NTAHANGWA, 29 avr (ABP) – L’Assemblée nationale s’est réunie en séance plénière le mercredi 29 avril 2026 à l’hémicycle de Kigobe pour suivre la présentation du rapport définitif d’audit de la gestion des projets PATAREB (Projet d’appui à la transformation agricole dans la région naturelle de Bugesera), PADCAE-B (Projet d’appui au développement durable des chaînes de valeur de l’agriculture et de l’élevage au Burundi) et AEFPF-B (Projet de production agricole d’urgence au Burundi).
Ce rapport, produit par la Cour des comptes, visait à assurer la régularité de certaines opérations financières et administratives, à évaluer la performance des projets dans la réalisation de leurs composantes, ainsi qu’à formuler des recommandations.
La ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, Calinie Mbarushimana, était l’invitée du jour pour répondre aux questions orales avec débat ayant suivi la présentation de ce rapport.
Lors des échanges, les députés membres de la commission permanente chargée de l’agriculture, de l’élevage, de l’environnement, du développement communal et des travaux publics ont posé plusieurs questions d’éclaircissement sur ces trois projets en cours dans la région de Bugesera.
Parmi les préoccupations soulevées figurent les retards significatifs accusés par les projets PATAREB et PADCAE-B, marqués par des prolongations répétées sans mobilisation de financements additionnels, ce qui a conduit à réorienter une partie des ressources initialement prévues pour les investissements vers les dépenses de fonctionnement.
Les députés ont ainsi voulu savoir si le non-respect des dates de clôture fixées pourrait compromettre l’efficacité et l’impact de ces projets.
En réponse, la ministre Calinie Mbarushimana a indiqué que les deux projets ont connu une entrée en vigueur tardive, en raison notamment des procédures de recrutement du personnel et des conditions liées au premier décaissement. Elle a toutefois rassuré que, malgré ces difficultés, des résultats sont attendus grâce au changement de l’équipe de coordination.
Ils ont également interrogé la ministre sur les mesures concrètes mises en place pour assurer la clôture des projets dans les délais impartis.
Répondant à cette question, la ministre a évoqué, entre autres, la restructuration des équipes de coordination, la redynamisation du comité de pilotage, le suivi rigoureux des activités, ainsi que la participation régulière aux séances de suivi-évaluation organisées par le bailleur.
Une autre question a porté sur les taux de réalisation des projets PATAREB et PADCAE-B, jugés très faibles, voire nuls pour certaines composantes, selon le rapport, malgré les prolongations accordées.
À ce sujet, la ministre a évoqué plusieurs causes, notamment la durée des études de faisabilité et d’impact environnemental et social, l’instabilité du personnel, l’absence prolongée d’un responsable de passation des marchés pendant trois ans, l’instabilité des chargés de projets auprès de la BAD, ainsi que l’arrêt des décaissements de juillet 2020 à juin 2021, consécutif à la non-réalisation de l’audit annuel, ce qui a entraîné la suspension des activités de plusieurs partenaires de terrain.
Par ailleurs, les députés ont relevé que la contrepartie gouvernementale prévue dans le projet PADCAE-B n’a enregistré aucun décaissement (0 %), une situation jugée préoccupante au regard des engagements initiaux. Ils ont ainsi demandé si cela n’affectait pas l’avancement global du projet et l’atteinte des résultats attendus dans les délais contractuels.
La ministre a répondu que cette préoccupation est prise en compte, précisant que le montant de la contrepartie est inscrit au PTBA 2025-2026 et que le processus de décaissement est en cours.
Concernant le marché relatif aux travaux d’aménagement du marais de Nyavyamo, les députés ont indiqué que, selon le rapport, les activités avaient été réorientées vers l’irrigation collinaire du bassin versant surplombant le marais, afin de valoriser le dispositif de pompage et les canaux, tout en signalant que les travaux n’avaient pas encore démarré.
A ce sujet, la ministre a précisé que les travaux ont débuté en septembre 2025. Elle a indiqué que le canal d’amenée d’eau a été réhabilité, que deux stations de pompage ont été mises en place et qu’un des quatre réservoirs est en cours de construction.

A l’issue de l’analyse du rapport, les députés ont formulé plusieurs recommandations visant à redresser la gestion de ces projets, notamment la déconcentration et la décentralisation du suivi de l’exécution des travaux. Selon eux, cette tâche devrait être confiée aux communes, tandis que le ministère se concentrerait sur la planification, la coordination et le suivi.
Ils ont également recommandé d’accélérer le remplacement des postes vacants, de respecter les délais contractuels et d’appliquer des pénalités aux entreprises défaillantes.

