NTAHANGWA, 30 mai (ABP) – Le vice-président de la République du Burundi, Prosper Bazombanza et le premier ministre du Burundi, Nestor Ntahontuye sont rentrés au pays, après une mission officielle au Congo Brazzaville et à Douchanbé, en Tadjikistan.
Dans son interview accordée à la presse dès la sortie de l’avion, M. Bazombanza a indiqué que les dirigeants africains ont pris part à une réunion virtuelle de haut niveau consacrée, en premier lieu, à la mise en œuvre de l’autofinancement de l’Union africaine par des ressources propres, sous la convocation du président kényan, William Ruto.
Les échanges ont porté sur l’accélération de l’application de la décision exigeant que chaque Etat membre contribue à hauteur de 0,2 % des importations, afin de renforcer l’autonomie financière de l’organisation continentale. A ce jour, seuls 17 des 55 pays africains appliquent pleinement cette mesure. Cette rencontre a coïncidé avec la célébration du 63ème anniversaire de l’Union africaine, anciennement appelée Organisation de l’Unité africaine (OUA), créée en 1963.
En deuxième lieu, les participants ont également pris part à une autre réunion convoquée par le président congolais, Denis Sassou Nguesso, centrée sur la mobilisation des ressources africaines destinées au financement du Bassin bleu du Congo et à la protection de l’environnement dans les bassins versants africains. Trois grands projets ont déjà été présentés dans le cadre de cette initiative.
La rencontre a aussi été marquée par le discours du président de l’Union africaine à l’occasion de la journée de l’Afrique abordant les différents secteurs du développement sur l’ensemble du continent africain. Cette rencontre s’est achevée par une annonce faite par le président congolais, déclarant qu’à partir du 1er janvier 2027, tous les Africains pourront entrer en République du Congo sans obligation de visa d’entrée.

De son côté, le premier ministre a fait savoir que le Burundi a pris part à la 4ème conférence internationale de haut niveau sur l’eau et le développement, tenue à Douchanbé, capitale de la République du Tadjikistan, sur invitation du premier ministre tadjik.
Les échanges ont principalement porté sur l’évaluation du programme stratégique 2018-2028, consacrée à la gestion durable des ressources en eau.
Les participants ont salué les progrès déjà réalisés tout en soulignant les défis qui subsistent avant l’évaluation finale prévue en 2028.
Organisée conjointement par le gouvernement du Tadjikistan et les Nations Unies, la conférence a rappelé le rôle central de l’eau dans le développement agricole, énergétique, sanitaire et économique des nations, a indiqué Ntahontuye.
En marge des travaux, le chef du gouvernement burundais a eu une audience avec son homologue du Tadjikistan, afin de renforcer la coopération bilatérale entre les deux pays. Les deux parties ont convenu d’accélérer les échanges techniques à travers la mise en place de commissions conjointes entre les ministères des Affaires étrangères.
Selon M. Ntahontuye, plusieurs secteurs prioritaires ont été identifiés, notamment l’agriculture, l’énergie, la santé, les infrastructures routières et la transformation industrielle.
Les discussions ont également porté sur la nécessité d’une gestion concertée des ressources hydro-électriques entre les pays partageant les mêmes bassins fluviaux, a-t-il ajouté.
La délégation burundaise a également visité le musée national du Tadjikistan ainsi qu’un barrage hydroélectrique produisant près de 3 000 mégawatts d’électricité. Cette visite a permis de découvrir plusieurs similitudes culturelles entre les peuples tadjik et burundais, notamment dans les traditions artisanales et l’organisation sociale ancienne.
Inspiré par les réalisations tadjikes en matière d’énergie hydraulique, le Burundi estime pouvoir exploiter davantage ses fleuves et rivières, afin de renforcer sa production énergétique et soutenir son développement durable.

