• mer. Juil 8th, 2026

ABP - Agence Burundaise de Presse

Grenier de l'information au Burundi

L’évolution préoccupante des paramètres climatiques, une évidence au Burundi

ByAdministrateur

Mar 24, 2026
Le Consultant Neya Tiga, lors de son exposé

MUKAZA, 19 mars (ABP) – L’Office Burundais pour la Protection de l’Environnement a organisé, du lundi 17 au vendredi 20 mars 2026, un atelier consacré au rôle stratégique du système de mesure, rapportage et vérification (MRV/MNV) ainsi qu’au mécanisme de suivi des Contributions Déterminées au niveau National (CDN), a constaté l’ABP sur place.

Les Contributions Déterminées au niveau National (CDN) sont des plans d’action climatique nationaux élaborés par les pays signataires de l’Accord de Paris sur le climat. Elles détaillent les efforts de chaque État pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et s’adapter au réchauffement, avec des mises à jour ambitieuses tous les 5 ans, a-t-on appris sur place.

Les CDN sont, donc, l’engagement concret de chaque nation pour lutter contre le changement climatique, révisé périodiquement pour accélérer l’action. Elles incluent des objectifs d’atténuation (réduction des émissions), des stratégies d’adaptation, et les besoins de financement pour les mettre en œuvre. Elles couvrent généralement l’énergie, l’agriculture, les forêts, les procédés industriels et les déchets. L’objectif principal étant de limiter le réchauffement planétaire bien en dessous de 2°C, et si possible à 1,5°C.

Une participante s’exprimant lors des échanges

À cette occasion, le consultant international en MRV, Neya Tiga, a présenté les principaux enjeux liés aux CDN 3ème génération au Burundi, en mettant en évidence l’évolution préoccupante des paramètres climatiques. Selon lui, la température moyenne du pays a augmenté de 0,31 degré Celsius par décennie entre 1979 et 2018, selon les données de la Banque Mondiale, tandis que les précipitations deviennent de plus en plus irrégulières, alternant entre inondations dévastatrices et sécheresses sévères. Il a précisé que les régions du Nord-Est et de l’Est sont particulièrement vulnérables sur le plan socio-économique, alors que l’Ouest et le Nord-Ouest sont davantage exposés aux risques climatiques. Ces perturbations ont déjà entraîné des crises récurrentes marquées par des inondations, des sécheresses prolongées et une érosion côtière liée à la montée des eaux du lac Tanganyika. Le consultant a indiqué qu’en novembre 2024, plus de 92 000 personnes ont été déplacées à la suite de catastrophes climatiques, selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).

Il a souligné que l’agriculture de subsistance, principale activité économique du pays, reste extrêmement vulnérable aux variations climatiques, entraînant des pertes importantes de cultures, de bétail et d’habitations, notamment dans les zones montagneuses et riveraines.

Par ailleurs, il a fait savoir que la forte dépendance au bois pour la cuisson, estimée à environ 95 %, contribue à la pollution de l’air intérieur et à une déforestation accélérée. À cela s’ajoutent la dégradation des sols et des ressources en eau, exacerbée par la croissance démographique et l’exploitation intensive des terres, ainsi que l’augmentation des tensions sociales liées à la rareté des ressources naturelles.

S’agissant des impacts humanitaires, Neya Tiga a indiqué que 105 000 personnes ont été affectées par les aléas climatiques entre 2020 et 2021, dont 45 000 déplacées internes, tandis que 600 000 personnes avaient besoin d’une assistance humanitaire en 2023, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires.

Sur le plan économique et social, il a relevé que l’agriculture, qui emploie plus de 80 % de la population active, est fortement touchée par la variabilité climatique, contribuant à une inflation alimentaire estimée à 40,9 % en mai 2023.

Il a également noté que les conflits fonciers représentent désormais près de 85 % des litiges judiciaires, une situation aggravée par la dégradation des terres et les catastrophes naturelles.

Les communautés rurales, en première ligne face aux effets des changements climatiques, subissent de lourdes pertes de terres cultivables, d’habitations et de moyens de subsistance. Leur capacité d’adaptation demeure limitée, la majorité de la population ne disposant pas de ressources suffisantes pour faire face aux chocs climatiques, dans un contexte marqué par la pauvreté et la fragilité post-conflit.

Malgré ces défis, le consultant a signalé l’existence de certaines initiatives encourageantes, notamment les programmes de travail rémunéré, les caisses de résilience, la promotion de l’agriculture intelligente face au climat et le développement du maraîchage avec petite irrigation.

Il a recommandé de renforcer la résilience climatique à travers la restauration des paysages et la sécurisation foncière, d’investir dans des infrastructures d’adaptation pour la gestion de l’eau et des terres. Tiga a également interpellé à la promotion de la gestion communautaire et la diversification économique, afin d’impliquer davantage les populations, dans la gestion durable des ressources naturelles.

