MUKAZA, 18 mars (ABP) – L’Association des Femmes et Filles pour la Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (AFFVBG) a organisé, le mardi 17 mars 2026, une conférence de presse visant à présenter ses principales réalisations et à mettre en lumière des expériences inspirantes démontrant comment les femmes, notamment en milieu rural, peuvent transformer un petit capital en une réussite durable.
La présidente de l’association, Mme Claudine Inamuco, a indiqué que l’AFFVBG œuvre pour l’autonomisation des femmes à faibles revenus, des mères célibataires ainsi que des jeunes filles.
Selon elle, plusieurs cas de violences basées sur le genre trouvent leur origine dans la pauvreté, notamment lorsque la femme dépend financièrement de son mari. « Dans certains cas, cela peut entraîner des tensions au sein du ménage, avec des répercussions sur toute la famille, y compris les enfants », a-t-elle expliqué.
Claudine Inamuco a précisé que l’association a été créée avec un capital initial modeste, basé sur des cotisations hebdomadaires, dans le but de promouvoir l’autonomisation des femmes et des filles. Elle a indiqué que l’organisation est passée de 70 membres à sa création à plus de 1.500 femmes aujourd’hui, incluant diverses catégories sociales, notamment les Batwa et les filles mères.
Elle a également souligné que les bénéficiaires suivent des formations axées sur l’autonomisation économique ainsi que sur le planning familial, afin de contribuer à la réduction de l’abandon scolaire lié à l’insuffisance des moyens des parents.
D’après Inamuco, l’association apporte un appui spécifique aux filles mères, en les encourageant à se reconstruire et à bâtir leur avenir ainsi que celui de leurs enfants. Parmi les métiers enseignés figurent la couture et la poterie. Un projet de formation en informatique est en cours de mise en œuvre.
Concernant les zones d’intervention, elle a indiqué que l’association étend ses activités à l’intérieur du pays, notamment dans les régions de Cibitoke, Bubanza et Mwaro. Elle a par ailleurs fait savoir que les cotisations, estimées à environ 500 francs burundais, ont permis à plusieurs femmes de développer des activités génératrices de revenus, notamment l’élevage de lapins, de chèvres et de porcs. « Certaines disposent aujourd’hui de plusieurs centaines de lapins », a-t-elle témoigné.
En plus de l’élevage, Mme Inamuco indique que les femmes sont formées à l’aménagement de jardins potagers, contribuant ainsi à la lutte contre la malnutrition au sein des ménages.
Interrogée sur le lien entre autonomisation économique et réduction des violences basées sur le genre, Mme Inamuco a estimé que la contribution de la femme au développement du ménage favorise un climat de respect au sein du foyer. « Si la femme dispose de revenus et participe au bien-être de la famille, les violences diminuent considérablement », a-t-elle affirmé.
Elle a ajouté que les formations sont adaptées aux talents et aux préférences de chaque femme, et que les cotisations servent également à acquérir du matériel, en attendant l’appui de partenaires.
S’agissant du rôle des hommes, Mme Inamuco a souligné leur importance dans le processus d’autonomisation, notamment en soutenant leurs épouses dans leurs initiatives économiques. « Nous ne formons pas les femmes pour qu’elles dominent leurs maris, mais pour qu’elles les complètent », a-t-elle conclu.

