MUGERE, 23 juin (ABP) – Le Système des Nations Unies, à travers le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et de la Coopération au développement, a procédé solennellement, lundi 22 juin 2026 à Bujumbura, à l’ouverture de la Semaine dédiée à la consolidation de la paix, a appris l’ABP sur place.
Organisée dans le cadre de la célébration des 20 ans du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, cette semaine réunit le gouvernement du Burundi, les partenaires et les communautés afin de festoyer les résultats de deux décennies d’investissements en faveur d’une paix durable au Burundi.
À cette occasion, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et de la Coopération au développement, Edouard Bizimana, a indiqué que cet événement de portée historique coïncide harmonieusement avec la célébration du 20ᵉ anniversaire de la Commission de consolidation de la paix et du Fonds pour la consolidation de la paix, deux piliers de l’architecture multilatérale dont le parcours est intimement lié à la trajectoire résiliente du Burundi.
Il a également rappelé que le thème retenu pour cette édition mondiale de la consolidation de la paix des Nations Unies, intitulé « La consolidation de la paix à l’aube de son 20ᵉ anniversaire : partenariat pour l’innovation, l’inclusion et l’impact », trouve un écho particulier au Burundi. Selon lui, ce thème invite à jeter un regard rétrospectif sur le chemin parcouru tout en traçant les perspectives d’un avenir durable guidé par les aspirations profondes des citoyens, sous le noble idéal du vivre-ensemble pacifique, « kubana mu mahoro ».
Le ministre Bizimana a rappelé qu’il y a vingt ans, le Burundi et le Fonds pour la consolidation de la paix avaient établi une alliance stratégique et pionnière. Il a souligné qu’au sortir d’une période de crise, le pays avait fait le choix courageux de la reconstruction, de la réconciliation et du dialogue. Durant ces deux décennies, le Fonds pour la consolidation de la paix n’a pas seulement constitué un mécanisme de financement, mais s’est imposé comme un partenaire de premier plan, un catalyseur de réformes et un véritable levier d’espoir pour les institutions et les communautés burundaises, a-t-il indiqué.
Il a ajouté que le bilan des réalisations du Fonds pour la consolidation de la paix (PBF) au Burundi a témoigne d’un multilatéralisme de proximité et d’impact. Selon lui, les interventions du Fonds ont contribué à recréer des canaux de confiance sociale et institutionnelle, à appuyer des forces de défense et de sécurité inclusives, à consolider l’Etat de droit, à soutenir la réforme de la justice, ainsi qu’à faciliter la réintégration pacifique de centaines de milliers de rapatriés et de déplacés internes. « Elles ont également permis de renforcer les mécanismes locaux de résolution pacifique des conflits », a-t-il révélé.
Selon le ministre, ces acquis ont transformé les foyers potentiels de tensions en espaces de concertation, et les dynamiques de méfiance en une culture de coexistence pacifique. Il a souligné que ces réalisations démontrent que la paix n’est pas un concept abstrait, mais une réalité concrète mesurable à travers la sécurité humaine, l’accès à la justice et l’harmonie retrouvée au sein des communautés. Il a estimé que ces vingt années d’efforts conjoints ont posé les fondations solides de la stabilité actuelle du Burundi.
Le ministre ayant les affaires étrangères dans ses attributions a par ailleurs indiqué que le Burundi d’aujourd’hui envisage l’avenir avec confiance et détermination. D’après lui, sous l’impulsion du président de la République, Evariste Ndayishimiye, reconnu par ses pairs de l’Union africaine comme Champion de la jeunesse, de la paix et de la sécurité, le pays place les jeunes et les femmes au cœur de son architecture de paix. « La jeunesse burundaise est désormais perçue non plus comme un facteur de vulnérabilité, mais comme un acteur clé de l’innovation, du développement et de la diplomatie préventive », a-t-il martelé.

Il a également fait savoir que, conformément à la résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la jeunesse, la paix et la sécurité, cette Semaine de la paix servira de cadre à l’élaboration de la Déclaration de la jeunesse burundaise pour la paix, un document stratégique destiné à porter la voix des jeunes de toutes les provinces lors du Sommet continental de la jeunesse prévu en août prochain.
Enfin, le ministre chargé des Affaires étrangères a souligné que l’agenda « Paix, femmes et sécurité », inspiré de la résolution 1325, se traduit concrètement dans l’action nationale, où les femmes burundaises jouent un rôle central dans la médiation communautaire, la vie économique et la gouvernance locale.
Il a rappelé l’importance de lier la paix sociale à la protection de l’environnement, notamment à travers des activités de reboisement communautaire prévues durant la semaine. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à garantir l’accès aux services publics et à promouvoir l’inclusion des personnes en situation de handicap, des peuples autochtones, des personnes atteintes d’albinisme et des rapatriés, dans une dynamique de paix durable fondée sur le principe de « ne laisser personne de côté ».