MUKAZA, 6 juil (ABP) – Malgré les efforts engagés en faveur de leur inclusion, les personnes vivant avec un handicap continuent de faire face à de multiples obstacles au Burundi. C’est ce qu’a déclaré Elicias Nzambimana, représentant légal de l’Association des Leaders Universitaires pour la Promotion des Personnes Vivant avec un Handicap (ALUPH), lors d’un entretien accordé à l’ABP, le 4 juillet 2026, au quartier Rohero. Selon lui, les principales difficultés concernent la mobilité, l’accès aux services sociaux, l’emploi ainsi que l’intégration socio-économique. Il a notamment cité l’inaccessibilité de certaines infrastructures publiques, les difficultés d’accès au marché du travail, l’accès limité aux services financiers et la persistance des préjugés. Nzambimana a indiqué que certains employeurs hésitent encore à recruter des personnes vivant avec un handicap, doutant de leur capacité à accomplir certaines tâches. Il a ajouté que les institutions de microfinance accordent difficilement des crédits à cette catégorie de la population, ce qui limite les possibilités de créer des activités génératrices de revenus. Ces difficultés sont également vécues au quotidien par Annicet Habogorimana, étudiant en première année de master en analyse économique à l’Université du Burundi. Vivant avec un handicap moteur, il a expliqué que les bâtiments non adaptés compliquent considérablement ses déplacements. « Avec mes béquilles et ma prothèse, monter les escaliers des bâtiments à étages est très difficile. Je ne peux pas non plus parcourir de longues distances pour exercer des activités génératrices de revenus », a-t-il témoigné. De son côté, Aloys Irambona, étudiant en troisième baccalauréat en langue et littérature françaises, vivant avec une déficience visuelle, a déploré l’insuffisance des supports pédagogiques adaptés. Selon lui, cette situation ne lui permet pas de suivre les cours dans les mêmes conditions que les autres étudiants. Son accompagnateur, Elvis Ndizeye, souligne que cette situation affecte également la famille. Il a expliqué que l’accompagnement d’une personne vivant avec un handicap exige du temps, des ressources financières et une disponibilité constante. Face à ces défis, Nzambimana a appelé le gouvernement et les partenaires concernés à renforcer les mesures en faveur de l’inclusion des personnes vivant avec un handicap. Il a plaidé notamment pour l’application effective des conventions internationales relatives à la protection et à la promotion de leurs droits afin d’améliorer leurs conditions de vie.
Les filles et les garçons, égaux devant la loi
La prise en charge sanitaire des personnes âgées, l’une des priorités de l’AEVVO-Burundi

You missed

MUKAZA, 6 juil (ABP) – Malgré les efforts engagés en faveur de leur inclusion, les personnes vivant avec un handicap continuent de faire face à de multiples obstacles au Burundi. C’est ce qu’a déclaré Elicias Nzambimana, représentant légal de l’Association des Leaders Universitaires pour la Promotion des Personnes Vivant avec un Handicap (ALUPH), lors d’un entretien accordé à l’ABP, le 4 juillet 2026, au quartier Rohero. Selon lui, les principales difficultés concernent la mobilité, l’accès aux services sociaux, l’emploi ainsi que l’intégration socio-économique. Il a notamment cité l’inaccessibilité de certaines infrastructures publiques, les difficultés d’accès au marché du travail, l’accès limité aux services financiers et la persistance des préjugés. Nzambimana a indiqué que certains employeurs hésitent encore à recruter des personnes vivant avec un handicap, doutant de leur capacité à accomplir certaines tâches. Il a ajouté que les institutions de microfinance accordent difficilement des crédits à cette catégorie de la population, ce qui limite les possibilités de créer des activités génératrices de revenus. Ces difficultés sont également vécues au quotidien par Annicet Habogorimana, étudiant en première année de master en analyse économique à l’Université du Burundi. Vivant avec un handicap moteur, il a expliqué que les bâtiments non adaptés compliquent considérablement ses déplacements. « Avec mes béquilles et ma prothèse, monter les escaliers des bâtiments à étages est très difficile. Je ne peux pas non plus parcourir de longues distances pour exercer des activités génératrices de revenus », a-t-il témoigné. De son côté, Aloys Irambona, étudiant en troisième baccalauréat en langue et littérature françaises, vivant avec une déficience visuelle, a déploré l’insuffisance des supports pédagogiques adaptés. Selon lui, cette situation ne lui permet pas de suivre les cours dans les mêmes conditions que les autres étudiants. Son accompagnateur, Elvis Ndizeye, souligne que cette situation affecte également la famille. Il a expliqué que l’accompagnement d’une personne vivant avec un handicap exige du temps, des ressources financières et une disponibilité constante. Face à ces défis, Nzambimana a appelé le gouvernement et les partenaires concernés à renforcer les mesures en faveur de l’inclusion des personnes vivant avec un handicap. Il a plaidé notamment pour l’application effective des conventions internationales relatives à la protection et à la promotion de leurs droits afin d’améliorer leurs conditions de vie.