MUKAZA, 1er juin (ABP) – « Le patrimoine culturel burundais doit d’abord être sauvegardé en tenant compte de son évolution et surtout être valorisé auprès de la jeunesse, tout en capitalisant sa dimension touristique à travers l’instauration d’une meilleure capacité et qualité d’accueil », a déclaré la ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Lydia Nsekera, lors de la célébration de la Journée de l’Afrique, le 25 mai 2026.
À cette occasion, Mme Nsekera a indiqué que la culture burundaise est l’un des secteurs clés qui contribuent à l’économie nationale. Elle a par ailleurs rappelé que la Vision Burundi, pays émergent en 2040 et pays développé en 2060, a placé la culture au quatrième pilier de cette vision, ajoutant que la sauvegarde et la promotion du patrimoine culturel et naturel constituent l’objectif stratégique n° 21 de celle-ci.
Selon elle, cet objectif stratégique met en évidence le caractère essentiel de la sauvegarde et de la valorisation de l’identité culturelle burundaise pour enraciner les dynamiques de développement dans un ensemble de valeurs et de pratiques communes.
Mme Nsekera a expliqué que le patrimoine culturel burundais est subdivisé en deux catégories : le patrimoine culturel immatériel, composé notamment de la langue kirundi, des danses, en particulier la danse emblématique au tambour, de la musique, des chants traditionnels, des cultes religieux et d’autres pratiques culturelles ; et le patrimoine culturel matériel, constitué de l’artisanat et des œuvres d’art telles que la poterie, le tressage et d’autres productions artisanales.

Se référant à l’aspiration 5 de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, intitulée : « Une Afrique dotée d’une forte identité culturelle, d’un patrimoine commun, de valeurs et d’une éthique partagées », la ministre Nsekera a indiqué que sa réalisation passe d’abord par le renforcement de l’identité culturelle nationale avant celui de l’identité culturelle continentale. Selon elle, le Burundi est une terre où la culture est profondément ancrée dans le quotidien et peut offrir de précieux enseignements au continent africain.
D’après Mme Nsekera, la tradition burundaise comprend une riche palette de danses, dont la danse rituelle au tambour, ainsi que des pratiques culturelles qui, depuis longtemps, enseignent et renforcent la coexistence pacifique des Burundais.
Elle a ajouté que ces pratiques favorisent la cohésion sociale, l’entraide et le dialogue intergénérationnel au sein des communautés. Elles témoignent également de la force des traditions orales dans la préservation de l’histoire du Burundi et le renforcement des liens sociaux.
La ministre ayant la culture dans ses attributions a expliqué que l’importance du tambour burundais dépasse aujourd’hui les frontières du continent. Elle a rappelé qu’en octobre 2014, le tambour burundais a été inscrit par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, en raison de son caractère exceptionnel en tant que patrimoine vivant porteur d’histoire, d’identité et de savoir-faire traditionnel.
Elle a également fait savoir que, conscient de la valeur inestimable conférée au tambour burundais par cette reconnaissance, le Burundi a instauré, par décret présidentiel, une semaine culturelle dédiée à la danse emblématique au tambour, célébrée chaque année à la fin du mois de novembre.
Pour cette année, a-t-elle révélé, cette semaine culturelle verra la participation de 15 meilleurs groupes de tambourinaires et sera précédée par des compétitions de danse organisées à travers les zones du pays, impliquant 451 groupes culturels, jusqu’au niveau national.
Mme Nsekera a souligné que la culture burundaise, notamment la danse au tambour, constitue également un instrument de visibilité internationale permettant de faire connaître le Burundi, de stimuler le tourisme et de renforcer la diplomatie culturelle.
Selon elle, plusieurs actions méritent d’être encouragées, notamment l’organisation de spectacles au Burundi et à l’étranger, la participation à des festivals internationaux, le développement d’échanges culturels avec d’autres nations ainsi que le recours aux médias et aux outils numériques pour promouvoir la culture burundaise. Elle a souligné que la valorisation de la danse au tambour sur la scène internationale est perceptible à chaque occasion.
Par ailleurs, la ministre Nsekera a révélé que les tambourinaires burundais ont récemment été invités à participer aux cérémonies marquant le 25e anniversaire de la Communauté d’Afrique de l’Est.
Au-delà de la tradition, elle a indiqué que la culture doit être perçue comme un moteur économique. Elle a souligné que c’est en développant les industries créatives que l’Afrique en général, et le Burundi en particulier, pourront soutenir la jeunesse artistique.
« Le continent regorge de talents qui, s’ils sont correctement cultivés, peuvent stimuler la croissance économique et créer des emplois pour des millions de jeunes Africains », a-t-elle déclaré.
En conclusion, Mme Nsekera a indiqué que l’investissement dans les industries culturelles et créatives constitue un investissement dans l’avenir, en offrant à la jeunesse artistique les plateformes nécessaires à son épanouissement socioéconomique aux niveaux national, continental et international.
Elle a précisé qu’au Burundi, des secteurs tels que la musique, le cinéma, l’audiovisuel, les arts du spectacle, l’artisanat et les médias numériques offrent de nombreuses opportunités économiques aux jeunes. Selon elle, avec un financement et un accompagnement adéquat, les jeunes artistes burundais peuvent devenir des acteurs majeurs du développement culturel et économique du pays.
Elle a conclu en soulignant qu’« une nation qui respecte, protège et développe sa culture connaît bien ses origines, ses valeurs et ses traditions, et avance avec fierté et assurance vers l’avenir ».

