de déployer des câbles et des algorithmes, mais bien de tisser patiemment un lien de confiance et d’adapter les règles du jeu au rythme de la société. Car, au fond, une technologie qui avance sans l’humain n’est plus un outil de développement, mais une nouvelle barrière.

Sous l’œil du régulateur

Pendant longtemps, les opérateurs ont évolué dans un cadre réglementaire encore en construction. Les services proposés pouvaient donc présenter des variations de qualité. Aujourd’hui, la situation change. « Le secteur entre dans une phase de régulation plus stricte », affirme Prosper Niyongabo, consultant en Cyber sécurité auprès de l’Agence de régulation et de contrôle des télécommunications (ARCT).

Prosper Niyongabo, consultant en Cyber sécurité auprès de l’ARCT

Ce tournant repose sur deux textes adoptés en 2026. L’Ordonnance N°540/1029 encadre la Qualité de Service (QoS) et l’Expérience utilisateur (QoE). L’Ordonnance N°540/906 régit l’usage des cartes SIM. Ensemble, elles définissent des normes techniques précises et des obligations mesurables.

Désormais, le régulateur ne se limite plus à l’observation. Il peut sanctionner. Débit, latence, disponibilité ou stabilité : chaque indicateur est évalué. En cas de manquement, une amende peut atteindre 150 000 BIF par cellule et par période d’évaluation.

Autre évolution majeure : l’expérience réelle de l’abonné est prise en compte. Une connexion instable, un débit insuffisant ou un délai d’activation trop long peuvent entraîner des pénalités. L’objectif est d’aligner les performances techniques sur le ressenti des utilisateurs.

La transparence devient aussi obligatoire. Les opérateurs doivent transmettre leurs rapports techniques et publier leurs résultats trimestriels. En cas de refus, ils s’exposent à des amendes allant de 20 000 à plus de 200 000 BIF.

Selon le consultant, ce dispositif traduit une volonté claire : renforcer la responsabilité des acteurs du secteur et placer l’utilisateur au centre des obligations.

Il estime par ailleurs qu’un facteur externe pourrait accélérer cette transformation : l’arrivée possible de Starlink sur le marché. « Une nouvelle concurrence technologique peut pousser les opérateurs à améliorer rapidement leurs performances », analyse-t-il.

La jeunesse burundaise en particulier, et les internautes en général, ne demandent pas l’impossible. Au fond, ils réclament simplement une connexion internet fiable pour travailler, créer, apprendre et, tout bonnement, exister dans un monde désormais numérique. Il faut bien comprendre qu’une connexion instable ou quasi inexistante n’est pas un simple désagrément technique : c’est, en réalité, une opportunité brisée, un revenu perdu, voire un rêve suspendu.

En effet, à l’heure où l’avenir professionnel se construit en ligne, priver les utilisateurs d’un accès stable revient, ni plus ni moins, à leur fermer des portes déjà rares. C’est pourquoi il est urgent que les opérateurs entendent enfin ce cri silencieux. De même, il est crucial que le cadre légal ne reste pas une simple promesse sur papier. Car, après tout, derrière chaque signal faible, il y a des ambitions bien réelles qui, malgré les obstacles, refusent de s’éteindre.

Par Jean de Dieu Ndikumasabo